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Onno Vandewalle remplace Tom De Meester, qui a décidé de se consacrer davantage au conseil communal de Gand et à la stratégie de la communication nationale du parti après un burn-out, au Parlement flamand. Onno Vandewalle est membre de la direction nationale de RedFox, le mouvement de jeunes du PTB, et tient à faire entendre la voix des jeunes au Parlement. Il vit à Gand, où il a grandi. « Le gouvernement parle beaucoup des jeunes, dit-il, mais nous écoute-t-il aussi ? »

Peux-tu te présenter ?

Onno Vandewalle. Je m'engage auprès des jeunes tous les jours avec RedFox, le mouvement de jeunes du PTB. Durant mon temps libre, je suis le foot. Je suis abonné au stade de la Gantoise. Mais j’aime bien sûr aussi assister à d'autres beaux matchs. En 2022, un ami anversois m'a emmené au stade de Bosuil. C’est toujours super de se retrouver avec d'autres supporters. Pendant le match certes, mais surtout après, pendant la troisième mi-temps, avec une pinte (rires). Le sport a toujours occupé une place importante dans ma vie. J'aime faire du futsal avec les Citadel Park Rangers à Gand. Malheureusement, je n’ai plus joué depuis un moment à cause d’une blessure, mais mon retour est prévu pour cette année !

 

Quel est ton rôle chez RedFox ?

Onno Vandewalle. Je suis membre de RedFox depuis 2019 et les grandes manifestations pour le climat en Belgique, et je suis très fier du chemin que nous avons parcouru depuis. J'ai fondé la section de Gand, qui est désormais l’une des plus grandes de RedFox. Et grâce à notre solide équipe de direction, avec Alice en tant que présidente mais aussi Julien et Rani, nous avons construit une organisation de jeunes qui a beaucoup d'impact concret. Nous organisons un camp où viennent plus de 200 jeunes des quatre coins du pays, nous offrons une aide à l'étude pendant les examens dans sept villes différentes, nous organisons un festival contre le racisme avec des milliers de jeunes, et toutes les écoles de Belgique sont pleines de nos autocollants de solidarité avec la Palestine ou contre le racisme.

Les jeunes veulent vraiment contribuer à la construction de la société. Après les inondations à Verviers, nous nous sommes rendus plusieurs fois en bus dans la région pour aider à vider les caves, pour organiser des animations pour les enfants des sinistrés et pour distribuer de la soupe. J'y ai rencontré des gens avec qui je suis toujours en contact. Les liens que vous construisez dans ces situations sont indestructibles. Nos jeunes disent la même chose.

Mais nous menons également des actions. Le 21 mars 2022, des actions contre le racisme ont eu lieu dans plus de 100 écoles, et nous y avons joué un rôle important avec RedFox. Par exemple, j'ai reçu un appel d'une jeune fille qui me demandait si je pouvais lui envoyer les magazines antiracistes de RedFox, car elle voulait enseigner l'histoire du racisme dans toutes les classes de son école. C'est fantastique, n'est-ce pas ? Il suffit de donner aux jeunes les bons outils pour les voir s'engager avec conviction.

Je crois en la capacité des jeunes à s'unir et à avoir un réel impact sur notre société. Le rôle de RedFox est également de les aider à atteindre leur plein potentiel en tant qu’individus critiques, actifs et solidaires.

 

Les journaux sont remplis de la crise énergétique, climatique, du pouvoir d'achat. En quoi cela impacte les jeunes aussi ?

Onno Vandewalle. Cʼest aussi difficile pour eux que pour les autres. Et comme durant la pandémie, le sort des jeunes est bien trop peu pris en compte. Les jeunes voient à la maison combien leurs parents ont du mal à payer les factures. « Les petits plaisirs extra font partie du passé », disent de nombreux parents. Des jeunes me disent qu'ils sont assis dans des salles de classe glacées parce que l'école ne peut plus payer la facture de gaz. Pensons-nous vraiment que c'est normal ? Pour moi, l'école est un environnement collectif où les jeunes doivent être éduqués dans de bonnes conditions, quoi qu'il arrive.

De nombreux jeunes me disent aussi que tout devient plus cher. Un dürüm dans ma rue est devenu presque 2 euros plus cher en un an. Et même dans ce cas, ces commerçants atteignent à peine le seuil de rentabilité. Les jeunes le remarquent aussi.

