ManiFiesta met chaque année en avant la solidarité internationale. L'édition de 2019 accueillait entre autres Dilma Rousseff, ex-présidente du Brésil, Nora Garcia Nievez (Izquierda Unida) et Adriana Alvarez (Fight for $15). Photo : Solidaire.

Le PTB a de plus en plus d'impact, tant dans les mouvements de lutte qu'aux élections. Et cela n'a pas échappé aux observateurs étrangers. En témoignent les interviews dans les médias étrangers et les conférences hors de nos frontières données ces derniers mois par, entre autres, le président du PTB Peter Mertens, le vice-président David Pestieau, le porte-parole Raoul Hedebouw et le député européen Marc Botenga. Le magazine américain Jacobin écrit : « Ces dernières années, le PTB s'est de plus en plus affirmé comme une des forces les plus dynamiques de la gauche européenne. Les élections du 26 mai 2019 n'ont fait que le confirmer. »

Le PTB et l'internationalisme sont allés de pair dès la création du parti. Avec, par exemple, le soutien aux mouvements de libération nationale au Vietnam, en Afrique, en Palestine et en Amérique centrale. Ou par des visites à des occupations d'usine en France et aux mineurs britanniques en grève.

Où en est aujourd'hui cet esprit d'internationalisme au PTB ? Nous voulons nous investir encore davantage dans celui-ci. En effet, à l'époque que nous vivons, développer l'échange et la collaboration au plan européen et international est une évidence et même une nécessité. Pour en donner une idée plus concrète, ces dix-huit derniers mois présentent un bel échantillon de l'action internationale du PTB :

  • ManiFiesta est une fête de solidarité internationale, qui invite des personnalités et artistes étrangers marquants, comme l'ancienne présidente du Brésil Dilma Rousseff ou la Congolaise Juliana Lumumba, comme Goran Bregovic ou Lowkey. Le PTB est également à chaque fois présent avec des intervenants et des stands aux « ManiFiestas » qui se tiennent dans d'autres pays européens : aux festivals de L’Humanité (France), d'Avante (Portugal), de Unsere Zeit (Allemagne) et du Parti communiste d'Espagne.
  • Marc Botenga, le député du PTB au Parlement européen, siège dans le large groupe de gauche GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique). Celui-ci compte 41 membres, répartis en 19 délégations de 13 pays. Les partis au sein de ce groupe sont souvent très différents, mais ils débattent, échangent et travaillent beaucoup ensemble, tant au sein qu'à l'extérieur du Parlement.
  • Une trentaine d'étudiants de Comac (le mouvement étudiant du PTB) se sont rendus en Allemagne pour participer aux actions de protestation d'Ende Gelände contre le projet d'extension des mines de houille brune. Et les jeunes de RedFox (le mouvement de jeunesse du PTB) ont invité des activistes du climat d'Allemagne, de France et des Pays-pour pour un événement de deux jours sur le climat.
  • À Bruxelles et à Anvers, nous avons reçu des sections locales du parti norvégien Red et du Parti de gauche suédois. Celles-ci voulaient voir la manière dont nous travaillons avec les dockers à Anvers, échanger des idées en matière de lutte contre le racisme, en savoir plus sur Médecine pour le Peuple et l'aide médicale aux personnes sans papiers et témoigner de la façon dont elles travaillent dans les conseils communaux.
  • Jos D’Haese, le tout nouveau chef de groupe au Parlement flamand, s'est rendu en septembre à Lisbonne pour participer à une conférence sur la lutte pour le climat, avec des partis de gauche du Portugal, de Chypre et d'Irlande.
  • Raoul Hedebouw est allé débattre sur le marxisme et le populisme à l'Université d'été de La France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, et a été orateur invité à la récente journée de groupe du SP néerlandais.
  • Ces trois dernières années, un Forum européen des partis de gauche, verts et progressistes, mouvements et activistes s'est tenu successivement à Marseille, Bilbao et Bruxelles. Des représentants du PTB ont participé à plusieurs assemblées et ateliers sur la lutte des femmes, celle pour le climat ou celle des travailleurs. D'excellents contacts se sont ainsi noués.
  • L'an dernier, à ManiFiesta, Peter Mertens et les milliers de personnes du public ont envoyé un message collectif de solidarité en vidéo à la jeune activiste palestinienne Ahed Tamimi. La vidéo était diffusée en temps réel à Ramallah via les réseaux sociaux.
  • Le député fédéral PTB Marco Van Hees a enregistré une vidéo de solidarité contre le blocus des États-Unis envers Cuba, le jour où les Nations unies ont massivement voté contre ce blocus.
  • Nous avons également une page internet internationale et une newsletter mensuelle en français, anglais, allemand et espagnol : international.ptb-pvda.be.

Marc Botenga, le député du PTB au Parlement européen, siège dans le large groupe de gauche GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique).

Pourquoi le PTB est-il actif au plan international ?

