Photo Stefaan Van Parys.

14 000 personnes participent à ManiFiesta, la Fête de la Solidarité, ce week-end à Ostende. Dans son discours, Raoul Hedebouw, président du PTB, appelle la population à se mobiliser pour des « vendredis de la colère ». « La situation est intenable : les prix doivent baisser et Engie doit payer », déclare Raoul Hedebouw, président du PTB.

« Engie va faire 9 milliards de surprofits avec cette crise. On ne peut pas accepter que des centaines de milliers de familles ne sachent plus comment payer leurs factures pendant qu’un grand groupe énergétique s’en met plein les poches. Nous allons continuer de mettre la pression pour que le gouvernement arrête de protéger Engie et prenne des mesures pour les gens », poursuit Raoul Hedebouw. Le parti de gauche lance donc des mobilisations tournantes dans tout le pays lors des « vendredis de la colère ». Le premier rendez-vous est fixé le 30 septembre prochain. 

Le parti de gauche rappelle que malgré les nombreuses déclarations, il n’y a pas de mesure pour faire baisser structurellement les prix et s’attaquer aux surprofits qui ont été pris. Les décisions du kern hier concernent une petite réduction d’à peine 400 euros sur des factures qui ont augmenté jusqu’à 9 200 euros par an. Aucune taxe sur les surprofits d’Engie n’a été annoncée. « On assiste à un véritable hold-up des multinationales de l’énergie sur notre portefeuille. C’est un hold-up avec la complicité de notre gouvernement et de l’Union européenne. De Croo, Van der Straeten, Van Peteghem, Magnette, Rousseau, Bouchez : ils parlent tous d’aide aux ménages, de blocage des prix et de taxer les surprofits, mais c’est du bla bla. Pour venir dans nos poches, c'est décidé en quelques secondes, mais pour aller dans les proches d’Engie, 9 mois et toujours rien. Pire, ils prévoient une soi-disant taxe sur les surprofits qui ne touchera pas… aux surprofits réalisés par les centrales nucléaires d'Engie. C’est incroyable », continue Raoul Hedebouw.

« La vérité, c'est que ce gouvernement a passé un deal secret avec Engie lors des discussions sur la prolongation des réacteurs, dénonce le président du PTB. Engie s’est assurée que ses actionnaires garderaient leurs profits et que la collectivité allait en plus payer pour les déchets nucléaires. Comme depuis plus de 20 ans, en Belgique c'est Engie qui décide et le gouvernement qui exécute. Une poignée d’actionnaires a plus de pouvoir que tous nos ministres de l’énergie réunis. »

Le PTB avance des solutions concrètes. Le parti de gauche veut imposer immédiatement un plafonnement des prix du gaz et de l’électricité. Aujourd’hui, Engie produit dans ses centrales nucléaires de l’électricité au prix de 35 euros par mégawattheure, alors que le prix de vente est de 200, 300 euros ou plus. Le PTB veut que l’État sorte de la logique de marché et impose un prix de vente fixé sur base du coût de production (+ une petite marge). Et fixe également le prix du gaz à 70 euros/mwh maximum. « En taxant aussi les surprofits pour financer cela, on peut baisser la facture et faire revenir les prix au niveau de 2021 », assure Raoul Hedebouw. 

Qui développe : « Arrêtons de croire que le marché va tout résoudre. Tous les partis traditionnels, y compris les socialistes et les verts, ont défendu la libéralisation du secteur de l’énergie en disant que ça profiterait au consommateur. La réalité, c’est que le marché privilégie toujours la logique du profit et du rendement maximum. Nous devons reprendre le secteur énergétique des mains des multinationales. Nous avons besoin d’un secteur public qui produise de l’énergie en fonction des besoins des citoyens et du bien-être de la planète. »

« Le PTB pèse sur les débats », constate Raoul Hedebouw. « Qu’il s’agisse de la victoire sur la baisse de la TVA ou de la mise à l’agenda de la taxation des surprofits, nous arrivons à mettre les partis du gouvernement sous pression. On le voit aussi au succès grandissant du PTB, sur le terrain et dans les sondages dans tout le pays. Nous allons continuer, en soutenant les mobilisations syndicales, notamment le 21 septembre prochain, mais aussi en mobilisant et organisant la population comme nous le faisons en lançant les vendredis de la colère. » 

Le président du PTB a terminé avec un appel à la classe travailleuse et les jeunes : « Que ce soit la crise de l’énergie, la crise écologique, la crise financière, la crise sociale, la crise militaire et géopolitique à travers le monde… Toutes ces crises ont un point commun : la recherche du profit, la recherche des bénéfices à tout prix, l’accumulation de richesse par les plus riches de la planète. Nous pouvons mettre fin à ce système d’exploitation capitaliste. Et c’est ce que nous ferons. »