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70 ans du Bois du Cazier : on n'oublie rien

Le 8 août 1956, 262 mineurs perdaient la vie au Bois du Cazier. Parmi eux, 136 étaient Italiens. Mais ils venaient en réalité de 10 pays différents. Ils avaient un point commun : ils étaient des travailleurs. Des hommes venus chercher un avenir meilleur, souvent poussés par la pauvreté, la guerre ou la répression politique, notamment par le fascisme qui avait contraint de nombreux antifascistes italiens à l'exil.

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« Leur mort n'était pas une fatalité, déclare Sofie Merckx, notre cheffe de groupe à la Chambre. Elle est le résultat d'un système qui considérait la main-d'œuvre comme une marchandise. Après la guerre, l'accord ‘hommes contre charbon ‘ envoyait des milliers de travailleurs italiens dans les mines belges, où les conditions de travail étaient parmi les plus dangereuses. »

Aujourd'hui, l'Italie a été représentée par Ignazio La Russa, président du Sénat italien et deuxième personnage de l'État. Cofondateur de Fratelli d'Italia, le parti de Giorgia Meloni, il a, à plusieurs reprises, exprimé une vision complaisante à l'égard de l'héritage de Mussolini. Pour Sofie Merckx, sa présence suscite un profond malaise : « Souvenons-nous que de nombreux mineurs italiens du Bois du Cazier avaient justement fui le fascisme ou s'étaient engagés dans la Résistance antifasciste. Nous lui avons tourné le dos. À Charleroi, ville ouvrière et ville antifasciste, la mémoire ne se négocie pas. »

« Le Bois du Cazier nous rappelle une vérité essentielle, poursuit notre cheffe de groupe : les droits des travailleurs n'ont jamais été offerts. Ils ont été arrachés par les luttes syndicales. Défendre encore et toujours des conditions de travail dignes, protéger la santé et la sécurité au travail, refuser que les travailleurs paient le prix des politiques d'austérité, c'est rendre hommage aux 262 victimes. »

Comme le disaient les mineurs : « Siamo tutti neri » : nous sommes tous noirs. Au fond de la mine, il n'y avait ni Belges, ni Italiens, ni Grecs, ni Polonais. Il y avait la seule classe travailleuse.
« C'est dans cette solidarité que résidait leur force, conclut Sofie Merckx. C'est dans cette solidarité que se trouve encore aujourd'hui la nôtre. Nous n'oublions pas. Nous poursuivons leur combat pour la dignité, la solidarité et la justice sociale. Siamo tutti neri. Siamo tutti antifascisti. »