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« Ensemble, nous ferons barrage au malus pension et à la militarisation »

Discours du 1er Mai de Raoul Hedebouw. 

Vendredi 1 mai 2026

Raoul Hedebouw tijdens zijn 1 meitoespraak in Brussel op 1 mei 2026

Bonjour à tous et toutes,

Avant toute chose, je voudrais souhaiter à chacun et à chacune un bon 1er Mai, une bonne journée de fête et de lutte de la classe travailleuse.

Et je voudrais commencer ce discours par une bonne nouvelle : le gouvernement a un problème.

Depuis un an et demi, le gouvernement se heurte à un puissant mouvement social, à la résistance des syndicats, des organisations de femmes, de la jeunesse et du monde associatif et culturel. 

Un mouvement d’une telle intensité qui dure aussi longtemps — 18 mois déjà — et qui continue aujourd’hui encore, c’est assez inédit.

Cette lutte nous a déjà permis d’obtenir au moins 8 victoires.

  1. Début novembre, dans la foulée de la grande manifestation du 14 octobre à Bruxelles, le ministre des Pensions Jan Jambon (N-VA) a dû reporter d'un an sa réforme des pensions, dont l’imbuvable malus. Et, grâce à la lutte sociale, 20 000 personnes ont échappé à ce malus asocial.
  2. Sous la pression du mouvement social et du PTB au parlement, le gouvernement doit céder et intégrer le chômage technique et la maladie dans le calcul du malus. Bilan : 5 000 personnes supplémentaires par an sauvées du malus.
  3. Le durcissement de la pension anticipée a été assoupli à plusieurs reprises. La première année de carrière sera finalement prise en compte. Ceux qui peuvent aujourd'hui partir en pension anticipée ne perdront pas de pension.
  4. Après de nombreuses protestations, le congé de maternité, le congé de paternité et le chômage technique seront finalement pris en compte pour la pension anticipée à 60 ans.
  5. Le gouvernement voulait supprimer les régimes de crédit-temps pour 7 personnes sur 10. Mais, là aussi, il a dû faire marche arrière, et un régime de crédit-temps à partir de 55 ans reste possible pour ceux qui exercent un métier pénible ou pris dans une restructuration.
  6. Le gouvernement voulait initialement ne faire compter que cinq heures par nuit pour les primes de nuit. Grâce à la lutte, c’est passé à sept heures.
  7. Ils voulaient augmenter la TVA et les accises de 1,3 milliard d'euros. Ils ont dû revoir leur ambition de plus de moitié.
  8. Sur le plan de nos droits démocratiques, le gouvernement renonce à son intention de s'octroyer le pouvoir de dissoudre définitivement les organisations jugées « radicales ».

Mais pourquoi croyez-vous que le gouvernement a autant de mal à faire passer ces mesures et doit revenir sur chacun de ses accords ?

Tous les deux ou trois mois, ils doivent tout renégocier. Nous avons déjà eu un accord d'été, un accord d'automne et un accord d'hiver. On est maintenant au printemps — quatre saisons, ça rappelle Vivaldi... — et, par peur d'une nouvelle crise politique, De Wever reporte un accord de printemps.

Les gens n'ont pas voté pour le vol des pensions, le blocage de l'index ou l'augmentation des taxes sur l'énergie

Tout ça montre que le gouvernement a un problème. Le gouvernement, et en particulier Vooruit, le CD&V et Les Engagés, ne bénéficient d'aucun soutien populaire. Leur politique est en opposition frontale avec les promesses électorales.

Les gens n'ont pas voté pour le vol des pensions, le blocage de l'index ou l'augmentation des taxes sur l'énergie – certainement pas au moment où les prix explosent.

Les partis de la majorité avaient promis de récompenser le travail, mais ils s'attaquent précisément au pouvoir d'achat des travailleurs.

C'est pour cela qu’il y a une mobilisation sociale aussi forte et une large résistance populaire contre leurs  attaques sur les pensions et les salaires.

Mais ce que nous voulons, ce n’est pas juste le report de la réforme des pensions, c’est son abandon définitif.

Le Bureau du Plan a montré à quel point cette réforme est antisociale et injuste. Les experts ont expliqué que tout le monde serait touché, et que les jeunes, les femmes et les travailleurs exerçant des métiers pénibles le seraient encore plus durement.

