5 raisons de venir à la manifestation du 14 juin « La justice sociale, pas la guerre »
Date spéciale ce 14 juin : une marche belge et européenne contre la militarisation aura lieu dans les rues de Bruxelles. Préparée depuis des mois, elle entend construire un large front contre les projets de militarisation de l’Union européenne et en Belgique. Voici 5 raisons pour ne pas manquer ce rendez-vous.
Spoiler : cette manif entend vous apporter de la sécurité, garantir la paix et vous faire épargner de l’argent ;-)
1. Ne pas payer le prix de leurs guerres
« Les conflits se multiplient dans le monde entier (...) Ce sont les travailleurs et travailleuses, les familles et notre planète qui en paient le prix, affirme la plateforme Stop militarisation. Nous nous opposons à la militarisation irresponsable de notre société. Nous sommes opposés aux projets de l'Union européenne visant à dépenser 800 milliards d'euros supplémentaires en armement, argent qui est retiré des services sociaux, des soins de santé, de l'éducation, du travail, de la consolidation de la paix, de la coopération internationale, d'une transition juste et de la justice climatique. »
Et c’est très concret. Depuis quelques semaines, notre gouvernement affirme une nouvelle fois que les caisses sont vides, qu’il n’y a pas d’argent pour compenser la hausse vertigineuse des prix de l’énergie. Pire, il annonce 7 milliards de nouvelles restrictions budgétaires.
Et pourtant les mêmes dernières semaines, le gouvernement a annoncé deux giga-commandes : trois milliards, puis 700 millions pour l’achat de missiles, notamment pour les F-35. En tout, 34 milliards de dépenses militaires dans les prochaines années.
Le ministre de la guerre Francken utilise la carte de crédit de la sécurité sociale pour les achats militaires. « Retirer quelques milliards à la sécurité sociale n’est pas inhumain, n’est-ce pas ? La sécurité sociale est trop grasse. Vous pouvez acheter un sac rempli de pilules chez le pharmacien pour quelques euros » a-t-il dit dans le journal De Morgen, le 25 novembre 2024.
Car tout ce qui est dépensé pour la guerre est économisé sur vos pensions, l’école de vos enfants, l’hôpital ou la maison de repos où doit aller votre grand-mère.
En luttant pour investir dans les pensions, pour la santé, pour l’école, contre le réchauffement climatique, les travailleurs et les jeunes luttent contre la militarisation.
Même Sammy Mahdi, président du CD&V, membre de la coalition Arizona, doit l’admettre : il faudrait, selon lui, peut-être diminuer la norme des dépenses militaires de 2 % à 1,8 % comme partie indispensable pour pouvoir économiser 7 nouveaux milliards.
Le premier enjeu du 14 juin est clair : peser sur l’Arizona pour l’empêcher d’aller chercher dans la poche des travailleurs, des malades, des pensionnés pour continuer à financer la guerre, et peser sur l’Union européenne et l’Otan pour qu’elles arrêtent d’augmenter les budgets militaires.
2. Contre les guerres de Trump et Netanyahou
Car ces hausses immédiates de dépenses militaires à 2 % du PIB (une hausse de plus de 4 milliards en un an) ont été imposées au sommet de l’Otan de La Haye en juin dernier. Avec la promesse faite d’augmenter notre budget militaire d’ici dix ans à hauteur de 5 % du PIB. Plus de 20 milliards en plus !
Tout ça pour faire partie du « club de l’Otan ». Club dont le secrétaire général Mark Rutte admet que « l’Otan, c’est aussi une plateforme permettant aux États-Unis de projeter leur puissance sur la scène mondiale. »
Aujourd’hui, Donald Trump conditionne cette alliance à un soutien inconditionnel aux guerres des États-Unis. Or on a vu le chaos créé par la guerre illégale contre l’Iran, guerre qui a semé la mort et la destruction sur place, bloqué le pétrole, fait flamber les prix de l’énergie et qui menace le monde entier d’une crise économique grave. On voit aujourd’hui les menaces d’intervention armée à Cuba, étranglée par un blocus médiéval affamant sa population. On a vu l’enlèvement d’un président en exercice au Venezuela. Et le soutien à l’état génocidaire d’Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.
Le 14 juin sera le rendez-vous pour toutes celles et tous ceux qui s’opposent aux guerres de Trump et Netanyahou.
3. Pas besoin d’une nouvelle Europe impérialiste en réponse à Trump
S’il faut arrêter les États-Unis, la solution n’est pas de construire une Europe armée jusqu’aux dents. « Nous sommes favorables à une coopération entre différents pays européens, mais l’Europe ne doit absolument pas devenir une copie des États-Unis. Il n’y a aucun besoin d’une nouvelle Europe impérialiste en réponse à Trump. », comme le dit Peter Mertens, secrétaire général du PTB et auteur du livre « Les derniers jours de l’ancien monde » (à paraître en français en octobre aux éditions Agone) à l’hebdomadaire Humo ce 26 mai.
