Pensions : les sombres prophètes du « coût du vieillissement » sont de sortie, mais gare aux chiffres

Photo Solidaire, Isabeau Fronville

Comme le veut la tradition, le Comité d’étude sur le vieillissement publie son rapport annuel au début du mois de juillet. Les sombres prophètes du vieillissement s’en frottent les mains. On ne compte plus les milliards qui semblent filer vers nos aînés. Et si le débat était faussé ? Analyse par notre spécialiste pensions, Kim De Witte.

« Si le gouvernement devait payer la facture aujourd'hui, cela représenterait 25 milliards supplémentaires », écrit De Tijd. Un constat qui ne tient pas la route. Le journal boursier compare le coût entre aujourd’hui et dans 30 ans en chiffres absolus. De telles comparaisons donnent une image totalement déformée, car l'inflation et l’évolution de la croissance de la prospérité sont complètement balayées. Un étudiant en première année d'économie serait en échec pour moins que ça.

Oui, le coût de notre sécurité sociale augmente. En 2021, nous avons redistribué 27,7 % de notre PIB - c'est-à-dire la richesse que nous produisons tous ensemble, année après année - par le biais de la sécurité sociale. En 2050, ce chiffre serait de 30,1 %. C'est 2,4 % de PIB en plus. Sur 30 ans. Moins de 0,1 % par an, moins de 500 millions d'euros par an, donc. C'est un chiffre très différent.

500 millions d'euros, ce n'est qu’une fraction du cadeau que le gouvernement précédent a fait aux gros actionnaires avec son « tax shift » : une réduction des cotisations sociales pour notre sécurité sociale de plus de 3 milliards d'euros, année après année.

Nous avons les pensions les plus basses d'Europe occidentale et même celles-ci seraient impayables ? À d’autres ! En 2050, nous consacrerions 13,9 % de notre PIB aux pensions. Des pays comme le Danemark, l'Autriche et la France le font déjà aujourd'hui. Les pensions resteront parfaitement payables si nous répartissons les richesses un peu plus équitablement.

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