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Depuis 2012, pour chaque prépensionné en moins, il y a au moins une personne âgée en maladie de longue durée en plus. Et le gouvernement Vivaldi poursuit le démantèlement de la prépension. Le PTB dépose donc un projet de loi visant à rouvrir le droit à la prépension à partir de 58 ans.

Les gouvernements Michel et Di Rupo ont fortement réduit le droit à la prépension. Entre 2012 et 2019, le nombre de prépensionnés a diminué de 57 984 unités. L'objectif était de maintenir les gens au travail plus longtemps et de payer moins de pensions. Mais le problème de la faisabilité pour les travailleurs plus âgés n'a pas été résolu. Au contraire, au cours de la même période, exactement 73 688 malades de longue durée plus âgés (55+) sont venus s’ajouter à la liste. C’est ce que montrent des chiffres demandés par le PTB à l’Onem et à l’Inami.

« Pour chaque prépensionné qui a disparu depuis 2012, au moins un malade de longue durée plus âgé s'est ajouté, dénonce Kim De Witte, spécialiste pensions du PTB. On ne change pas la réalité sociale par la suppression d'un droit social. Les personnes qui sont complètement épuisées, physiquement ou mentalement, par le travail, cherchent à s'en sortir. Les différents secteurs de la sécurité sociale sont des vases communicants. C'est pourquoi il est si important d'investir dans des systèmes qui rendent le travail plus praticable, comme les aménagements de fin de carrière à partir de 55 ans. »

Le gouvernement Michel a relevé l’âge des aménagements fin de carrière à 60 ans au lieu de 55. Les partenaires sociaux peuvent encore prévoir une exception pour les métiers pénibles, les longues carrières et les entreprises en difficulté ou en restructuration (un des points de discussion de l'AIP actuel). Le PTB veut rétablir les aménagements de fin de carrière à partir de 55 ans pour tous les travailleurs et travailleuses. Pour celles et ceux qui sont tout à fait épuisés par le travail, il veut maintenir la prépension à partir de 58 ans. Pour chacun de ces points, le PTB a préparé une proposition de loi.

« Nous ne sommes en effet pas égaux devant la mort, poursuit Nadia Moscufo, députée fédéral PTB. Ceux qui ont eu des "carrières-citrons" sont plus vite épuisés, plus vite malades et décèdent aussi plus tôt. La crise du coronavirus entraîne en plus une hausse des licenciements collectifs. Brussels Airlines, GlaxoSmithKline, Brantano, Ryanair, Bekaert, etc. ont déjà supprimé pas mal d’emplois. La Banque nationale prévoit une perte de 100 000 emplois supplémentaires d’ici l’automne 2021. Alors pourquoi faire travailler encore plus longtemps les travailleurs âgés et malades ?

Le PTB dépose une proposition de loi et soutient les meilleurs arrangements de fin de carrière demandés par les syndicats dans le cadre des négociations de l’AIP. « Chacun a droit à du repos et de la liberté à la fin de sa vie, sans être malade », conclut la députée de gauche.

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