Leur plan ne vise pas à sauver nos pensions pour les générations futures, mais bien à nous faire travailler plus pour moins de pension. Et les études montrent que ce seront justement nos enfants et petits-enfants qui seront les grands perdants.

Cette réforme va aussi creuser les inégalités entre femmes et hommes. Près de quatre femmes sur dix qui ne peuvent pas travailler jusqu'à 67 ans seront frappées par le malus pension. Comment Vooruit ose-t-il défendre une telle chose ! Ça va à l'encontre de tout ce pour quoi les socialistes se sont toujours battus.

Nous appelons aujourd'hui Vooruit et Les Engagés à ne pas voter le malus sur les pensions. Sans leurs voix, le malus ne pourra pas être approuvé

Chers camarades, le 12 mai, les syndicats organisent une nouvelle grande manifestation nationale contre le malus pension, pour la défense de nos salaires et pour enfin taxer les super-riches. Nous serons là pour les soutenir. Pas pour reporter encore une fois le malus, mais pour le supprimer définitivement.

Le lendemain de cette manifestation, le vote sur la réforme des pensions pourrait être inscrit à l'ordre du jour du parlement. Nous appelons aujourd'hui Vooruit et Les Engagés à ne pas voter le malus sur les pensions. Sans leurs voix, le malus ne pourra pas être approuvé.

On nous avait promis un gouvernement qui allait mettre de l’ordre dans le budget. Bart De Wever avait promis qu'il « remettrait les comptes en ordre ». Mais le déficit budgétaire dérape complètement.

Et pourquoi les comptes ne sont-ils pas bons ? Parce qu'il y a deux grands tabous dans la politique belge.

Le premier tabou, c’est d’oser aller chercher l'argent chez les super-riches. Aujourd’hui, on peut difficilement passer à côté du fait que le gouvernement ne répartit pas les charges de façon équitable.

Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si Conner Rousseau, le président des socialistes flamands, parle aujourd’hui à nouveau d'une taxe sur les millionnaires. Les travailleurs en ont marre de devoir chaque fois payer, pendant que les super-riches sont épargnés.

Mais, Monsieur Rousseau, une taxe des millionnaires, ça ne doit pas être une taxounette symbolique qui sert de prétexte pour justifier une nouvelle vague d’austérité. Une taxe des millionnaires, ce n'est pas un symbole qui sert à faire passer la pilule de la casse sociale. C'est une vraie alternative budgétaire.

Nous voulons une vraie taxe des millionnaires, pas pour la forme, pas pour le symbole, mais pour renforcer la protection sociale et empêcher le vol des pensions

Monsieur Rousseau, la taxe des millionnaires n'est pas une promesse creuse que l'on peut sortir du frigo une fois par an pour le show. Combien de fois Conner Rousseau a-t-il déjà dit qu'une taxe sur les millionnaires était une ligne rouge ? Avant les élections, c'était un point de rupture ; l'année dernière, il devait impérativement y avoir une « contribution des millionnaires » ; et maintenant, à la veille du 1er Mai, on rechauffe ce même discours.

Nous voulons une vraie taxe des millionnaires, pas pour la forme, pas pour le symbole, mais pour renforcer la protection sociale et empêcher le vol des pensions.

Le deuxième tabou de la politique belge, ce sont les dépenses militaires. Nulle part en Europe les dépenses militaires n'ont augmenté aussi fortement que dans notre pays. Le budget de la défense de la Belgique a augmenté l'année dernière de pas moins de 59 %. Au cours des prochaines années, le gouvernement veut consacrer au total 34 milliards à l'armement et à la guerre.

Les 34 milliards d'euros que le gouvernement veut investir dans la guerre doivent être investis dans une énergie verte et bon marché, dans l'industrie du futur et dans nos besoins sociaux

Les apôtres de cette course aux armements prétendent qu’acheter plus d’armes nous apporterait la paix. Mais c’est tout l’inverse : plus il y a d’armes dans le monde, plus le risque de guerre augmente.

Le ministre de la guerre, Theo Francken (N-VA), et le président du MR, Georges-Louis Bouchez, sont clairs : ils veulent casser notre sécurité sociale pour investir dans les armes et la guerre. Ils l’assument : « la sécurité sociale est trop grasse ».

