Photo GUE/NGL

Les eurodéputés pourront dès aujourd’hui consulter le contrat conclu entre l’entreprise pharmaceutique Curevac et la Commission européenne. Toutefois, il s’agit d’une consultation sous haute surveillance. Marc Botenga, député européen du PTB, consultera le contrat aujourd’hui, mais dénonce les conditions restrictives.

« Cela fait des mois que nous exigeons la transparence. Nous sommes contents de voir qu’une brèche s’ouvre, mais il s’agit de l’utilisation d’argent public. La transparence devrait être un droit, non pas un privilège », dénonce Marc Botenga, qui a plusieurs fois interpellé la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides à cette fin. « Ce contrat est disponible uniquement parce que l’entreprise a pris l’initiative. Cela dépend de la bonne volonté des entreprises. La Commission européenne a même privatisé la transparence. »

Les conditions d’accès aux contrats sont en outre très restrictives. Pour consulter le contrat, les eurodéputés doivent se rendre dans les locaux sécurisés de la direction générale de la Santé munis de leur badge de député. Ils seront soumis à une déclaration de confidentialité, et n’auront ni le droit de prendre des photos, ni de se faire assister par des attachés ou des experts juridiques. Pour Marc Botenga, cela ne se justifie pas : « La transparence devrait permettre d’organiser un contrôle démocratique sur ces contrats, pas à museler le débat. Permettre la consultation uniquement à des eurodéputés, sous haute surveillance, et sous le coup d’une muselière légale, ce n’est pas de la vraie transparence. C’est en fait une façon d’empêcher que l’information sorte. »

Pour le PTB, la transparence de ces contrats ne devrait pas dépendre de la bonne volonté des entreprises. Le Parti de la gauche authentique appelle la Commission à publier elle-même les contrats et à garantir une transparence totale pour toutes les entreprises et tous les vaccins. « Le PTB demande une transparence totale sur les contrats d’achat du vaccin, ainsi que sur les accords financiers qui les sous-tendent. Les vaccins contre le virus à l’origine de la pandémie, qui cause des problèmes au monde entier depuis près d’un an maintenant, sont dans l’intérêt de tous et ne devraient pas être un moyen pour Big Pharma de faire des bénéfices énormes », conclut Marc Botenga, qui a lancé en juin une campagne avec la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) pour que le vaccin soit sous contrôle public.

Suivez le PTB