Nadia Moscufo.

« La proposition de Karine Lalieux d'une pension anticipée après une carrière de 42 ans reste en réalité inaccessible pour une grande partie des salariés et pour la majorité des femmes, réagit Nadia Moscufo, députée du PTB. De plus, il n'y aura pas d'exceptions pour les métiers pénibles. Malgré les promesses électorales des socialistes, l'âge de la pension pour de très nombreuses personnes restera tout simplement fixé à 67 ans. »

« Le plan de réforme des pensions que la ministre Karine Lalieux dépose aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans le cadre des réformes du gouvernement Michel. Ce n'est pas ce à quoi la classe travailleuse aspire, ajoute Kim De Witte, spécialiste pension du PTB. Aujourd'hui, seulement 55 % des femmes salariées ont une carrière de 42 ans. Et à peine 10 % des femmes indépendantes. Et ce, à l'âge de 63 ans. Une petite minorité de femmes seulement atteint 42 ans de carrière à l'âge de 60 ans. »

Ramener l’âge de la pension anticipée à 60 ans peut sembler une bonne chose, mais ce n’est qu’une théorie pour la plupart des femmes. Cet abaissement ne sera également que théorique pour les personnes qui ont fait des études après le secondaire, soit la majorité des travailleurs dans notre pays aujourd’hui.

« De même, la promesse solennelle d’une solution pour les métiers pénibles, faite par le gouvernement Michel lors du passage de l’âge de la pension à 67 ans, est totalement supprimée, poursuit Nadia Moscufo, députée fédérale du PTB. Une infirmière ou un infirmier qui a fait des gardes alternées ou des gardes de nuit pendant 30 ans devra encore travailler jusqu’à 64 ans. C’est beaucoup trop pénible. »

« De plus, si elle ou il n'a pas travaillé pendant quelques années, ou si elle ou il a travaillé moins de 156 jours par an (un mi-temps), il lui faudra continuer à travailler jusqu'à 67 ans. C'est infaisable ! »

Dans la majorité des pays d'Europe, l'âge de la pension ne passe pas à 67 ans. « Il faut arrêter avec la fable libérale qui veut que nos pensions seraient impayables. Nous avons les pensions les plus basses d'Europe occidentale, et elles ne seraient pas finançables ? rétorque De Witte. Des pays comme le Danemark, la Suède, l'Autriche, la France et le Portugal investissent 25 à 50 % de plus de leur PIB dans les pensions. Si cela peut être fait là-bas, pourquoi pas ici ? »

Les pensions sont financées par les cotisations sociales. Le gouvernement Michel a réduit ces contributions de plus de quatre milliards d'euros par an avec son tax shift. En plus des exemptions et des réductions accordées par les gouvernements précédents. Au total, on parle d’un manque à gagner de 16 milliards d'euros par an, selon le Bureau du Plan. Cela représente 4 % du PIB. « C’est ça qui compromet le financement de nos pensions, ajoute Nadia Moscufo. Si nous voulons que nos pensions restent abordables, le démantèlement des cotisations sociales doit cesser. Cela passe par des emplois décents avec des salaires corrects. Or il n’y a pas un mot à ce sujet dans les plans de la ministre Lalieux. Au contraire : les pensions complémentaires sont encore stimulées, alors qu'elles sapent le financement des pensions légales. »

Le PTB a lancé une campagne intitulée À 67 ans, tous les métiers sont pénibles, avec comme alternative une vision sociale de la retraite. Nous continuerons à collecter des signatures à cet effet dans les semaines à venir.

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