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Même en période de sécheresse et de chaleur, chacun doit avoir accès à une quantité suffisante d'eau potable et d'eau pour se rafraîchir, mais aussi se détendre. Le PTB a élaboré un plan en 10 points pour remédier à la mauvaise gestion des 50 dernières années.

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1. Économies d'eau maximales pour les grands consommateurs industriels

Des mesures telles que « faire pipi sous la douche » ne suffiront pas. En Wallonie, 25 % de la consommation d'eau va à l'industrie et à la production d'énergie (eau de refroidissement non comprise). En Flandre, c'est 40 %... Nous nous attaquons donc d'abord aux grands consommateurs industriels. Chacun d'eux doit présenter un plan pour économiser au maximum l'eau.

2. Rendre les réserves d'eau souterraine disponibles pour l'eau potable en priorité

Nous donnons un accès prioritaire aux réserves d'eau souterraine aux entreprises publiques d'eau potable et seulement ensuite, en fonction des disponibilités, aux entreprises privées. L'extraction par l'industrie est strictement contrôlée et taxée. Nous supprimons le tarif dégressif (payer moins au fur et à mesure que la consommation augmente) de l'eau potable pour les gros consommateurs. Cela incitera les entreprises à utiliser l'eau de manière économique.

3. Installer partout des citernes d'eau de pluie via le système de tiers payant

Grâce à un système de tiers payant, nous aidons les familles, les indépendants et les petites entreprises à investir dans une citerne et à utiliser l'eau de pluie pour les toilettes, la machine à laver et le jardin. Le gouvernement avance l'argent et il est remboursé sur la base de ce qui est épargné.

4. Déconnecter les eaux de pluie des égouts, les retenir sur place ou les laisser s'infiltrer dans le sol

Les eaux de pluie doivent être déconnectées du système d'égouts et stockées localement ou infiltrées. Chaque commune doit établir un plan pour les eaux de pluie et prendre en compte l'impact du changement climatique.

5. Rénovation accélérée du réseau d'eau potable

Chaque compagnie d'eau potable doit établir un plan pour rénover plus rapidement son réseau d'eau, avec le soutien du gouvernement. En Flandre, environ 60 millions de mètres cubes d'eau sont perdus chaque année en raison de fuites dans les conduites d'eau.

6. Interdiction de déverser les eaux de pompage dans les égouts sur les chantiers

Lors du pompage de l'eau pour les chantiers de construction (drainage), le refoulement, c'est-à-dire la ré-infiltration de l'eau souterraine pompée dans le sol, devient la norme. Si cela s'avère techniquement impossible, la possibilité de réutiliser l'eau d'une autre manière sera examinée. Les eaux de drainage ne peuvent plus être évacuées par le réseau d'égouts.

7. Utiliser plus efficacement les eaux usées ou les laisser s'infiltrer dans le sol

Dans le cas des stations d'épuration des eaux usées, on cherche à savoir si l'eau épurée peut être réutilisée efficacement ou infiltrée dans le sol.

8. Stop béton : pas de bétonisation supplémentaire

Nous devons arrêter la bétonisation. Plus aucun bétonnage n'est autorisé, à moins qu'une zone soit débétonée ailleurs. Les entreprises, les supermarchés et les centres commerciaux doivent rendre leurs surfaces bétonnées à nouveau perméables d'ici 2030 ou collecter et stocker l'eau pour la réutiliser ou l'infiltrer.

9. Promouvoir l'agriculture agroécologique

Modifier les pratiques agricoles (passage à l'agriculture agroécologique et biologique) de manière à ce que le sol contienne davantage de matières organiques et ait une meilleure perméabilité et quʼil retienne l'eau. Des cultures alternatives, plus tolérantes à la sécheresse, devraient être testées en coopération avec le secteur agricole.

10. Faire plus de place pour l'eau

Toutes les zones naturelles humides doivent être protégées et, dans la mesure du possible, les rivières et les ruisseaux doivent bénéficier de plus d'espace, afin qu'ils puissent déborder lors des crues et que l'eau puisse s'infiltrer. En même temps, il faut leur permettre de faire des méandres pour ralentir lʼécoulement.

 

1 pays = 1 gestion de l’eau

Alors que les intempéries, les nappes phréatiques et les cours d’eau ne s’arrêtent pas aux frontières linguistiques, la gestion de l’eau est aujourd’hui divisée entre les 3 Régions. Cela veut dire que les règles, les prix, les plans et les administrations diffèrent dans chaque Région. C’est absurde et inefficace. La seule loi est que l'eau cherche toujours le chemin le plus direct du haut vers le bas. Dans notre pays, cela signifie que presque tous les ruisseaux et rivières s'écoulent du Sud vers le Nord du pays, et que les plus grandes réserves d’eau sont en Wallonie. La Flandre est notamment dépendante du canal Albert pour son eau potable qui lui-même s’approvisionne dans la Meuse, en Wallonie donc. Et quand la Flandre achète de l’eau en Wallonie, et dans son budget il est indiqué … « achat à l’étranger ». Il est temps que cette folie communautaire cesse et qu’on ait une seule politique de l’eau en Belgique, une politique qui soit sociale et durable.