Maria Vindevoghel, députée fédérale PTB (Photo Chambre)

La ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a proposé de mettre en place un péage urbain à Bruxelles. « Une mesure anti-sociale, réagit la députée fédérale PTB Maria Vindevoghel. La facture pourrait grimper au-delà de 1 000€ par an pour certains travailleurs. C’est inacceptable. Il y a quelques mois, on applaudissait les héros qui ont fait tourner la société pendant la crise et, aujourd’hui, le gouvernement bruxellois veut leur faire payer la facture avec ce projet. »

La députée de gauche souligne que, pour beaucoup de personne, il n’existe aucune alternatives viables en termes de transport en commun. « Pire : le nouveau ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) envisage même d’augmenter les tarifs de la SNCB aux heures de pointe. Évidemment, les ministres ne ressentiront pas cette taxe, avec leurs voitures de fonction et leurs salaires à 10 000 euros par mois. Mais pour beaucoup de travailleurs, c’est un coup de massue. » Le PTB appelle à investir plutôt dans des transports en commun plus performants et moins chers pour faire évoluer le comportement de la population.

« Où sont les parkings gratuits près des gares d'où partent les navetteurs ?, s’interroge Maria Vindevoghel. Où en est le RER ? Après 20 ans de saga, ce projet est toujours en chantier. » La députée rappelle que la qualité des transports en commun laisse aussi à désirer : «Il suffit d'écouter les plaintes des usagers sur le nombre de trains supprimés pour réaliser qu’il y a un vrai soucis. » En 2019, une étude de la VUB et de l'ULB pointait le manque de transports en commun vers les communes situées en périphérie de Bruxelles, comme Grimbergen, par exemple. Cela semble plus facile, pour les partis de la majorité, de s’entendre sur une nouvelle taxe qui va rapporter un demi milliard que d’avancer sur ces problèmes. »

Maria Vindevoghel dénonce : « Ce péage urbain, doublé d'une taxe kilométrique, va impacter tous ces travailleurs qui doivent se rendre à Bruxelles en voiture, faute d’alternative. Prenons, par exemple, le cas d’une infirmière, mère célibataire, qui habite Grimbergen et travaille à l’hôpital à Delta. Elle a besoin de sa voiture, vu ses horaires changeants et compte tenu des enfants. Avec sa Golf de 8 CV, elle fait 18 km aller-retour par jour. Sur 200 jours, elle va devoir payer 848€. Et, comme elle habite en Flandre, sa taxe de circulation ne sera pas exonérée. C’est énorme et ce n’est pas acceptable. »

Le PTB pointe également le fait que l’accord de gouvernement prévoit la possibilité d’augmenter les tarifs de la SNCB en heure de pointe via des tarifs variables. « Si on veut vraiment changer les comportements, il faut des solutions collectives, de réelles alternatives via des transports en communs développés, performants et accessibles financièrement, pas des taxes anti-sociales », conclut l’élue de gauche.

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