Mais ce transfert massif de ressources de la sécurité sociale vers les budgets militaires, qui a lieu partout en Europe, c’est le casse du siècle.

Nous demandons que les 34 milliards d'euros supplémentaires que le gouvernement veut investir dans la guerre et les armes soient investis dans une énergie verte et bon marché pour plus d'indépendance énergique, dans l'industrie du futur et dans nos besoins sociaux.

Vous avez suivi l'affaire des drones de Francken ? Rappelez-vous : en octobre et novembre derniers, plusieurs signalement de drones avaient émergé d’un coup. Theo Francken affirmait alors avoir des indications qui pointaient en direction de la Russie. Mais, il y a quelques semaines, un reportage d’investigation de la VRT révélait qu’il n’y avait aucune trace avérée de drone russe dans le ciel belge. 

Pire : le ministre de la guerre a lui-même envoyé à la presse de fausses images d'un drone qui s'est révélé être un hélicoptère de police. Il a utilisé la panique qui en a résulté pour contourner toutes les règles d'achat et faire passer en urgence des acquisitions d'armes. Et devinez auprès de qui ? Auprès d'une entreprise amie dont il connaît bien le PDG, à l'occasion de promenades conviviales dans les bois. Tout ça pour acheter du matériel qui n'est peut-être même pas efficace et à un prix largement surfacturé.

Les ministres de la guerre et les fabricants d'armes entretiennent la peur pour qu’on accepte de sacrifier nos droits et nos conquêtes sociales

Pourquoi Theo Francken fait-il cela ? Parce que la majorité de la population n'est pas d'accord de transférer des milliards de notre sécurité sociale vers les dépenses militaires et les armes. Du coup, les ministres de la guerre et les fabricants d'armes ont une solution simple : faire peur aux gens. La peur, la peur, la peur... Entretenir la peur pour qu’on accepte de sacrifier nos droits et nos conquêtes sociales.

Ils vont nous faire croire qu'ils ne savent pas faire la différence entre un hélicoptère et un drone au cabinet du ministre ? Faites gaffe les hélicos, hein. Tout le monde aux abris !

Et puis vient la question : à quoi servent toutes ces dépenses ? Pas  seulement à suivre Trump dans ses guerres impérialistes, mais aussi à construire une armée européenne capable d’aller dans le monde entier pour défendre les intérêts impérialistes des grands monopoles européens. Theo Francken le dit même explicitement. Il veut « remettre l'accent sur l'Afrique » et « intervenir militairement ». Pourquoi ? Il ne s’en cache pas : « Nous avons besoin d'un bon approvisionnement en matières premières critiques. Pour notre industrie, mais certainement aussi pour notre défense. Une armée est une énorme machine qui consomme beaucoup. Il faut pouvoir la faire tourner. »

Est-ce qu’on va faire le choix de l’impérialisme - qu’il soit trumpien ou européen -, ou va-t-on faire le choix d’une Europe de la paix, une Europe non impérialiste ?

L'Europe est confrontée aujourd'hui à trois choix possibles : soit nous suivons Trump, soit nous jouons la carte d'un impérialisme européen, soit nous rompons avec les États-Unis et choisissons une alternative radicale pour la paix. Est-ce qu’on va faire le choix de l’impérialisme - qu’il soit trumpien ou européen -, ou va-t-on faire le choix d’une Europe de la paix, une Europe non impérialiste ?

Comme l'écrit notre secrétaire général Peter Mertens, qui publiera bientôt un nouveau livre : « Nous n’avons pas besoin d’une armée européenne qui fasse exactement la même chose que l’armée américaine : intervenir partout dans le monde pour sécuriser les matières premières et les routes d’approvisionnement.

Nous n’avons pas à envoyer des frégates dans le golfe Persique ou en Asie-Pacifique pour contrôler les routes d’approvisionnement. Nous n’avons pas à envoyer des blindés au Sahel ou au Congo pour piller le cobalt. Nous n’avons pas à envoyer des drones au Niger pour sécuriser l’uranium des centrales nucléaires françaises.

L’autonomie européenne ne signifie pas : construire une armée impérialiste européenne.

Nous n’avons pas seulement besoin d’une Europe autonome, mais surtout d’une Europe différente.