Quels sont les principes, les lignes directrices de notre activité internationale ? Et quels sont les contacts étrangers du PTB ?
Dans un contexte mondial où les défis à grande échelle sont énormes – la guerre, Trump, l'augmentation de l'inégalité sociale, le réchauffement climatique, la toute-puissance des multinationales et des banques, le démantèlement des acquis démocratiques en sociaux, les flux de réfugiés,... – il est logique et nécessaire de situer nos analyses et nos actions dans une perspective internationale, de partager et mettre en œuvre notre volonté de changer la société avec d'autres en Europe et dans le monde.

Raoul Hedebouw, Charlotte Balavoine (PCF) et Laurent Brun (CGT) lors de la conférence organisée à Bruxelles Le 15 mai 2018 par le PTB et le Parti communiste français (PCF) sur le thème : « La lutte des cheminots en France, un enjeu pour toute l'Europe ».

Les grandes multinationales, les groupes de capitaux et banques, les gouvernements, institutions et partis du « 1% », les multimillionnaires, sont en grande mesure actifs à l'échelle européenne ou mondiale. Il suffit de penser au FMI et à la Banque mondiale, au Forum économique mondial de Davos ou à BusinessEurope, au G7 ou aux internationales des partis politiques classiques ; sans oublier l'Otan, la machine de guerre multilatérale occidentale sous la direction des États-Unis dont le quartier général politique et militaire est en Belgique. Ceux-ci s'allient au plan mondial contre « les 99% » – ou se combattent pour la part la plus grande et la meilleure du gâteau.

Dès le moment où le marxisme a pris son essor dans le mouvement ouvrier, l'internationalisme y a occupé une place importante. Aujourd'hui, n'est-il pas grand temps que les organisations sociales et politiques de la large classe des travailleurs s'unissent davantage avec détermination et ambition ? Pour apprendre les uns des autres, pour formuler des revendications communes, pour mettre sur pied des actions communes – bref pour, ensemble, être plus forts.

Que veut atteindre le PTB au plan international ?

Le PTB veut apporter sa pierre par des initiatives pratiques et des propositions, avec les syndicats et mouvements sociaux, les mouvements pour la paix et pour le climat, qui chacun à leur manière œuvrent à un monde meilleur. Tout comme, en 1984, nous avons effectué des collectes de soutien pour les mineurs britanniques en grève contre la fermeture des mines par Thatcher, et plus récemment pour le peuple grec frappé par les plans d'austérité de la Troïka et pour les cheminots français de la CGT contre la vague de privatisations. Tout comme, dès 1990, nous avons organisé des manifestations, des voyages de solidarité, des collectes de fonds et des actions de protestation contre les guerres et interventions successives au Moyen-Orient, avec comme pics les guerres d'Irak de 1991 et 2003. Tout comme, depuis de nombreuses années, nous développons une solidarité active avec la Palestine, avec Cuba, avec les syndicalistes philippins et colombiens. Dans ce sens, bien plus est possible et nécessaire. Les grèves chez Ryanair, Amazon et Uber se déroulent au plan européen. Les attaques sur les pensions ou dans le secteur des soins dans toute l'Union européenne demandent également une réaction européenne. La détérioration du climat exige par définition une réponse mondiale, tout comme l'ambition de débarrasser le monde de toutes les armes nucléaires – et ajoutons-y toutes les bases militaires étrangères.

L'an dernier, à ManiFiesta, Peter Mertens et les milliers de personnes du public ont envoyé un message collectif de solidarité en vidéo à la jeune activiste palestinienne Ahed Tamimi. La vidéo était diffusée en temps réel à Ramallah via les réseaux sociaux.

Nous voulons contribuer à rassembler de partout les meilleures expériences de lutte, de campagnes, d'actions, d'analyses, d'organisation et de communication. Nous voulons apprendre et apporter nous-mêmes notre (modeste) contribution via l'échange et la collaboration avec d'autres partis de la gauche conséquente. Au niveau européen et au niveau mondial. Avec partenaires de longue date, mais aussi dans le renouveau et l'élargissement. Avec une diversité de partis marxistes, de mouvements populaires, de syndicats, d'alliances de gauche et de mouvements.

Qui sont les partenaires internationaux du PTB ?

L'internationalisme de la solidarité est dans notre ADN. Le PTB fait partie du mouvement marxiste international, avec sa riche histoire – et tous les hauts et les bas que celle-ci comporte. Le PTB participe à un large éventail de festivals internationaux, congrès, forums, conférences et séminaires sur de nombreux sujets. Dans le large groupe de gauche au Parlement européen, le GUE/NGL, ou via l'échange d'expériences concrètes de lutte avec les syndicalistes de Die Linke et du DKP (Allemagne), avec les femmes de Izquierda Unida, le syndicat de gauche CCOO et le mouvement des femmes espagnoles, avec les avocats de l'AKEL (Chypre), avec les cadres du PCP (Portugal).

