Dix priorités pour donner un nouveau souffle à la société

On ne voit les étoiles qu’à la nuit tombée. La crise du coronavirus nous a montré que ce ne sont pas les PDG qui font tourner le monde, mais bien des travailleuses et des travailleurs, comme vous et moi. Infirmières et médecins, réassortisseurs et caissières, dockers et aide-ménagères, enseignants, chauffeurs de camion, et bien d’autres encore, beaucoup trop nombreux pour tous les citer. Ce sont elles et eux qui font tourner la société. Ce sont les vrais héros.

Pour nous, il est hors de question qu’aujourd’hui, on vienne en plus demander à ces personnes de payer la note. La crise du coronavirus a frappé durement beaucoup de gens, qui y ont laissé une partie de leurs revenus, leur emploi, leur santé, voire leur vie. Après la crise sanitaire, nous devons nous attendre à un choc économique et, peut-être, à une deuxième vague du virus.

C’est pourquoi nous devons nous protéger. Protéger notre santé. Protéger nos emplois. Protéger nos revenus. C’est pour cette raison que nous avons élaboré ces 10 propositions. 10 priorités pour améliorer notre société après le corona.

Les vieilles recettes du passé ne nous seront d’aucune aide. Nous devons oser prendre de nouveaux chemins. Ne pas tenter de revenir au monde d’avant, mais privilégier une politique sociale. Renoncer à l’austérité d’hier, et investir plutôt dans la société de demain.

Investir dans une politique différente. Arrêter avec ces politiciens qui vivent dans leur bulle et se servent en plus dans les caisses de l’État. Avoir des représentants proches du peuple, qui font de la politique honnêtement. Dire non aux ministres qui créent les problèmes et oui à ceux qui les résolvent.

Investir dans l’emploi. Nous entendons lutter contre les licenciements et créer de nouveaux emplois dans les soins de santé, la construction, les transports publics, les énergies renouvelables et l’industrie grâce à un plan d’investissements ambitieux.

Investir pour que les gens touchent des revenus décents. Nous exigeons le maintien garanti de 90 % du salaire pour les personnes mises au chômage économique. Et une aide supplémentaire pour les indépendants et les travailleurs du secteur de la culture. Nous augmentons les allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté et augmentons le salaire minimum.

Investir dans les soins à nos aînés. Nous exigeons une pension d’au moins 1 500 euros net et investissons dans des maisons de repos de qualité et abordables.

Les spéculateurs boursiers et les multimillionnaires n’ont pas besoin de notre aide. Ce que nous devons faire maintenant, c’est investir dans une société juste et solidaire. Et c’est ce que nous allons faire. Ensemble.

Peter Mertens.
Président du PTB

 

1. UNE TAXE CORONA SUR LES MULTIMILLIONNAIRES

Une taxe unique de 5 % sur les fortunes supérieures à 3 millions d’euros est plus nécessaire que jamais. Elle ne touche pas la classe moyenne, mais uniquement une petite élite de multimillionnaires extrêmement riches. Notre proposition a été pensée dans ses moindres détails et est parfaitement réalisable. Ensemble, nous allons faire en sorte que le capital dormant des multimillionnaires soit enfin activé.

La Taxe Corona rapportera 15 milliards d’euros, qui serviront à financer les besoins les plus urgents : chômage économique, soutien aux travailleurs indépendants et aux artistes, fonds de lutte contre la pauvreté et embauche de personnel infirmier dans les hôpitaux et les maisons de repos. Une partie des recettes nous permettra d’accélérer la création de nouveaux emplois dans l’économie durable.

 

2. UN FONDS BLOUSES BLANCHES XXL POUR LES SOINS DE SANTÉ

Tous les applaudissements du monde ne paieront malheureusement pas les factures. Montrer notre respect pour nos héroïnes et nos héros de la santé, c’est leur garantir un salaire décent, des conditions de travail sûres et plus de personnel. Après des années de coupes budgétaires désastreuses, il est grand temps de procéder à de nouveaux investissements. Si nous voulons éviter de nouvelles tragédies dans les maisons de retraite et les hôpitaux, nous devons libérer des moyens dès maintenant.

Bien avant la crise du coronavirus, le PTB avait déjà réussi, grâce à la pression des blouses blanches en colère, à débloquer un fonds de 400 millions d’euros pour le secteur des soins de santé, ce qui représente 4 000 emplois supplémentaires. Nous voulons maintenant passer à l’étape suivante. Nous voulons un Fonds XXL pour les soins de santé, qui permettra de créer 10 000 emplois supplémentaires, d’améliorer les salaires et d’acquérir davantage d’équipements de protection. C’est ainsi que nous garderons le coronavirus sous contrôle.

