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Depuis des jours, un scandale de pollution au PFOS dans la commune anversoise de Zwijndrecht fait le tour des médias. Mais c’est quoi le PFOS ? Et quelle est cette multinationale 3M responsable d’une pollution qui nuit à la santé des riverains ? Quelle est la responsabilité politique de Bart De Wever, bourgmestre d’Anvers ? Voici quelques éléments pour comprendre un scandale gigantesque.

1. Depuis 1949, l’industrie capitaliste produit une matière spéciale basée sur l’association du carbone et du fluor. C’est le PFOS.

2. Cette substance est hydrophobe (que l’eau ne mouille pas), lipophobe (qui ne retient pas les graisses) et antitaches, ce qui est très utile pour la fabrication de toutes sortes de biens de consommation, mais aussi par exemple dans la composition de la mousse que les pompiers utilisent pour éteindre les incendies.

3. Petit problème : le PFOS ne se décompose pas dans la nature. Une fois fabriqué, il continue à circuler, même dans notre système digestif.

4. Le PFOS est légèrement magnétique, de sorte que tout SPFO déplacé par le vent, les précipitations, les courants océaniques, etc. se dirige lentement mais sûrement vers le pôle Nord.

5. Le PFOS est extrêmement nuisible pour les gens et l’environnement. Et, en plus, il est cancérigène.

6. Une usine de fabrication de PFOS est implantée à Zwijndrecht, près d’Anvers, depuis 1971. C’est l’une des plus grandes multinationales du monde, 3M, qui l’a installée là. 3M est connue du grand public pour ses Post-it, son papier collant Scotch, ses produits pour le bricolage, etc. mais ce géant est actif dans beaucoup de secteurs.

7. La quasi-totalité de l’hémisphère nord (donc tout ce qui se trouve au-dessus de l’équateur) est susceptible d’entrer en contact avec le PFOS fabriqué à Zwijndrecht.

8. À proximité de l’usine de Zwijndrecht, on a enregistré chez des souris les taux de PFOS les plus élevés jamais mesurés dans un organisme vivant. Dans le monde entier.

9. Depuis le mois de juin, les habitants de Zwijndrecht ne sont plus autorisés à consommer les œufs de leurs propres poules. L’œuf est ainsi devenu le symbole de la pollution dans la commune d’Anvers. La consommation de légumes cultivés sur place est également fortement déconseillée.

10. Or, le gouvernement flamand sait depuis longtemps qu’il y a du PFOS partout dans la région. Ce n’est que maintenant que les travaux de construction d’un tunnel autour d’Anvers sont en cours que cette crasse remonte à la surface, au sens propre comme au figuré.

11 Le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever était également au courant depuis septembre 2017. Pourtant, ces quatre dernières années, il a préféré ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

12. Vous pensez sans doute que cette multinationale polluante n’a qu’à payer pour cela. Mais non : en novembre 2018, avec l’aval du gouvernement flamand, Lantis (l’organisme public qui gère les projets de mobilité autour d’Anvers) a signé un accord avec 3M qui stipule qu’il promet solennellement de ne pas tenir 3M responsable de la pollution au PFOS et que le gouvernement mettra 63 millions d’euros sur la table pour assainir les terrains les plus contaminés. 3M doit pour sa part garantir la construction d’une berme de sécurité d’une valeur de... 75 000 euros. En échange, donc, d’un acquittement complet pour toute la pollution.

13. C’est avec une certaine réticence que la N-VA et ses collaborateurs ont fini par décider de mettre en place une commission d’enquête. Seul le PTB n’a jamais rien eu à voir avec ce scandale. Et devinez qui n’a pas été autorisé à participer à cette commission ? Le PTB a été le seul parti exclu de la commission d’enquête...

14. Grâce à la pression exercée par la base (des milliers de personnes ont envoyé des mails de protestation aux chefs de la N-VA, de l’Open Vld et du CD&V), le PTB a finalement obtenu de pouvoir siéger au sein de la commission d’enquête sur le PFOS. Le chef de groupe PTB, Jos D’Haese, lance donc dès aujourd’hui un appel à témoignage pour relayer ce qui se passe sur le terrain au Parlement flamand.

15. « Au bout de vingt ans, on cherche enfin à savoir jusqu’où les PFOS ont pu se répandre », a réagi Jos D’Haese. « Trois choses sont désormais cruciales : l’enquête doit être indépendante, aller au-delà d’un rayon de 3 km autour de l’usine comme cela est actuellement proposé, et les travailleurs qui travaillent dans le sol pollué doivent être testés. » Et une dernière chose : 3M doit enfin payer la facture de ce carnage qu’elle a laissé derrière elle.

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