Il est très révélateur de regarder le monde à travers les lunettes des organisations progressistes, des partis de la gauche radicale et des mouvements du Sud de la planète. D'écouter les ouvrières et ouvriers du textile du Bangladesh ou les paysans des Philippines, de discuter avec des activistes de toute l'Amérique latine, d'observer comment le Parti communiste sud-africain se situe par rapport au gouvernement de l'ANC : de la sorte, nous évitons de nous enliser dans un regard nombriliste belge ou européen. En effet, la situation chez nous s'inscrit dans un bien plus large système mondial d'exploitation et d'oppression. Et partout dans le monde naissent des germes de résistance, des alternatives s'épanouissent et la solidarité vit. C'est pourquoi nous participons au Forum de Sao Paulo en Amérique latine, aux congrès et conférences de partis et mouvements dans tous les continents, à la Réunion internationale des partis communistes et ouvriers, à un séminaire sur les 200 ans de Marx, à une conférence sur le Brexit et la frontière irlandaise à Derry ou au Meeting anti-impérialiste de solidarité pour la démocratie et contre le néolibéralisme à La Havane.

Certes, il peut arriver que, dans un tel nombre d'initiatives internationales, nous soyons amenés à côtoyer des partis avec lesquels nous sommes fondamentalement en désaccord ou même avec lesquels nous n'avons rien en commun. Mais le fait que, par exemple, le Parti des travailleurs de Corée soit invité à un événement où nous sommes également présents ne change rien à notre principe de base qui veut que nous n'avons absolument rien à voir avec ce parti ni avec le régime nord-coréen. Et le fait que, par exemple, Syriza siège également dans le groupe de gauche GUE/NGL du Parlement européen ne change en rien notre critique fondamentale de la politique d'austérité que le gouvernement Tsipras impose à la population grecque. Contrairement à l'ancienne « Internationale » communiste, aucun de ces forums internationaux ne lie les partis participants à quoi que ce soit. Tout parti présent conserve son entière autonomie. Et c'est fondamental pour nous.

Pas de copié/collé, mais un #PTBstyle

Nous vivons dans un monde complexe et en mutation. Et le mouvement marxiste et ouvrier dans le monde est lui aussi en évolution constante. Les rapports de force changent, les points de vue sont adaptés, les analyses en noir et blanc sont dépassées. Dans nos contacts internationaux, nous rencontrons une grande diversité de points de vue. Et les avis sont donc eux aussi divers : sur l'euro et sur l'UE, sur le climat, la migration et le féminisme, sur la classe ouvrière et sur le nationalisme, etc. Il est donc fondamental pour nous d'écouter, d'apprendre, d'échanger et de dialoguer dans les rencontres internationales. Mais nous apportons aussi notre propre vision, nos expériences, approches et points de vue, et nous espérons que d'autres en retirent également des choses.

Prenez par exemple ce grand projet d'émancipation qui s'appelle le socialisme. Nous ne voulons pas d'un copié/collé de qui, quoi, où et quand que ce soit. Nous estimons les réalisations sociales du socialisme du 20e siècle à leur juste valeur, mais nous ne sommes pas aveugles aux graves fautes qui ont été commises. Lors de notre Congrès de la solidarité de 2015, il a par exemple été souligné : « On ne peut pas passer à côté des réalisations de l'Union soviétique en ce qui concerne l'enseignement, la santé, les sciences et la culture, ni à côté de son rôle déterminant dans la défaite de l'Allemagne nazie. Mais il est clair qu'il existait d'importants problèmes, non seulement de bureaucratie mais également d'abus de pouvoir, de stagnation économique et d'intervention criminelle à l'égard d'opposants véritables ou présumés au régime. » Pour le socialisme du 21e siècle, nous abandonnons les modèles internationaux , un socialisme de recettes toutes faites derrière nous. Une grande partie du livre du Congrès de la solidarité est consacré à la manière de donner un contenu contemporain et créatif au socialisme, le Socialisme 2.0.

Ou prenez notre vision de l'Union européenne et du continent européen comme terrain de lutte pour arriver à une nouvelle société socialiste. Cela donne des discussions vives et passionnantes, tant avec les partis de gauche qui pensent pouvoir réformer l'UE de l'intérieur pour que celle-ci soit plus sociale qu'avec ceux qui veulent une sortie de l'UE et supprimer l'euro pour en revenir à la drachme, la lire ou la peseta.

Dans un esprit d'ouverture, de modestie et de respect mutuel, nous voulons aussi apprendre de l'apport des autres délégations aux réunions internationales et rencontres bilatérales, de leurs expériences, de leur pratique. Avec des partis et des mouvements qui œuvrent à un même but – un autre monde, un changement de société –, l'échange et la collaboration ne peuvent être qu'enrichissants pour le PTB. Avec davantage de partage de points de vue, une plus grande force et une mobilisation plus large, européenne et mondiale, nous espérons pouvoir mieux répondre aux nombreux défis d'aujourd'hui et de demain.


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