Photo Belga.

Alors qu’un foyer a été détecté à la prison de Nivelles et que celle-ci est à présent confinée, le PTB demande d’entendre au plus vite le nouveau ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne. Le parti de gauche demande également que des mesures soient prises pour protéger la santé des agents et des détenus. « Les syndicats tirent la sonnette d’alarme depuis des semaines suite aux mesures d’assouplissements dans les prisons, mais les autorités refusent d’écouter. Les agents et les détenus en paient aujourd’hui les conséquences. Le ministre doit prendre des mesures au plus vite », déclare Nabil Boukili, député PTB.

Le détenu qui semble être à la base des contaminations travaillait dans les cuisines de la prison. Il aurait contaminé trois autres prisonniers qui y travaillent également. C’est à partir de là que l’épidémie se serait propagée dans la prison. Il y aurait au moins huit autres personnes contaminées, et on attend encore que l’ensemble des détenus et du personnel soit testé. Le détenu en question n’avait apparemment pas de symptôme et a été testé par hasard, dans le cadre d’un transfert. Une hypothèse est qu’il ait lui-même été contaminé lors d’une visite qu’il a reçue la semaine passée. Une visite qui a eu lieu dans le cadre assoupli (sans masque et sans mesure de protection) imposé par les autorités depuis la mi-septembre. En attendant, la prison de Nivelles a été mise en confinement et toutes les activités des détenus ont été suspendues (visites, promenades, travail dans les ateliers).

Le PTB avait déjà demandé ce mercredi d’entendre le ministre de la Justice en commission sur ce sujet, mais sans succès. « Vu ce qui se passe à Nivelles, il ne peut plus éviter le débat, estime Nabil Boukili. Nous voulons rapidement l’entendre, ainsi que les autorités pénitentiaires, pour faire toute la lumière sur les faits. Depuis le début, les syndicats ont contesté l’assouplissement des visites, estimant que cela mettait en danger tant le personnel que les détenus. Ils ont prévenu du danger que le virus circule dans des prisons surpeuplées. Ils ont dit qu’ils craignaient que cela mène à la suspension de toutes les activités pour les détenus. Ils ont demandé des mesures de prévention et de protection supplémentaires, notamment des tests et des mises en quarantaine. Mais les autorités n’ont rien voulu entendre. Aujourd’hui, les faits semblent pourtant bien leur donner raison. »

Et de conclure : « L’augmentation des chiffres de l’épidémie devrait mener le ministre à se remettre en question, à reconnaître l’erreur et à modifier sa politique en conséquence. »


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  • Eric Moreels
    a commenté 2020-10-09 10:20:21 +0200
    C’est une coutume dans notre pays pour les travailleurs du secteur public. Le travailleur est là pour effectuer ce qu’on lui demande et, ses actions et revendications sont laissées à l’appréciation de sa hiérarchie, qui agit selon ses envies du moment. Dans la majorité des ministères, cette hiérarchie est composée de fonctionnaires " responsables " ou de fonctionnaires " dirigeants " pratiquant une philosophie " carrièriste " dont le but unique recherché est l’avancement dans cette hiérarchie. Cette hiérarchie n’a que faire des revendications du travailleur de terrain qui est pourtant le mieux placé pour analyser et déterminer les conséquences d’une situation. Ce n’est pas en restant dans un bureau, derrière l’écran d’un PC, qu’un fonctionnaire " responsable " ou " dirigeant " peut décider du bien fondé des revendications du travailleur. Evidemment, ce même fonctionnaire ne va pas avertir le ministre ou cabinet ministériel de tutelle des conséquences d’une situation. Dernièrement dans différents JT, le médecin responsable pour les prisons de la Région Bruxelloise a déclaré que toutes les mesures sanitaires nécessaires étaient prises au sein des prisons pour freiner l’évolution de l’épidémie. Le ministre de tutelle et membres du cabinet ministériel ont vu et entendu ce médecin, comme de nombreuses personnes lambda, et ils en déduisent que si le médecin ( fonctionnaire-responsable ) le dit, c’est que c’est vrai, donc il n’y a pas d’autres mesures à prendre. Il en est de même pour la destruction des masques par le ministère de la Santé, dont l’interview de Maggie De Block, diffusé hier soir sur VTM fait référence. Afin que des décisions ministérielles soient efficaces, il faut d’abord professionnaliser les membres de la hiérarchie qui rapportent les bonnes informations au cabinet ministériel ou au ministre. Ces fonctionnaires " responsables " ou " dirigeants " doivent d’abord être plus intègres dans leur fonction et penser à leur avancement hiérarchique sur base de leurs compétences et intégrité. Les avancements hiérarchiques et promotions de grades par " pistonnage " doivent être exclus du processus. Une fonction dans un service de la Fonction Publique doit être professionnelle et ne doit pas être considérée comme un acquis ou une promotion sociale.
  • Rédaction en ligne
    a publié cette page dans Actualités 2020-10-08 19:32:01 +0200

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