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Baissons les accises, taxons les surprofits des profiteurs de guerre

Les prix des carburants explosent. Ceux qui doivent prendre leur voiture pour aller travailler, les indépendants avec leur camionnette, les infirmières et infirmiers à domicile qui se rendent d’un patient à l’autre… ressentent chaque jour à quel point faire le plein devient petit à petit impayable. Et tant que la guerre de Trump contre l’Iran se poursuit, les prix risquent encore d’augmenter. Le gouvernement a le pouvoir d’intervenir immédiatement et de faire baisser les prix à la pompe. Mais il refuse de le faire.

Jeudi 24 septembre 2026

Un homme à une station-service tient le pistolet de la pompe contre sa tête et regarde avec colère.

Baissons les accises. Maintenant.

Une part importante de ce que vous payez à la pompe est constituée de taxes. Aujourd’hui, le prix de l’essence et du diesel comprend 0,72 euro par litre d’accises, TVA sur celles-ci comprise. C’est le gouvernement lui-même qui fixe ces accises. Il pourrait dès demain les ramener au minimum européen. Le prix à la pompe baisserait alors immédiatement d’environ 30 centimes par litre. Mais le gouvernement De Wever-Bouchez choisit de ne rien faire.

Plusieurs pays européens ont déjà pris des mesures contre la hausse des prix des carburants : l’Espagne les a réduits de 0,30 euro par litre, la Suède de 0,28 euro, l’Irlande de 0,27 euro… Au total, plus de 15 États membres européens ont déjà réduit les taxes sur les carburants. Par le passé, le Gouvernement belge a lui aussi déjà diminué les accises sur les carburants. Ce n’est donc pas une question de possibilité, mais de volonté politique.

Taxons les surprofits des profiteurs de guerre

L’argent que nous payons en plus ne disparaît pas. Il va quelque part. Il va dans les poches des grandes multinationales pétrolières comme TotalEnergies, Shell, BP, ExxonMobil et Chevron, ainsi que de leurs actionnaires, qui s’enrichissent grâce à la guerre. Ce sont des profiteurs de guerre. En trois mois, les huit plus grandes entreprises pétrolières ont enregistré ensemble plus de 80 milliards d’euros de bénéfices.

Nous proposons ceci : taxons les surprofits des profiteurs de guerre et utilisons cet argent pour baisser les accises. Les surprofits, ce sont les bénéfices supplémentaires que les entreprises réalisent grâce à la guerre. Pas des bénéfices générés par de meilleurs investissements, mais par une crise dont c’est nous qui payons le prix.

Aujourd’hui, les entreprises pétrolières réalisent des surprofits de deux manières : grâce à la vente de pétrole brut et grâce à la production d’essence et de diesel.

Les entreprises pétrolières ne gagnent pas seulement davantage grâce à la hausse des prix du pétrole. La guerre et la menace de pénuries leur permettent aussi de vendre leur diesel et leur essence beaucoup plus cher, alors que les coûts de production dans les raffineries n’ont pas, ou à peine, augmenté. Rien qu’avec la production de diesel et d’essence destinés à l’Europe, les raffineries et les distributeurs auraient déjà réalisé plus de 24 milliards d’euros de bénéfices supplémentaires. Et ce montant continue d’augmenter. En Belgique aussi, des surprofits considérables sont réalisés : le port d’Anvers abrite deux grandes raffineries produisant des carburants, celles de TotalEnergies et d’ExxonMobil.

Le gouvernement De Wever-Bouchez refuse de taxer les surprofits et renvoie la responsabilité vers l’Europe. Selon le gouvernement, il ne pourrait pas taxer les surprofits sans initiative européenne. Mais en réalité, rien n’empêche la Belgique d’agir. Mieux encore : elle l’a déjà fait. Lors de la précédente crise énergétique, le gouvernement a récolté 600 millions d’euros grâce à une taxe sur les surprofits dans le secteur pétrolier belge. Aujourd’hui, les surprofits sont beaucoup plus élevés. En avril 2026, la Commission européenne a encore explicitement rappelé que les États membres sont eux-mêmes compétents pour instaurer une taxe sur les surprofits. La fiscalité est en effet une compétence nationale. Les gouvernements portugais et polonais ont déjà décidé d’instaurer eux-mêmes une taxe sur les surprofits.

Notre gouvernement peut et doit donc taxer les surprofits réalisés en Belgique. Dans le même temps, notre pays doit défendre une approche européenne des surprofits, afin de pouvoir également taxer celles et ceux qui échappent à la Belgique. Six pays européens — l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal et l’Espagne — ont appelé cet été à instaurer une taxe européenne sur les surprofits. Là encore, notre gouvernement a refusé de se joindre à eux.

Pour faire baisser les factures, il faut choisir la paix

Tant que la guerre dure, les prix continuent d’augmenter. Cette guerre a déjà coûté la vie à des milliers de personnes. Avec les attaques contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, nous sommes au bord d’une crise énergétique encore bien plus grave. C’est nous qui payons le prix de la guerre de Trump.

Pourtant, notre gouvernement refuse de condamner la guerre. À la place, nous voyons le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et le ministre Theo Francken justifier les attaques ou les qualifier de « nécessaires ».

Il faut faire exactement l’inverse. La Belgique doit condamner la guerre, comme l’a fait l’Espagne, refuser que des bases européennes et l’espace aérien européen soient utilisés pour de nouveaux bombardements, et participer aux efforts de médiation au lieu de laisser entièrement ce rôle aux pays du Sud. Ce n’est qu’en mettant fin à la guerre que les souffrances humaines pourront cesser et que les prix pourront diminuer durablement.