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8 mars : les femmes résistent à la casse sociale du gouvernement De Wever-Bouchez

Froide, antisociale et néfaste. Ces trois mots caractérisent la politique du gouvernement De Wever-Bouchez envers les femmes. Ses mesures antisociales concernent l’ensemble de la population active, mais touchent plus particulièrement ces dernières. Depuis le vol de pension et d’index jusqu’aux pressions pour la flexibilisation, en passant par l’absence de mesures fortes pour lutter contre la violence contre les femmes : c’est un dangereux cocktail.

Vendredi 13 février 2026

 Le 8 mars, Zelle, le mouvement de femmes du PTB, se mobilise avec le Collectif 8 Mars. (Photo Solidaire, Bruno Bauwens)

Le 8 mars, Zelle, le mouvement de femmes du PTB, se mobilise avec le Collectif 8 Mars. (Photo Solidaire, Bruno Bauwens)

Par Maartje De Vries, présidente de Zelle, le mouvement de femmes du PTB

Mais cette politique de casse sociale se heurte à une forte résistance de la part des syndicats, de la société civile et, bien sûr, du mouvement féministe. Le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, il passe donc à nouveau à l’action. Le message est clair : nous voulons une politique qui supprime les inégalités au lieu de les accroître.

Comment l’Arizona rend les femmes plus vulnérables

Aujourd’hui en Belgique, les femmes subissent déjà des inégalités structurelles : un écart salarial d’environ 20 %, un écart de pension encore plus important et une part excessive dans la charge des soins non rémunérés. À cela vient encore s’ajouter le niveau élevé de violence auquel les femmes sont confrontées. Les mesures du gouvernement De Wever-Bouchez augmenteront considérablement l’inégalité structurelle et rendront les femmes de notre société plus vulnérables.

1. Travailler plus longtemps pour moins de pension

Une femme retraitée sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté. Les femmes ont plus de mal à accéder à des carrières à temps plein. Cela s’explique par le fait qu’elles ont plus souvent des interruptions de carrière ou travaillent à temps partiel. Leur choix ? Pas du tout. Les femmes continuent d’assumer la majorité des tâches à domicile et les soins de leurs proches. Ce qui est souvent incompatible avec un travail à plein temps. En outre, les secteurs dans lesquels travaillent de nombreuses femmes n’offrent souvent pas d’emplois à temps plein, ce qui empêche de se constituer une pension complète. À cela, l’Arizona rajoute encore quelques couches. Le gouvernement veut obliger les gens à travailler jusqu’à 67 ans et à avoir une carrière d’au moins 35 ans avec 156 jours effectivement travaillés par an (soit 7020 jours). Si on n’atteint pas cela, on écope d’un malus pension de 5 %. Ce malus affectera bien plus les femmes.

Le gouvernement réduit également les périodes assimilées, supprime la pension de divorce et réforme la pension de survie. Ces mesures touchent presque exclusivement les femmes et plongeront un plus grand nombre d’entre elles dans la pauvreté.

2. Attaque contre les salaires et le pouvoir d’achat

Alors que le gouvernement Arizona continue de bloquer les salaires, il veut imposer des taxes supplémentaires qui rendent la vie quotidienne plus chère. Il planifie en outre un véritable vol d’index et démantèle les primes pour le travail de nuit et de week-end. Dans le même temps, il fait la chasse aux malades de longue durée (60 % de femmes) et exclut des centaines de milliers de personnes des allocations de chômage. Le pouvoir d’achat des femmes est déjà inférieur en moyenne à celui des hommes. L’Arizona l’affaiblit encore en réduisant les salaires et les primes et en s’attaquant aux allocations, rendant ainsi les femmes plus dépendantes des autres et les poussant dans la pauvreté.

3. Davantage de flexibilité et un impossible équilibre entre vie professionnelle et vie privée

40 % des femmes travaillent à temps partiel, souvent pour arriver à concilier travail et tâches familiales et de soins. En outre, de plus en plus de services publics qui prennent en charge une partie de ces soins sont soumis à une forte pression en raison des réductions budgétaires. Que fait le gouvernement De Wever-Bouchez ? Il choisit de ne pas renforcer les services publics, mais d’imposer l’hyper-flexibilité : davantage d’heures supplémentaires, suppression du repos le dimanche, encore plus de flexi-jobs... Cela rend la conciliation de la vie professionnelle avec la vie privée presque impossible.

4. Pas d’approche énergique de la violence envers les femmes

La violence liée au genre touche les femmes, jeunes et moins jeunes, de tous les milieux et dans tous les domaines – à la maison, dans la rue, au travail, au club de sport... C’est là un problème majeur dans notre société et, avec une moyenne d’un féminicide tous les quinze jours, il nécessite une action urgente et ambitieuse. Mais celle-ci se fait attendre, car elle ne figure pas en haut de la liste des priorités du gouvernement Arizona.

5. L’Arizona a mis au frigo l’élargissement de la loi sur l’avortement,  ce qui signifie que, chaque année, des centaines de femmes doivent se rendre aux Pays-Bas pour obtenir un avortement après 12 semaines

Pour une politique qui élimine les inégalités

Au lieu de les accroître, il faut une politique qui élimine les inégalités structurelles. Une politique qui offre une pension complète à chacun en réduisant l’âge légal de la retraite à 65 ans ; en permettant la pension anticipée à partir de 60 ans (après 40 années de travail ou 35 pour les professions pénibles) et des aménagements de fin de carrière à partir de 55 ans. Une politique qui réduit l’écart salarial en portant le salaire minimum à 17 euros de l’heure, ce qui augmenterait les salaires les plus bas. Des crèches abordables, de qualité et accessibles sont aussi essentielles pour donner aux femmes une chance égale sur le marché du travail. Les gouvernements régionaux ont toutes les clés en main pour y parvenir. La violence envers les femmes restreint la liberté des femmes. Nous attendons du gouvernement fédéral un plan d’action ambitieux contre la violence envers les femmes, accompagné de ressources adéquates. Un tel plan doit être axé sur la protection des victimes, la formation de policiers et de magistrats spécialisés, le suivi des délinquants et la prévention.

Les femmes en résistance avec la grève du 8 mars

Les mesures de casse sociale du gouvernement De Wever-Bouchez font l'objet d'une résistance forte et durable des syndicats, de la société civile et du mouvement féministe. Le 8 mars, ils se mobiliseront à nouveau avec la grève des femmes. Pour la 8e année consécutive, le Collectif 8 Mars appelle à cette grève inspirée des mouvements de masse en Espagne et en Amérique latine. Sous le slogan « Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête », les femmes interrompent le travail rémunéré, les soins, les études et la consommation. Elles montrent ainsi le rôle que jouent les femmes dans le fonctionnement de la société. Comme l’année dernière, la grève des femmes sera sous le signe de l’opposition aux mesures de démolition de l’Arizona. Avec Zelle et le PTB, nous y participons. Vous aussi ?