On le voit dans les projets de dépenses militaires de Theo Francken, avec des achats de blindés pour intervenir au Sahel, des frégates pour aller en mer Rouge et des avions d’attaque F-35.
Nos dirigeants ne s’en cachent (presque) plus : il s’agit de la volonté d’intervenir aux quatre coins du monde pour assurer la livraison de matières premières pour « nos » multinationales. Le cobalt au Congo pour la multionationale belge Umicore, l’uranium pour le monopole français Orano, le pétrole du Moyen Orient pour Total...
4. Contre le climat de peur, apporter une alternative de paix
« L'Europe doit se remettre de la fièvre guerrière et arrêter de capitaliser sur un climat de peur afin de laisser à nouveau place à une perspective de paix et de désarmement, seule voie possible pour notre avenir commun » affirme la plateforme de la manifestation.
Nous voyons en effet comment nos gouvernants créent un climat de peur pour justifier la militarisation de nos sociétés. Nous avons vu le ministre Francken affirmer que des drones russes menaçaient la sécurité de nos aéroports, alors qu’il n’y avait aucune preuve de drones, ni encore moins qu’ils venaient de Russie. Tout cela a justifié l’achat en urgence d’armes anti-drones chez un fabricant d’armes, ami de M. Francken. Ce climat de peur est à la base de beaucoup d’autres achats inconsidérés sans sérieux contrôle.
« Qui répète sans cesse qu’une guerre arrive finit par obtenir la guerre. Glorifier la militarisation est franchement dangereux, déclare Peter Mertens. Tous ces petits machos pleins de testostérone qui aiment jouer aux soldats et qui n’ont eux-mêmes jamais fait leur service militaire feraient mieux de ne pas avoir les commandes en main. C’est extrêmement dangereux. (...) Nous avons déjà beaucoup plus d’armes que les Russes. Doubler encore tout ça ne nous apportera pas plus de sécurité. Ça coûte seulement énormément d’argent, d’énergie et de stress. Même dans le langage guerrier, le récit change : au début, il fallait investir pour nous armer contre les Russes, alors que maintenant, nous dépensons de l’argent dans du matériel militaire que nous pouvons surtout utiliser ailleurs. De quoi s’agit-il alors ? »
5. Participer à une alliance large belge et européenne capable de faire bouger les lignes
On sent que pour qu’arrêter ce rouleau-compresseur militariste, on ne sera pas trop nombreux. Aussi, les organisateurs de la manifestation du 14 juin ont veillé à construire une coalition large contre la militarisation.
Les deux grands syndicats, la FGTB comme la CSC, ont intégré cette manifestation dans leurs plans d’actions contre l’Arizona à l’aube d’un nouveau tour de vis budgétaire.
Les enseignants et les jeunes, qui descendent dans la rue pour arrêter les plans de leurs ministres, dénoncent qu’il n’y a même plus de millions pour les écoles alors qu’on trouve des milliards pour la guerre. La coalition des jeunes « Service pour la paix » dénonce aussi l’introduction larvée d’un service militaire (qui pourrait devenir obligatoire dans les prochaines années, comme on le voit en Allemagne).
Le mouvement climatique avec Greenpeace est aussi sur le pont, voyant les milliards promis pour la lutte contre le réchauffement climatique filer dans les caisses des marchands de missiles.
11.11.11. et le CNCD dénoncent qu’on sabre dans le budget de la coopération au développement mais qu’on trouve de l’argent pour alimenter les guerres dans le Sud global.
Le mouvement de solidarité avec Cuba et la génération Palestine seront aussi présents. Et bien sûr le large mouvement pour la paix, avec le CNAPD, Vrede, Pax Christi, Intal et bien d’autres.
Fait particulier avec cette marche, elle est aussi co-organisée par la coalition Stop ReArm Europe, un front de plus de 1 000 organisations dans toute l’Europe. Des syndicalistes de la CGIL italienne, des commissions ouvrières espagnoles, de la CGT française seront présents. Mais aussi des partis de la gauche européenne, d’Allemagne à l’Espagne.
Une grande mobilisation européenne « No Kings » contre les guerres de Trump a eu lieu le 28 mars à Rome et à Londres. Il y a eu plusieurs grandes grèves des lycéens allemands ces derniers mois contre le service militaire. Et un grand meeting européen aura lieu aussi à Londres le 20 juin, dans un mois de juin marqué par des actions aux quatre coins du continent jusqu’en Grèce. Ça bouge en Europe, et c’est nécessaire.
Alors convaincus ? Rendez-vous le dimanche 14 juin, à 15h, à la gare de Bruxelles-Nord.
On y va ensemble ?
Nous organisons des départs collectifs en train ou en car à travers le pays. Check les départs près de chez toi.