Photo Solidaire, Bruno Bauwens

Suite à la décision du Conseil d'État, Nabil Boukili et Sofie Merckx, députés du parti de gauche, ont demandé une réunion extraordinaire des commissions de l’Intérieur et de la Santé. Les ministres Annelies Verlinden (CD&V), Frank Vandenbroucke (Vooruit), ainsi que le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) doivent venir s’expliquer au Parlement à la suite de leur échec lors du dernier Codeco.

La fermeture des lieux culturels, décidée lors du dernier Codeco, a suscité une grande contestation. 10 000 personnes ont manifesté dimanche au Mont des arts à Bruxelles pour le retrait de la mesure. Un mouvement de désobéissance civile et des actions en Justice ont été lancés tant cette décision des partis traditionnels était infondée. Malgré ces protestations du secteur culturel, de la société civile et de plusieurs experts, le gouvernement a fait la sourde oreille mardi lors de l’entrevue avec des membres du secteur. C’est finalement le Conseil d’État qui tranchera avec la suspension de la mesure. Dans la foulée, le gouvernement a finalement décidé de renoncer aux autres fermetures pour revenir au système de « jauge » de 200 personnes pour les théâtres et les cinémas. « La décision du Conseil d’État est une véritable claque pour le mode de gestion qui consiste à donner un pouvoir arbitraire au gouvernement », selon les deux députés du PTB.

« Dans sa décision, le Conseil d'État confirme ce que nous disions, selon Sofie Merckx. La décision de fermer la culture est le résultat d’un marchandage politique au sein du Codeco. Le Conseil d'État constate que le gouvernement n’apporte aucune preuve que cette fermeture est nécessaire et il l’a donc suspendue. » Plus globalement, la députée du PTB et médecin généraliste remet en cause l’ensemble de la gestion de la pandémie : « Revenir aux décisions du 5 décembre, est-ce bien adapté à la situation actuelle ? Le secteur est demandeur de faire sauter la jauge de 200 personnes par exemple. Comment pouvons-nous nous assurer d’une gestion cohérente et de prise de mesures proportionnelles à l’avenir suite à cet échec flagrant ? »

Nabil Boukili, membre de la commission Intérieur, ajoute : « La loi pandémie, sur base de laquelle cette décision de fermeture a été prise, prévoit que les mesures doivent être nécessaires, adéquates et proportionnées. Mais dans les faits, l’appréciation de ces critères est laissée au seul gouvernement, sans aucun débat au Parlement ni avec les secteurs concernés. Il a donc fallu que la fermeture soit décidée puis contestée devant le Conseil d'État par les acteurs de la culture pour qu’elle puisse être suspendue… On aurait pu éviter cette situation en écoutant directement les acteurs de la culture. Lors des débats sur la loi pandémie, nous avions pourtant déjà dénoncé ce système qui n’implique ni le Parlement, ni la société civile, ni les personnes qui auront à appliquer et à subir les mesures. Nous avons refusé de donner toutes les clés au gouvernement et avons voté contre cette loi. La situation actuelle démontre l’échec de ce mode de gestion où un gouvernement décide de tout sans écouter personne et où sa décision n'est pas soumise au vote. »

Pour les députés du parti de gauche, la majorité fédérale doit tirer toutes les conclusions politiques de cette séquence. « Le gouvernement a démontré que son mode de décision par arrêtés royaux dans le cadre de la loi pandémie n’est ni démocratique, ni à la hauteur de la situation. De nouvelles consultations politiques auront lieu la semaine prochaine, nous exigeons que le Parlement ait son mot à dire dans les prises de décision », conclut Nabil Boukili.