Étude du PTB : la hausse des prix de l’énergie pourrait rapporter de 74 à 94 millions d’euros supplémentaires par mois à l’État
Selon les calculs de notre service d’étude, la hausse des prix de l’énergie pourrait permettre à l’État de générer au moins 74 millions d’euros de recettes supplémentaires par mois issues de la TVA sur le diesel, l’essence, le mazout et le gaz naturel, si les prix restent au niveau qu’ils avaient au début de cette semaine. En tenant compte des augmentations de prix qui ont eu lieu dans le courant de la semaine, ce montant pourrait s’élever jusqu’à 94 millions d’euros.
« Notre étude montre que non seulement les multinationales pétrolières profitent de cette crise, mais aussi l’État. Alors que les travailleurs paient des sommes exorbitantes à la pompe et pour leurs factures d’énergie, les recettes du gouvernement augmentent automatiquement. C’est inacceptable », réagit notre cheffe de groupe au Parlement fédéral, Sofie Merckx.
Nous proposons de plafonner le prix des carburants à maximum 1,60 euro par litre. Nous avons lancé une pétition à cet effet, qui a déjà recueilli plus de 20 000 signatures en seulement quelques jours.
Baissons le prix du carburant : max 1,60 €/l
« Alors que la guerre de Trump et Netanyahu contre l’Iran fait exploser les prix de l’énergie, nous voyons des politiciens belges comme Theo Francken (N-VA) et Georges-Louis Bouchez (MR) applaudir, déclare Sofie Merckx. Au lieu de justifier et soutenir cette guerre illégale et criminelle, notre gouvernement devrait la condamner, comme l’a fait l’Espagne, et exercer une pression pour y mettre fin. Nous refusons de payer le prix de leurs guerres. »
Entre-temps, nous demandons au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour protéger la population contre la hausse des prix.
La hausse des prix de l’énergie fait également augmenter automatiquement les recettes de TVA. Plus le carburant et l’énergie sont chers, plus l’État perçoit. Sofie Merckx : « C’est un mécanisme pervers : l’État gagne de l’argent grâce à une crise qui enfonce les familles toujours plus profondément dans les difficultés. Ces recettes supplémentaires doivent être intégralement redistribuées à la population, afin que les gens puissent retrouver un peu d’oxygène. »
Le gouvernement doit intervenir de toute urgence. « Les prix actuels sont intenables, estime Sofie Merckx. Pourtant, l’État dispose lui-même d’un levier important : aujourd’hui, 0,72 euro par litre sont constitués d’accises, TVA comprise. En les réduisant, nous pouvons faire baisser les prix immédiatement. » Nous plaisons pour un plafonnement des prix à maximum 1,60 euro par litre et pour une réduction structurelle de la facture énergétique des ménages.
L’État gagne de l’argent grâce à une crise qui enfonce les familles toujours plus profondément dans les difficultés. Ces recettes supplémentaires doivent être intégralement redistribuées à la population, afin que les gens puissent retrouver un peu d’oxygène
Cheffe de groupe PTB à la Chambre
« Mais restituer uniquement les recettes supplémentaires de l’État à la population ne suffit pas, ajoute Sofie Merckx. Nous devons aussi nous attaquer aux surprofits des multinationales pétrolières. Nous voyons aujourd’hui les cours boursiers de multinationales comme Total et Exxon fortement augmenter. Selon les estimations du bureau de recherche Rystad Energy, les compagnies pétrolières américaines pourraient à elles seules générer 54 milliards d’euros de recettes supplémentaires grâce aux prix actuels. Il est inadmissible qu’une poignée d’entreprises s’enrichissent sur le dos des travailleurs. Que les profiteurs de guerre paient, pas les familles. »
Nous proposons une contribution exceptionnelle sur les surprofits d’entreprises comme Total et Exxon, qui profitent à nouveau massivement de la crise.
Sofie Merckx conclut : « D’autres pays européens prennent déjà des mesures. Cela montre qu’il est parfaitement possible de faire baisser les prix de l’énergie. Ce n’est pas une question de possibilité, mais de volonté politique. »