Aéroport de Zaventem : la panne de début juillet n’est que la partie émergée de l’iceberg

Photo Belga.

« En surface, du marbre, en dessous, du béton pourri ». C’est l’image utilisée par un salarié pour dénoncer le contraste entre le « bling bling » montré aux voyageurs et l’équipement dégradé avec lequel les employés doivent travailler à l’aéroport. Le PTB demande que l’État reprenne en main le contrôle de l’aéroport.

« Panne informatique à Brussels Airport: il reste 10 000 bagages en souffrance à Zaventem », titrait la RTBF le 13 juillet dernier. L’événement a été fort remarqué, mais ce n’est pourtant pas la première fois que cela arrive. En dehors de la haute saison, c’est d’ailleurs régulièrement le cas, même si c’est moins médiatisé. Les salariés de l’aéroport dénoncent depuis des années déjà la vétusté du matériel. L'exploitant aéroportuaire privé Brussels Airport Company (BAC) ne veut cependant rien entendre.

Attendre des mois pour de nouvelles chaises

Si on aborde la question de l’état du matériel de l’aéroport avec les personnes qui y travaillent, mieux vaut avoir le temps. Au fur et à mesure des témoignages, les choses remontent à la surface. Les employés des comptoirs d’enregistrement se plaignent notamment de l’absence de maintenance de leurs ordinateurs. Ils l’ont pourtant signalé un nombre incalculable de fois. Parfois, ils reçoivent une nouvelle imprimante, malheureusement elle n’est pas adaptée sur le plan ergonomique. On achète toujours ce qu’il y a de moins cher. D’où les problèmes de dos dont se plaignent de nombreux employés. Même si la direction en prend note, elle ne fait rien pour y remédier.

« C’est scandaleux de voir que BAC investit si peu dans l’entretien du matériel et de l’infrastructure, témoigne un travailleur. Il n’y a pas si longtemps, on nous a dit que le remplacement de huit chaises défectueuses prendrait plusieurs mois. En attendant, nous avons dû continuer de travailler sur des chaises complètement tordues. Bonjour les problèmes de dos ! »

Pas même un merci

Chez les bagagistes la situation n’est pas meilleure : « Suite à la panne, il a fallu faire des heures supplémentaires pour traiter tous les bagages. On investit énormément dans tous ce qui est visible par les touristes. Pour ça, l’argent ne manque pas. L’aéroport s’est doté d’un grand centre commercial et même d’un centre de fitness. C’est bien joli, mais, pour nous qui chaque jour déplaçons à la hâte des tonnes de bagages pour que les passagers puissent prendre leur vol à temps, il n’y a pas d’argent. »

« Lors de périodes comme celle-ci, c’est-à-dire avec un afflux important de touristes et pas de personnel supplémentaire, c’est encore plus pénible. Tous les bagages sont au sol et non sur le tapis. Ce n’est pas très confortable sur le plan ergonomique. On ne nous témoigne pas beaucoup de respect. On n’a même pas droit à un merci. »

« On attend de nous que nous respections scrupuleusement les règles et nous sommes d’ailleurs contrôlés par rapport à cela, mais, lorsqu’il s’agit de contrôler correctement leur matériel et de le remettre en état, ils ferment les yeux. »

Il est grand temps que l’État reprenne en main le contrôle de l’aéroport

Cela fait des années que les syndicats mettent en garde contre le piteux état du matériel. Les désagréments causés auraient donc pu être évités. Les travailleurs n’auraient pas été contraints de mener une action pour réclamer un matériel décent. Récemment, plusieurs délégués syndicaux ont décidé en front commun d’adresser un courrier sur le site web du magazine Knack. « Si l’on veut éviter l’agitation et le malaise social, il faut oser remettre en question les mécanismes sous-jacents et l’État doit avoir le courage et l’audace de reprendre en main le contrôle de notre aéroport. »

Le PTB partage entièrement cet avis. Alors que la compagnie engrange d’énormes profits, BAC fait preuve d’une négligence impardonnable en ce qui concerne l’entretien du matériel. Il est grand temps que l’État mette de l’ordre dans tout ça et reprenne les choses en main. Plutôt que de distribuer d’énormes dividendes aux investisseurs canadiens et hollandais, il serait temps d’investir au bénéfice des travailleurs et des voyageurs.


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