Photo Solidaire, Barbara Tuna.

Des actions et des grèves ont eu lieu ce 14 décembre dans des centaines d’entreprises du pays. « La Belgique d’en bas a exprimé son vote méfiance à l’égard du gouvernement des patrons FEB-VOKA, réagit Peter Mertens, président du PTB. Un changement radical de politique est urgent. »

La mobilisation était particulièrement forte en Flandre-Orientale, où pas moins de 90 entreprises du métal étaient touchées, dont Volvo Cars, Volvo Trucks, ArcelorMittal, Honda ou encore Bekaert Aalter.

En province de Liège aussi, le mouvement était très suivi. 120 entreprises du secteur privé étaient fermées. Tous les secteurs étaient touchés, avec de larges mobilisations aux différents piquets.

Le secteur de l’alimentation a également connu de nombreuses actions dans tout le pays. L’usine Coca-Cola à Wilrijk (en province d’Anvers), ou encore Materne en province de Namur, étaient par exemple complètement à l’arrêt.

Les autres provinces n’étaient pas en reste, avec des actions, des grèves et des piquets dans des secteurs aussi variés que le métal et l’alimentation, mais aussi la chimie, les services publics, le non-marchand, le nettoyage…

La Belgique d’en bas qu’on n’écoute pas

Peter Mertens, président du PTB : « J’ai beaucoup écouté aujourd’hui. Des gens qui avaient beaucoup à raconter. Qu’ils sont épuisés par le boulot à 53 ans. Comment ils sont rendus fous par le rythme intenable et la flexibilité dans le secteur du nettoyage. Comment on met en concurrence des entreprises, et que les travailleurs paient la facture. Comment les restructurations pèsent, et amènent les travailleurs à faire toujours plus avec moins de personnel. Comment l’agressivité augmente, même à la caisse d’un Ikea, et que c’est ignoré. Que la pression au travail devient insupportable, et qu’il est fou de faire travailler les gens jusqu’à 67 ans. Et que ceux qui décident de ça n’ont aucune idée de ce dont ils parlent. On m’a raconté comment l’extrême droite monte les gens les uns contre les autres avec la haine, mais que les grosses fortunes s’en sortent toujours en beauté. Comment tout augmente, sauf les salaires évidemment. Comment ces travailleurs sont contents que le PTB vienne rendre visite au piquet, car cette solidarité réchauffe, malgré les températures hivernales. Tout comme celle des camionneurs et des automobilistes qui passent. On m’a aussi et enfin raconté qu’il faut bien qu’ils écoutent nondidju, parce que, sinon, ça ne s’arrêtera pas là. »

Gilets jaunes, verts, rouges : #allunited

Les pensions et le pouvoir d'achat étaient donc partout des thèmes qui revenaient. Et, plus largement, c’est un ras-le-bol général qui s’exprime. « Ils ne nous écoutent pas, ils ne nous respectent pas », explique Jan.

Ce n’est pas étonnant que de nombreux gilets jaunes étaient présents aux actions. « Aujourd'hui, c'est magnifique, selon Stéphanie, gilet jaune de la première heure et présente à différents piquets liégeois. Nous sommes ensemble et c'est la condition de notre victoire, à nous, les travailleurs. »

De même, la sympathie pour le mouvement des gilets jaunes s’exprimait très largement sur les piquets. Stéphane, délégué dans le métal : « Le mouvement des gilets jaunes est très impressionnant. Leur courage, leur mobilisation et leurs actions sont inspirantes et montrent qu’on peut faire peur au gouvernement. »

Pensions, pouvoir d’achat, un combat qui dépasse nos frontières

Pensions, pouvoir d’achat et respect pour les travailleurs faisaient aussi l’objet de journées d’actions en France et aux Pays-Bas. Le 13 décembre, 2000 travailleurs du port et agents de police protestaient à Rotterdam contre la pension à 67 ans.

En France, où le mouvement des gilets jaunes fait trembler le gouvernement, le syndicat CGT a organisé des mobilisations dans tout le pays ce 14 décembre. Au cœur de ces protestations, un ras-le-bol général et des revendications pour un meilleur pouvoir d’achat, que les manifestants opposent notamment à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) décidé récemment par le président Emmanuel Macron.

Le PTB demande des mesures urgentes

« Le gouvernement a baissé notre pouvoir d’achat, s’attaque à nos pensions et se fout de nous, poursuit Peter Mertens. Une étude confirme encore aujourd’hui que les salaires belges sont ceux qui ont le moins progressé de toute l’Europe. Et, pendant ce temps, les taxes injustes augmentent et les grandes entreprises arrosent les actionnaires de dividendes. »

« Aujourd’hui, c’est un avertissement supplémentaire pour le gouvernement, réagit Peter Mertens, président du PTB. La Belgique d’en bas a exprimé son vote méfiance à l’égard du gouvernement des patrons FEB-VOKA. Un changement radical de politique est urgent. »

C’est pourquoi le PTB demande des mesures urgentes, parmi lesquelles le retour de la pension à 65 ans, la baisse à 6 % de TVA sur l’énergie et le droit à une véritable hausse des salaires. Et que les plus riches mettent enfin la main à poche avec une taxe des millionnaires.

« Aujourd’hui est un nouvel avertissement. Demain, les gilets jaunes continueront à mettre la pression. Et, si le gouvernement refuse toujours d’écouter, nous serons bien entendu aux côtés des gilets de toutes les couleurs pour le faire reculer », conclut Peter Mertens.

Faisons reculer le gouvernement

Le PTB soutient les mobilisations qui défendent une justice fiscale et une amélioration du pouvoir d’achat. Cela passe également par l’augmentation des salaires et la défense de nos pensions face aux attaques du gouvernement. Gilets jaunes, verts, rouges… ensemble, nous pouvons faire reculer ce gouvernement.


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