Conclave budgétaire : le gouvernement PS-MR-Ecolo laisse la Communauté française dans le froid

Alors que le gouvernement de la Communauté française vient de présenter son budget, le PTB estime que celui-ci doit revoir d’urgence sa copie. « Ses choix préparent écoles, crèches et lieux culturels à un hiver glacial et à une faillite certaine », estime Alice Bernard, cheffe de groupe PTB au Parlement de la Communauté française.

Vendredi 7 octobre 2022

Conclave budgétaire : le gouvernement PS-MR-Ecolo laisse la Communauté française dans le froid

« 15 °C dans les écoles, des crèches et des lieux culturels qui craignent de devoir fermer cet hiver… Depuis des semaines, le PTB interpelle le gouvernement concernant l’impact terrible de la crise énergétique sur ses secteurs. Une réponse ambitieuse devait sortir du conclave budgétaire cette semaine, mais il n’en est rien », déplore la députée du parti de gauche. « Le fonds d’aide de 150 millions annoncé par Pierre-Yves Jeholet pour 2022 et 2023 ne suffira pas pour l’ensemble des secteurs de la Communauté. Rien que pour les athénées, les coûts énergétiques s'élèveront à 180 millions en 2023. »

« Les témoignages de détresse pleuvent depuis des semaines », soulève Alice Bernard. « J’ai été contactée par une écolière qui doit passer ses journées dans une classe où il fait 15 °C. Un directeur d’école primaire m’expliquait que sa facture d’énergie annuelle allait augmenter de 15 000 euros. Il n’aura d’autre choix que de réduire les dépenses en personnel et matériel pédagogique, et d'augmenter les frais de garderie. Les écoles ont annoncé qu’elles risquent de devoir utiliser toutes leurs subventions de fonctionnement pour payer les factures d’énergie en 2023. »

« Face à la crise, le gouvernement reste plus préoccupé par les chiffres comptables que par les besoins de la population », ajoute la députée PTB. « Or, il pourrait faire d’autres choix : tout d’abord, arrêter d’affecter chaque année 150 millions au respect des normes comptables imposées par l’Union européenne. Ensuite, cesser les dépenses inutiles comme les consultances externes (10 millions en 2022). Enfin, diviser par deux les salaires des ministres. Cela rapporterait 400 000 € par an et permettrait aux décideurs politiques de mieux comprendre ce que vit la population. »

Selon le PTB, ces mesures permettraient d’aider de manière très concrète les écoles, les crèches, les lieux culturels à payer les factures d’énergie mais elles ne suffiront pas à envisager l’avenir plus sereinement. « Pierre-Yves Jeholet doit également demander d’urgence au gouvernement fédéral de baisser et bloquer les prix et de taxer les surprofits », conclut Alice Bernard.