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« Les inégalités sont un choix politique. » Le dernier rapport d'Oxfam consacré aux criantes inégalités mondiales n'y va pas par quatre chemins : les pouvoirs politiques doivent – enfin - prendre leurs responsabilités. Le rapport indique par ailleurs comment ils peuvent agir concrètement: en investissant dans des services publics gratuits et en taxant les super-riches.

Le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser sans que la classe politique s'en émeuve ou tente d'y apporter une solution, ou si peu. C'est le constat amer dressé par Oxfam dans son rapport intitulé « Public Good or Private Wealth » (Services publics ou fortunes privées).

Les chiffres présentés sont pour le moins choquants : les 26 personnes les plus riches du monde possèdent ensemble plus que les 3,8 milliards les plus pauvres. Depuis le début de la crise financière, il y a dix ans, le nombre de milliardaires a presque doublé. Et leur fortune a augmenté de 12 % l'an dernier, ce qui représente 2,5 milliards de dollars par jour. Pour ce qui est de la moitié la plus pauvre de la population mondiale, sa richesse a quant à elle diminué de 11 %.

Ces disparités ont un coût humain gigantesque. Au niveau mondial, ce sont 262 millions d'enfants qui n'ont pas accès à l'enseignement et 10 000 personnes qui meurent chaque jour en raison du manque de soins de santé de qualité.

Pour Oxfam, le choix est simple : une vie digne pour tous ou une richesse extrême pour quelques-uns.

Les services publics donnent une véritable liberté

L'idée centrale du rapport d'Oxfam est que l'investissement dans des services publics gratuits et de qualité est une des meilleures façons de s'attaquer aux problèmes de pauvreté et d'inégalités. Les services publics sont le socle d'une société juste et libre. Ils garantissent à chacun l'accès à l'enseignement, aux soins de santé, à l'eau, à la retraite, aux crèches, à la sécurité sociale...

Les autorités ont le devoir de décider des montants à investir dans ces services publics. Elles ont donc directement la possibilité de réduire les inégalités. Oxfam observe cependant une baisse continue de ces investissements, baisse justifiée par un soi-disant manque de moyens. Oxfam appelle les autorités à mettre un terme à la privatisation des services publics et à relancer les investissements.

Prendre l'argent là où il est

Manque de moyens ? À cette question, également, Oxfam apporte une réponse claire : introduire un impôt mondial sur la fortune. Un impôt de 0,5 % sur la fortune des 1 % les plus riches dégagerait des recettes suffisantes pour financer l'enseignement des 262 millions d'enfants qui n'y ont pas accès aujourd'hui. Ou, encore, pour sauver 3,3 millions de vies en finançant des soins de santé de qualité.

Les super‑riches dissimulent pas moins de 7 600 milliards de dollars aux autorités fiscales. Les pays en voie de développement perdent via ce procédé 170 milliards de dollars de recette chaque année. La fortune des super‑riches augmente sensiblement tous les ans, mais est de moins en moins imposée. Aux États‑Unis, par exemple, le taux d'imposition était de 70 % pour les plus gros revenus dans les années 1980. Aujourd'hui, le taux le plus élevé n'est plus que de 37 %.

Oxfam appelle donc à une plus juste imposition du patrimoine et des revenus ainsi qu'à la fin de l'évasion fiscale par les grandes entreprises et les super‑riches.

Le fossé entre hommes et femmes

Le rapport s'intéresse également de près aux conséquences négatives des inégalités pour les femmes. Il apparaît en effet que les inégalités contribuent à creuser le fossé entre les sexes : or, les inégalités de genre ne relèvent pas du simple hasard. Les lois économiques sont rédigées par des hommes puissants qui défendent avant tout leur position de privilégiés, et le modèle néolibéral n'a fait qu'accentuer cette tendance. Les coupes dans les services publics, la diminution de la fiscalité pour les riches et les attaques perpétuelles contre les salaires touchent plus durement les femmes. Oxfam souligne donc l'importance d'investir dans des services publics permettant aux femmes de se libérer des innombrables heures non rémunérées passées à prodiguer des soins ou à s'occuper des tâches ménagères.

Oxfam lance aussi un avertissement : les inégalités empoisonnent la politique. En effet, on assiste à un recul des droits démocratiques dans le monde entier. L'écart entre riches et pauvres nourrit les tendances autoritaires. Au lieu de chercher à combler ce fossé, certains dirigeants préfèrent stigmatiser les migrants, les autres groupes ethniques, les autres pays, les femmes ou les personnes en situation de précarité.

Taxons les millionnaires

Êtes-vous pas scandalisé par le fait que les millionnaires et les milliardaires continuent à s'enrichir alors que nous sommes si nombreux à rencontrer des difficultés pour joindre les deux bouts ?

Vous aussi vous pensez qu'il est grand temps que les riches paient leur juste contribution à la société ?

N'hésitez plus : signez la pétition du PTB en faveur de la Taxe des millionnaires !

 


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