Île de Lesbos, Grèce. (Photo Jim Black, Pixabay)

Ces derniers jours, des images horribles d’êtres humains agressés, laissés pour mort, repoussés par les autorités grecques après avoir fui leur pays, font le tour des médias. Le rôle de l’Union européenne est, lui, moins visible, mais tout aussi révoltant.

Lundi, au large de l’île grecque de Lesbos, un petit garçon est mort noyé. Il essayait de rejoindre l’Europe, pour fuir les guerres qui ravagent son pays. Faute de voies légales pour rejoindre l’Europe, il essayait de rejoindre l’Europe par la mer, dans un petit bateau.

Des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent comment, en pleine mer, des garde-côtes grecs repoussent les réfugiés de manière violente. On y voit comment les garde-côtes s’approchent des petits bateaux gonflables pour frapper les réfugiés, ou même pour tirer à balles réelles dans leur direction. C’est une violation flagrante des conventions internationales et des droits humains.

La Grèce, « bouclier » de l’Europe, selon l’extrême droite… et l’Union européenne

L’Union européenne, elle, a cautionné la violence à l’égard des réfugiés. Les présidents de l’Union européenne se sont rendus en Grèce. Il s’agissait de Charles Michel, président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et David Sassoli, président du Parlement européen. Après une photo avec les forces de l’ordre, ils ont soutenu cette violation élémentaire du droit à l’asile avec une rhétorique de guerre. La Grèce serait le « bouclier » de l’Europe, a déclaré la présidente de la Commission européenne. Von der Leyen a ainsi repris des éléments de langage de l’extrême-droite, faisant comme si des réfugiés fuyant la guerre étaient en fait une armée sanguinaire prête à déferler sur l’Europe. Ainsi, elle encourage aussi les milices d’extrême-droite qui, dans les rues du village grec de Moria, attaquent violemment étrangers et activistes de gauche.

S’attaquer aux causes

Les réfugiés sont victimes d’un jeu cynique, coincés entre le président turc Erdogan, qui utilise les réfugiés comme moyen de négociation, et l’Union européenne. L’Union européenne qui refuse d’accueillir et de répartir de manière solidaire les réfugiés venant de Syrie. Elle bafoue le droit de base de tout humain à l’asile. Elle laisse la Grèce et la Bulgarie seules au niveau de l’accueil. Tandis qu’elle sait pertinemment qu’un accueil digne requiert une approche européenne. Pire, elle paie la Turquie pour bloquer les réfugiés. Tout ça pour ne pas accueillir des gens en détresse. Pourtant les réfugiés fuient des pays et des régions qui ont été ravagés par des interventions des États-Unis, des pays européens ou de leurs alliés. Des troupes occidentales sont toujours présentes en Irak, en Syrie, en Libye, et en Afghanistan. Les mêmes partis traditionnels qui ont voté pour l’occupation et le bombardement de ces pays, veulent aujourd’hui tirer sur celles et de ceux qui fuient le chaos. L’hypocrisie est criante. Ils déstabilisent un pays et, ensuite refusent d’accueillir les réfugiés fuyant le chaos. Ils volent les ressources de ces pays pour leurs multinationales, mais tirent à balles réelles sur les réfugiés. Ils orchestrent des coups d’État et soutiennent la dictature saoudienne, mais suspendent le droit à l’asile. Les gouvernements européens, de droite et de gauche, sèment le chaos et ferment leurs yeux sur les conséquences. Pour offrir une réelle solution aux réfugiés, il faut un plan européen qui respecte le droit d’asile, mais aussi et surtout s’en prendre enfin aux causes qui poussent les gens à devoir fuir chez eux.


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  • Marc Botenga
    a publié cette page dans Actualités 2020-03-05 14:44:50 +0100

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