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Il s’appelle Seppe De Meulder. L’histoire de ce jeune intérimaire a ému les réseaux sociaux est a été partagée en masse. Son récit est celui de l’abus quotidien du système de travail intérim dans certaines entreprises. « Les intérimaires ne sont pas des travailleurs jetables », a réagi Nadia Moscufo, députée PTB. Le parti de gauche demande la suppression du motif d’insertion pour le travail intérim et l’adoption urgente d’un plan anti-abus.

« C’est d’autant plus urgent que des témoignages qui nous reviennent, de plus en plus de patrons profitent de la précarité croissante engendrée par le coronavirus pour abuser encore plus du système », ajoute Nadia Moscufo.

Lire le témoignage de Seppe De Meulder.

« Chaque soir, nous applaudissons les travailleurs qui font tourner le pays, mais, partout dans le pays, ces mêmes personnes sont sous pression en raison de la flexibilité croissante, des bas salaires et des statuts précaires », écrit Seppe De Meulder sur Facebook. Il a travaillé comme intérimaire dans l'entrepôt de l’entreprise d'Aveve et a été mis à la porte une semaine avant d'avoir droit à un contrat à durée indéterminée. Son témoignage est devenue viral et a été repris par divers médias.

« Ce qui est particulièrement frappant, expliqueNadia Moscufo, c’est le flot ininterrompu de témoignages qui proviennent maintenant de personnes qui se trouvent dans des situations similaires. Ils confirment les témoignages que nous recevons régulièrement. » Ces histoires confirment également une étude publiée en 2017 par le PTB. Celle-ci montrait que, dans de nombreuses entreprises, le travail intérimaire est la règle plutôt que l'exception. Dans les 100 entreprises de plus de 250 salariés qui ont le plus souvent recours à des travailleurs temporaires, en moyenne 22 % des effectifs sont sous contrats intérimaires. Dix grandes entreprises emploient même plus de personnes sous contrat intérimaire que de salariés permanents.

Selon une étude récente de l'Institut de recherche sur le travail de la KUL (Hiva - Université de Leuven), seuls 11 % des travailleurs intérimaires font volontairement ce choix pour plus de flexibilité. « Les gens ont besoin de stabilité et de sécurité », estime Nadia Moscufo. Et de développer: « C’est pourquoi nous proposons l’adoption rapide d’un plan anti-abus en six points. Les travailleurs et travailleuses ne sont pas de la main d’œuvre jetable. »

Contre l’intérim de masse, le PTB propose un plan anti abus en six mesures concrètes. Le but est de limiter, enregistrer et contrôler l’intérim, et de sanctionner les employeurs qui abusent du système.

1. Introduction d'une limite légale maximale pour les contrats journaliers consécutifs qu'une entreprise peut donner à un salarié.

2. Suppression du motif d’insertion pour le travail intérimaire. En recourant à ce motif, une entreprise s’offre un travailleur intérimaire en le mettant à l’essai pendant une période allant jusqu’à 6 mois sans aucune obligation d’embauche. Ce motif, ajouté en septembre 2013 par le gouvernement Di Rupo, est en réalité une période d’essai déguisée.

3. Introduction d'un pourcentage maximum de travailleurs intérimaires dans les entreprises. À négocier au niveau sectoriel avec les organisations syndicales.

4. Enregistrement du remplacement temporaire d'un travailleur. Cela permettrait au comité d'entreprise de savoir qui remplace quel travailleur absent et donc d'exercer un contrôle.

5. Accroissement du contrôle : l’inspection sociale devrait avoir plus facilement accès à la banque carrefour des intérimaires. De plus, ses effectifs devraient être renforcés.

6. Des sanctions plus lourdes : à l’heure actuelle, l’entreprise « cliente » qui serait dénoncée par un travailleur intérimaire pour abus n’est pas exposée à une sanction financière. Si l’abus est prouvé, elle est obligée d’embaucher le travailleur intérimaire (qu’elle licencie souvent aussitôt).


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  • Pierre Goossens
    a commenté 2020-05-16 14:16:21 +0200
    Il faudrait également combattre les filères d’interim sauvage. Dans l’administration où je travaille, plus de la moitié des informaticiens sont recrutés via des sociétés qui contournent les règles de l’interim par le recours à des faux indépendants ou à des mises à disposition illégales.

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