Et ce n'est pas facile non plus pour les étudiants et les jeunes travailleurs d'aujourd'hui. J'entends de plus en plus de jeunes qui ont un emploi et qui ne peuvent pourtant pas mettre de côté suffisamment d'argent pour vivre seuls. Les jeunes d'une vingtaine d'années avaient l'habitude d'économiser pour acheter leur propre maison, mais aujourd'hui, ils arrivent à peine à joindre les deux bouts. En fait, nous finançons maintenant principalement les bénéfices d'Engie-Electrabel. Même les jeunes qui ont deux revenus ont des difficultés. Et sur la liste d'attente des logements sociaux, on compte 170 000 familles. Et que fait le gouvernement flamand pour tous ces gens ? Absolument rien.

 

Que veux-tu faire au Parlement flamand ?

Onno Vandewalle. Il y a un tel enthousiasme chez de nombreux jeunes pour changer les choses. Cette génération est une génération diverse, une génération solidaire, celle qui descend dans la rue pour le climat, contre le racisme et le sexisme. Les jeunes aspirent à un monde différent, qui donne de l'espoir. C'est ce que je veux apporter au Parlement.

Un point important pour moi est que les jeunes ont le droit d'avoir des loisirs. J'ai été entraîneur de football pour des équipes de jeunes, vous remarquez ce que cela représente pour ces gamins. Mais de nos jours, les loisirs sont de plus en plus chers. Cinémas, théâtres et festivals : les prix explosent partout. Nous devons vraiment garantir que tous les jeunes aient accès aux sports, à la culture et aux loisirs.

Sur de nombreux sujets, les jeunes ont le sentiment de ne pas être entendus. C'était vrai pendant la pandémie et ça lʼest encore aujourd'hui. Je veux m'engager à faire entendre leur voix sur l'accessibilité des sports, des loisirs et de la culture. Ou autour de l'éducation.

Et puis, bien sûr, il y a l'inégalité dans notre système éducatif. Les jeunes ayant une situation familiale difficile n'ont tout simplement pas les mêmes chances. Sans compter le mépris envers les jeunes qui suivent une orientation technique ou professionnelle. Au lieu de respecter les compétences de ces jeunes, on les considère comme inférieurs. L'impact de cela est énorme.

Grâce à RedFox, j'entends également tous les jours des jeunes me dire à quel point le problème du racisme est important dans notre société. Il ne s'agit pas d'un fait abstrait, mais d'une réalité quotidienne et douloureuse pour beaucoup de gens. Je veux contribuer à donner une voix à tous ces jeunes qui veulent faire quelque chose contre le racisme et la discrimination. Au sein du Parlement, mais aussi avec RedFox. Car en fin de compte, c'est la meilleure façon pour les jeunes de faire entendre leur voix : agir eux-mêmes, retrousser leurs manches.

Vous l'aurez peut-être remarqué : j'ai vraiment hâte de me rendre au Parlement flamand avec Jos, Kim, Lise et le reste de l'équipe du PTB. Ce sera un peu rock'n roll, mais j'aime ça. (rires)

 

Actuellement, que penses-tu du gouvernement flamand ?

Onno Vandewalle. Ce n'est pas compliqué, je pense la même chose que la plupart des gens. C'est un gouvernement qui ne fait plus rien de bien. Vous pourriez passer des années à chercher avant de trouver quelqu'un qui a une opinion positive du gouvernement flamand. Ces quatre dernières années, le ministre-président Jan Jambon est surtout passé de « Jan le fort » (« sterke Jan ») à « Jan la gaffe ». Pendant ce temps, presque toutes les listes d'attente ont explosé. Les listes pour les logements sociaux, mais aussi pour les aides psychologiques. Chaque semaine, je vois des jeunes qui attendent de l'aide depuis des mois alors qu'ils sont dans une situation critique. C'est vraiment dramatique.

Tout l'enthousiasme et l'engagement, la force d'un esprit positif que je vois chez les jeunes manque dans ce gouvernement flamand. Les jeunes d'aujourd'hui sont l'antithèse de ce gouvernement de droite, étroit d'esprit et inefficace.

Le problème, c’est que ce gouvernement ne veut pas mener de politiques sociales. C'est un gouvernement qui veut mener une politique de droite dure. Le véritable patron, c’est le Voka (organisation patronale flamande). Même Bart De Wever le dit. Ce gouvernement a failli tomber parce qu'il voulait réduire encore plus les allocations familiales. Voilà le genre de débats auxquels on a droit aujourd'hui. Ils sont bien peu concernés par la vie des travailleurs. Les gens en ont assez, ils cherchent une alternative.

 

À part le foot, que fais-tu pendant ton temps libre ?

Onno Vandewalle. Pendant la crise du Covid-19, nous allions chez mes amis Jonas et Julie presque tous les week-ends pour jouer à des jeux de société. Et ces soirées jeux pouvaient parfois se prolonger jusqu'aux petites heures. Je suis également devenu le parrain d'une petite fille fantastique depuis un bon mois, alors j’aimerais aussi investir du temps là-dedans.