.

Aujourd'hui, le conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi visant à contrôler et sanctionner plus strictement les travailleuses et travailleurs malades de longue durée. Selon le PTB, avec ce projet, le ministre socialiste Frank Vandenbroucke fait fausse route. « Derrière ce qui se dit en conférence de presse, les intentions sont claires : il ne s'agit pas d'améliorer le sort des travailleurs malades mais bien de les remettre au travail sous peine de sanctions. Ils seront donc les premiers à pâtir de ce projet », réagit Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB au Parlement fédéral.

« Le Premier ministre Alexander De Croo n'avait que l'augmentation du taux d'emploi à 80 % à la bouche. Le projet de Vandenbroucke va dans le même sens. On dirait un texte du Voka. Ce projet ne vise qu'à renvoyer à n'importe quel prix les travailleuses et travailleurs malades de longue durée sur le marché du travail. Peu importe qu'ils aient le même salaire ou les mêmes conditions de travail, voire même qu'ils soient capables de faire le travail. Désormais, des sanctions attendent les malades qui ne veulent pas entrer dans la machine d'activation ou commettent des erreurs dans les procédures. Des amendes de 30 euros par mois sur des allocations, c'est injuste, surtout au vu de l'explosion du coût de la vie. »

Pas plus tard que la semaine dernière, les partenaires sociaux ont critiqué les méthodes de Franck Vandenbroucke. Sofie Merckx : « Les syndicats, les patrons, les mutuelles, les organisations de patients et les experts sont contre cette mesure. Et leurs arguments sont fondés, mais le ministre s'obstine à les balayer d'un revers de main. Les méthode du ministre sont un nouveau coup dur pour le dialogue social dans notre pays. L'accord de coalition mentionne pas moins de trente fois la concertation sociale, mais le gouvernement ne l'a encore jamais respectée ».

Le PTB demande à la Vivaldi invalider les sanctions prévues pour les malades de longue durée. Sofie Merckx : « Le problème ne vient pas des malades. Dans de plus en plus d'entreprises, les conditions de travail sont telles que le personnel se retrouve en burn-out ou avec le dos et les poignets cassés. Pourtant, dans les faits, les entreprises ne sont pas sanctionnées. Je défie quiconque de me citer une entreprise où le taux d'absence est structurellement 3 fois plus élevé que dans l'ensemble de l'économie et 2 fois plus élevé que dans le secteur. Notons d'ailleurs qu'il faut que ce soit une grande entreprise, puisque la mesure ne concerne que celles qui emploient plus de 50 personnes ». Et la cheffe de groupe de conclure : « Le personnel craque, tant physiquement que mentalement. Il existe des alternatives autres que sanctionner les malades, par exemple, continuer à mettre l'accent sur les parcours d'accompagnement volontaires en vue du retour au travail. De plus, les gens doivent travailler de plus en plus longtemps. Attaquons-nous aux causes de cette explosion des maladies de longue durée au lieu de sanctionner. »