Photo Solidaire, Mario Franssen.

Mercredi 5 décembre au soir, les syndicats se sont résignés à lever les piquets de grève devant l’usine d’AB InBev, conformément à la décision judiciaire en ce sens, assortie d’amendes de 500 euros par heure en cas de non respect. « Nous exigeons que cesse ce recours unilatéral à la justice dans le cadre de conflits sociaux », a déclaré Damien Robert, président du PTB en province de Liège. « On voit clairement quel camp a choisi le tribunal. Ces travailleurs ont des revendications légitimes. Or non seulement ils ne sont pas écoutés, mais on les menace en plus d’amendes colossales. AB InBev utilise ces procédures juridiques pour contourner les revendications des syndicats. C’est de l’abus et cela doit cesser. »

Les travailleurs d’AB InBev ont démarré leurs actions suite au blocage des négociations. Ils demandaient davantage de sécurité d’emploi et le paiement correct de leurs salaires. Mais ça semble être trop demander au géant brassicole AB InBev. Les travailleurs qui ont des horaires flexibles, qui font des heures supplémentaires les week-end ou qui renforcent les équipes durant les périodes de vacances, sont parfois payés 200 euros trop peu.

« Qu’une entreprise qui a réalisé l’année passée 2,67 milliards d’euros de bénéfices dans notre pays ne soit pas capable de payer correctement les salaires dus, c’est d’une arrogance révoltante, estime Damien Robert. Alexandre Vandamme, le principal actionnaire d’AB InBev, est assis sur une fortune de 17,3 milliards d’euros. C’est ce que gagnerait n’importe quel travailleur moyen de l’entreprise en 7.208 siècles de travail ! »

Le personnel exige aussi davantage de sécurité d’emploi. Alors qu’une nouvelle usine est en cours de construction en France, personne ne peut garantir le maintien des emplois en Belgique. Lorsque les syndicats ont exigé des garanties en ce sens, ils se sont heurtés à un mur. « Nous avons déposé depuis longtemps déjà une proposition de loi visant à interdire aux entreprises bénéficiaires de licencier du personnel, ajoute Damien Robert. Une loi que nous avons d’ailleurs surnommée "loi Inbev", ce n’est pas pour rien. » L’entreprise, dont le PTB a d’ailleurs révélé qu’elle a payé 0 euro d’impôts l’année dernière, met chaque année ses travailleurs davantage sous pression. « On leur demande de travailler plus, dans des emplois plus précaires, à un salaire qui ne leur est même pas versé correctement, et ils devraient accepter ça sans broncher ? » poursuit Damien Robert.

Cependant, AB InBev ne veut rien entendre. En réaction à la grève, il a unilatéralement mis fin aux négociations. Les syndicats, refusant de se laisser intimider, ont maintenu leur action. AB InBev a alors fait appel à la justice qui a décidé d’appliquer des astreintes de 500 euros par heure et par personne en cas de maintien du blocage. Le personnel ne décolère cependant pas et, même s’il a levé le piquet, ne compte pas se laisser faire.


Soyez le premier à commenter

SVP vérifiez votre boîte email afin d'utiliser le lien pour activer votre compte.

Nous avons besoin de votre soutien