Aucune mesure d’aide énergétique dans le budget wallon 2023 : « Une insulte pour la classe travailleuse »

Alors quʼil était déjà dans une logique d’austérité, le gouvernement wallon a annoncé aujourd’hui aller plus loin : 250 millions d’euros d’économies structurelles supplémentaires sont prévues en 2023. « La priorité du gouvernement est claire : rassurer les marchés. Pour les ménages, par contre, aucune mesure pour les aider à payer leurs factures d’énergie. Le reste, ce sont des non-mesures. Ils annoncent qu’ils ne vont pas augmenter la facture déchets d'un côté, mais augmentent le prix de l'eau de l'autre, et on devrait être content ? » réagit Germain Mugemangango, chef de groupe du PTB au Parlement wallon.

Vendredi 7 octobre 2022

 Aucune mesure d’aide énergétique dans le budget wallon 2023 : « Une insulte pour la classe travailleuse »

Le ministre wallon de l’Énergie, Philippe Henry (Ecolo), a annoncé « demander » de l’aide aux gestionnaires de réseaux de distribution d’énergie (GRD)... « Ça fait des mois que le PTB demande de s’attaquer aux bénéfices des GRD pour baisser les factures des ménages. C’est bien que ça avance, mais le ministre parle de leur “demander”, sans donner de mesure chiffrée. Les GRD font 120 millions de bénéfice, c’est de l’argent à aller chercher. On est plus au stade où il faut demander, il faut exiger et mettre en place », ajoute le député de gauche.

La seule aide directe annoncée concerne les entreprises et les PME. Mais pour le PTB, ce sont surtout les grandes entreprises qui seront aidées, tandis que les indépendants auront des miettes. « Pour une entreprise qui passe d'une facture d'énergie de 3 000 à 10 000 euros, elle ne recevra qu'une aide de 1 000 euros. Ils ne vont pas éviter la faillite avec ça ! Mais le pire, c’est que le plafond d’aide est à 7,5 millions d’euros, et toutes les entreprises qui consomment beaucoup d’énergie sont éligibles à cette aide. Cela signifie que Total Industries par exemple peut recevoir des millions du gouvernement pour l’aider à payer ses factures d’énergie, alors que Total Energie nous pille en nous faisant payer une fortune pour son énergie ! Ce n’est pas sérieux. Ce dont on a besoin ce sont des mesures ciblées, pour les boulangers, pour l’épicier du coin. Avec 44 milliards de bénéfices en 3 ans, Total n’a pas besoin d’aide. » 

Cette dernière mesure est chiffrée à 175 millions d’euros sur un total de 505 millions d’euros (le reste étant des prêts). « Là encore, ce n’est pas sérieux, on propose aux boulangers de s’endetter pour sortir la tête de l’eau », ajoute le député PTB.

Le gouvernement a parlé d’un « budget sérieux et rigoureux ». Le PTB balaie aussi cette affirmation : « C’est culotté de parler de sérieux et de rigueur. Les outils économiques, ce sont 10 milliards en Région wallonne. Dans le cadre de la fusion de ces outils, on demande une analyse de la Cour des Comptes de ces opérations, et la majorité PS-MR-Ecolo refuse catégoriquement. On parle pourtant d'un montant équivalent à deux tiers du budget wallon ! » s’étonne Germain Mugemangango. 

Le gouvernement a annoncé une économie de 8 % sur les indemnités ministérielles, un « effort structurel » qui a une portée très limitée. « On ne sait toujours pas où ils vont aller chercher ces 250 millions d’euros ! Et il y a fort à parier que ce sont encore les mêmes qui paient… Diminuer leurs indemnités de 8 %, c’est une fausse mesure qui compense simplement l’indexation et qui ne rapportera que 85 000 euros. Les ministres resteront avec 11 000 euros par mois. Au PTB, on demande de diviser les salaires des ministres et des députés par deux », affirme le chef de file wallon du PTB. 

« Le plus incroyable dans cette histoire, c’est qu’un demi-milliard d’euros dorment sur un compte du gouvernement, c’est le Fonds Kyoto. Tout le monde le sait, et personne ne veut utiliser cet argent pour aider les gens à payer leurs factures d’énergie. Cette conférence de presse est une insulte pour la classe travailleuse qui attend des mesures fortes depuis trop longtemps. Ce qu’on attend du gouvernement wallon, c’est qu’il exige du fédéral qu'il taxe les surprofits maintenant », conclut Germain Mugemangango.