Nous avons besoin d’une Europe socialiste qui rompe avec la guerre et l’impérialisme.»

Mais là aussi, le gouvernement a un problème. Un nouveau problème de légitimité. La majorité de la population rejette les aventures guerrières de Trump, Francken et Bouchez. La majorité de la population rejette le démantèlement de nos pensions pour acheter des F-35. La majorité de la population ne veut pas d'aventures guerrières européennes qui sèment le chaos et la misère à l'autre bout du monde.

C’est pour ces raisons que le mouvement de la paix, avec les syndicats et la société civile, se mobilise le 14 juin pour une grande manifestation contre la guerre et pour la justice sociale. Avec le PTB, nous soutenons pleinement cette mobilisation.

En ce 1er mai, je suis plein d'optimisme. Parce que les gens se mobilisent et passent à l'action.

L'optimisme est un combat de tous les jours ; ça ne tombe pas du ciel. Notre force, c'est le nombre, face au capital qui dispose de tous les moyens.

On ne construit pas l'optimisme dans l'inaction, en simple spectateur, mais en essayant de changer les choses. L'action ne garantit pas la victoire, mais elle brise l'impuissance

Tant qu'il y a de la lutte, il y a de l'espoir. On ne construit pas l'optimisme dans l'inaction, en simple spectateur. On ne le construit pas non plus en commentant la réalité, mais en essayant de la transformer. L'action ne garantit pas la victoire, mais elle brise l'impuissance.

Le 1er mai, la classe travailleuse se mobilise, ici comme aux quatre coins du monde. C'est une grande source d'espoir.

Je pense aux habitants de Minneapolis, aux États-Unis, qui ont chassé de leur ville les troupes de l’ICE instaurée par Trump. Je pense à la mobilisation sociale dans notre pays qui, depuis un an et demi, a déjà fait reculer le gouvernement sur plusieurs points. Je pense à ceux qui luttent dans des conditions très difficiles, comme le peuple palestinien contre le génocide, ou le peuple cubain contre le blocus criminel imposé par les États-Unis.

Ces exemples prouvent que même quand l’obscurité semble gagner du terrain dans le monde, on peut s'organiser, que nous ne sommes pas condamnés à subir, que nous pouvons faire bouger les lignes et inverser le le rapport de force.

Une deuxième source d'espoir, c'est notre parti, qui grandit rapidement, se développe et offre un espace d'émancipation, de camaraderie et d'espoir pour des milliers de membres.

Une autre société est possible et plus que jamais nécessaire. Une société qui mise sur les besoins des travailleurs et travailleuses, qui respecte la nature et qui offre une réponse concrète aux contradictions dans lesquelles le capitalisme étouffe

Chers camarades, en moins de 20 ans, plus de 400 sections et groupes de base du PTB ont poussé à travers le pays. Nous construisons une colonne vertébrale solide pour être à la pointe des combats et des luttes politiques en Belgique. Tout cela ne serait pas possible sans l’énergie et l’engagement de tous les membres, les militants et les cadres du PTB. 

A contre-courant, nous menons le combat tous les jours. Avec le souci permanent de vouloir bien faire, pour le collectif. Cela demande beaucoup de travail et beaucoup d’efforts. Et bien entendu, plus que jamais, et contrairement aux autres partis, comptez sur l’engagement des  députés du PTB qui continueront à vivre avec un salaire de travailleurs. Parce que c'est un engagement que nous avons pris envers la classe travailleuse. 

Enfin, c'est aussi notre alternative, le socialisme, qui donne de l'espoir. Une autre société est possible et plus que jamais nécessaire. Une société qui mise sur les besoins des travailleurs et travailleuses, qui respecte la nature, qui place centralement des valeurs telles que l'humanité, la solidarité et la justice , et qui offre une réponse concrète aux contradictions dans lesquelles le capitalisme étouffe – un capitalisme qui ne nous offre plus comme horizon que la militarisation, l’autoritarisme et la casse sociale.

Le socialisme, c’est l'avenir, et nous sommes fiers d’être les forces de l’avenir. Nous devons incarner cette certitude, cette fierté. Nous devons vouloir gagner, camarades. Nous devons vouloir conquérir le monde, et le montrer.

Je vous souhaite à tous un 1er mai combatif, camarades !