4 fois plus de travailleurs en congé sans solde dans les titres-services : « Les grands patrons abusent pour éviter de payer les travailleuses »

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Les travailleuses du secteur des titres-services sont près de 4 fois plus susceptibles d'être mises en congé sans solde que les autres travailleurs. C’est ce qui ressort des chiffres que la députée PTB Nadia Moscufo a demandé au ministre du Travail au Parlement fédéral.

« Ces chiffres confirment les témoignages qui nous reviennent du terrain, notamment dans les grandes entreprises commerciales de titres-services : lorsqu'un client annule, le patron impose une "absence autorisée", soit un congé sans solde, aux aides ménagères pour ne pas avoir à les payer », explique Nadia Moscufo. Le parti de gauche plaide pour une révision de la procédure relative aux congés sans solde.

Un tiers des aides ménagères qui travaillent dans le secteur des titres-services sont mis en congé sans solde pour une moyenne d'un jour par mois. Dans l’ensemble des autres secteurs, cela concerne moins d'un travailleur sur dix.

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Le témoignage d’une aide-ménagère d’une grande entreprise commerciale illustre cette réalité qui existe depuis un certain temps dans le secteur : « Ça ne date pas d’hier que lorsqu’un bénéficiaire demande de déplacer ou d’annuler notre passage, on nous déclare en congé sans solde sans nous demander notre avis. Évidemment, on nous fait bien comprendre que nous n’avons pas d’autres choix. Résultat : une perte de salaire, alors que je ne gagne que 890 euros par mois et que je n’arrive plus à remplir le réservoir à la fin du mois. »

Nadia Moscufo dénonce cet abus du système de congé sans solde : « Déjà, il y a la perte de revenus, alors que le salaire de la plupart des aides ménagères peine à dépasser le seuil de pauvreté. Ensuite, ces pratiques frauduleuses ne permettent pas à la travailleuse d’acquérir des droits à la sécurité sociale, notamment pour la pension. »

« Ces abus ne peuvent plus durer. Des mesures fortes doivent donc être prises. Avec le PTB, nous plaidons pour une révision de la procédure relative aux congés sans solde afin de s’assurer du consentement de la travailleuse et de la légalité de la démarche. Nous voulons également accroître le rôle des syndicats, renforcer l’inspection sociale et durcir les sanctions en cas d’infractions, avec la possibilité de perdre l’agrément en cas de récidives. Nous interpellerons le ministre. »

« Ces femmes méritent le respect, pas seulement avec des mots, mais avec des actes », conclut la députée.