Roberto D'Amico, député fédéral du PTB. (Photo Solidaire, Stefaan Van Parys)

Les dirigeants des multinationales gagnent en quelques jours autant qu’un salarié moyen en une année. Le PTB dénonce chaque année ces inégalités salariales et veut faire la transparence sur les écarts salariaux dans notre pays. Le parti de gauche sort donc une proposition de loi obligeant les grandes entreprises à rendre public l’écart salarial qui existe chez elles. « Les grandes entreprises devront publier chaque année dans leur rapport de rémunération différents ratios sur les écarts salariaux présents en leur sein et apporter une justification à ceux-ci », explique Roberto D’Amico, député PTB à la Chambre.

Pour rappel, le PTB avait calculé que le 9 janvier 2020 marquait le jour où les CEO des entreprises du BEL20 avaient déjà gagné autant d’argent qu'un salarié moyen en une année, soit après seulement six jours de travail. « Cela en dit long sur les inégalités salariales dans notre pays, réagit Roberto D’Amico, député PTB à la Chambre. Alors que de nombreux travailleurs et travailleuses peinent à finir le mois, les CEO sabrent le champagne et se gavent de salaires, bonus et dividendes. Entre 2014 et 2018, l’écart entre les salaires des CEO des entreprises du BEL20 et ceux des travailleurs et travailleuses s’est creusé. Durant cette période, les salaires de ces CEO ont augmenté de 16 %, alors que ceux des travailleurs et travailleuses n’ont augmenté en que de 5,5 %. »

Lors de la présentation de son étude annuelle, le PTB lançait sa proposition de rendre public l’écart salarial qui existe au sein des grandes entreprises, comme cela se fait aux Pays-Bas. « Aujourd’hui, la commission Économie de la Chambre discute d’une proposition de loi visant à transposer une directive européenne de 2017 qui va dans ce sens, poursuit Roberto D’Amico. Mais les dispositions de cette directive restent beaucoup trop vagues et ne vont pas permettre une réelle transparence. C’est pourquoi nous déposons notre proposition, sous forme d’amendement, qui contient des obligations beaucoup plus précises sur le type d’informations qu’une entreprise devrait publier dans leur rapport de rémunération annuel. »

Dans sa proposition, le parti de gauche impose aux sociétés cotées en Bourse de publier une large palette de ratios (tels que l’écart entre la rémunération la plus basse et la plus haute au sein d’une entreprise, les écarts de rémunération entre les dirigeants et les salariés ou encore les écarts de rémunération sur base de déciles et de quartiles), permettant d’avoir une meilleure vue sur les écarts salariaux en Belgique et une meilleure comparaison avec les pays étrangers.

« Sur base de ces informations, on peut mener le débat sur les inégalités salariales concrètement, à travers une vue objective et chiffrée de la situation, conclut Roberto D’Amico. Au sein des grandes entreprises, mais aussi au sein de la société. Et ce débat est celui du respect qui est dû à celles et ceux qui créent la richesse, qui travaillent tous les jours. Ils et elles reçoivent une part toujours plus petite du fruit de leur travail, alors qu’une part de plus en plus grande est engloutie par les top-managers et les actionnaires. Ce n’est plus tenable. »


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