Photo Belga.

Aujourd’hui, le parlement fédéral a décidé de ne pas débattre de la suppression des indemnités de sortie. Les partis traditionnels et le Vlaams Belang ont voté ensemble pour que la proposition de loi du PTB soit supprimée de l’ordre du jour. Le groupe Ecolo/Groen s’est abstenu. Cette décision a été prise à huis clos. « Qui a peur du débat sur la suppression des indemnités de sortie des parlementaires ?, réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Ce n’est pas un aspect technique qui est à l’origine de cette décision, non, c’est un manque de volonté politique. Presque tous les partis préfèrent taire cette discussion. »

La proposition du PTB avait été couplée avec celle de Patrick Dewael (Open Vld), qui plafonne le cumul financier des indemnités de départ. Contrairement au salaire parlementaire, il est permis de cumuler une indemnité de sortie avec d’autres revenus, de façon illimitée. Par conséquent, certains bourgmestres voient leurs revenus augmenter au terme de leur mandat à la Chambre. La proposition de Patrick Dewael vise à plafonner le montant cumulé à 150 % du salaire parlementaire. « Le vrai débat à mener, c’est celui de savoir si oui ou non des bourgmestres et échevins doivent recevoir une indemnité de sortie en plus de leur salaire, souligne Raoul Hedebouw. Mais ce débat est balayé. Un cumul pareil n’a rien d’une protection contre le chômage. Ce qu’il faut faire, ce n’est pas seulement plafonner ce cumul à 150 %, mais le supprimer purement et simplement pour les députés qui ont un autre emploi. Nous proposons de normaliser le statut des parlementaires, qu’ils cotisent à la sécurité sociale, et qu’ils puissent demander des allocations de chômage, du moins s’ils n’ont effectivement pas de travail. »

Pour le PTB, il n’est plus possible de justifier ce système d’indemnités de départ en le présentant comme une protection au chômage. « Cela ne colle pas à la réalité, poursuit Raoul Hedebouw. La plupart des députés ont un réseau de contacts, une expertise, une expérience, dont beaucoup osent à peine rêver. C’est la réalité aujourd’hui. Il ne faut pas se leurrer : la plupart retrouvent très vite du travail au terme de leur mandat. Parmi les anciens députés, seule une minorité n’a pas encore retrouvé d’emploi. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 75 ex-parlementaires, au moins 68 ont soit pris leur retraite, soit retrouvé du travail depuis lors.


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