 

3. RÉDUIRE DE MOITIÉ LE SALAIRE DES POLITICIENS

Maintenant que la première vague du coronavirus est derrière nous, l’heure de vérité a sonné. La ministre libérale Maggie De Block a détruit la réserve stratégique de masques sans la renouveler, si bien que nos héroïnes et nos héros de la santé ont dû monter au front sans armes. Quant aux ministres régionaux de la Santé – Christie Morreale (PS) en Wallonie, Alain Maron (Ecolo) à Bruxelles et Wouter Beke (CD&V) en Flandre – ils n’ont rien fait pour empêcher la crise du coronavirus de totalement dégénérer dans les maisons de repos.

Cela ne peut plus durer. Après des années de coupes budgétaires sévères, de querelles communautaires et d’arrivisme, le moment est venu de faire de la politique honnêtement. Il faut mettre fin à la culture de la cupidité. Nous voulons des femmes et hommes politiques qui savent comment vit la population et qui sont là pour servir le peuple et pas pour se servir eux-mêmes. C’est pour cela que nous proposons de réduire de moitié les salaires des ministres et des parlementaires.

 

4. MOINS DE MINISTRES, PLUS DE COHÉSION

Dans notre petite Belgique, nous avons apparemment besoin de neuf ministres de la Santé pour lutter contre un virus. Nous avons par ailleurs six ministres chargés des masques. Peut-être en faudrait-il un septième pour les élastiques ? Ça suffit. Le coronavirus ne s’arrête pas à la frontière linguistique. Pour le combattre, nous avons besoin d’un ministre de la Santé publique et pas de compétences divisées entre Communautés.

Nous voulons que les compétences les plus importantes reviennent clairement au niveau fédéral. Les soins de santé. La sécurité sociale. Le climat. La mobilité. Dans tous ces domaines, absolument fondamentaux pour notre société, l’obsession de la scission et la division ne créent que pertes de temps et chaos. Ne serions-nous pas beaucoup plus efficaces avec moins de ministres ?

 

5. PROTÉGER NOS REVENUS

Pour beaucoup d’entre nous, le coronavirus entraîne une perte de revenus. Nous voulons protéger les revenus des gens autant que possible. En cas de chômage économique, nous garantissons aux travailleurs 90 % de leur salaire. Nous prévoyons un soutien supplémentaire pour les indépendants et les freelances, et augmentons les allocations sociales au-delà du seuil de pauvreté.

Il est intolérable que la crise du coronavirus serve de prétexte à des licenciements. La classe des travailleurs n’est pas responsable de cette crise. Nous devons préserver autant que possible nos emplois et notre pouvoir d’achat au cours des prochains mois. Pour nous-mêmes, mais aussi pour l’économie, car, actuellement, la crise pousse les gens à moins consommer.

 

6. UNE RÉMUNÉRATION PLUS DIGNE POUR LES HÉROS DU CORONAVIRUS

Ce sont les travailleuses et les travailleurs qui font tourner la société. C’est cela, le vrai bilan de la crise du coronavirus. Personnel soignant et infirmier, chauffeurs de poids-lourds, dockers, réassortisseurs et caissières, employés des transports publics, aide-ménagères, éboueurs, et bien d’autres encore, trop nombreux pour les citer tous.

Pourtant, ces héroïnes et ces qui font tourner le pays sont souvent bien mal payés. Ils méritent plus de respect. Et surtout un meilleur salaire. Pas une prime unique en guise de remerciement, mais une amélioration structurelle de leur salaire et de leurs conditions de travail. Un salaire de 14 euros de l’heure. Au minimum.

 

7. UNE PENSION DE 1 500 EUROS

La crise du coronavirus a crûment mis en lumière la manière dont notre société traite ses aînés. Au bout d’une vie de travail, après avoir dûment payé leurs impôts, beaucoup de gens doivent se contenter de survivre avec des pensions bien trop faibles. Lorsqu’ils ne peuvent plus se prendre en charge seuls, ils finissent dans des maisons de repos. Qui, en pleine crise du coronavirus, sont trop souvent devenues des maisons de mort.

Les personnes âgées ne sont pas un coût. Ce sont des pionniers qui nous ont tout appris. Elles méritent le respect. Dans le monde d’après le coronavirus, nous ne mettrons plus les personnes âgées de côté. Nous garantissons à chacun une pension complète de minimum 1500 euros net. Et nous investissons dans des maisons de repos de qualité et abordables. Vieillir dans la dignité est un droit, pas un luxe.

 

8. INVESTIR 200 MILLIARDS DANS DES EMPLOIS DURABLES

Pour ne pas étouffer sous l’emprise du virus, il nous faut un remède de choc : une bonne injection d’argent en plein cœur de la société.. Nous ne voulons pas que les milliards de fonds de sauvetage finissent dans des bulles boursières et sur les comptes en banque des ultrariches, comme ce fut le cas après la crise financière de 2008. L’argent public ne peut pas se retrouver entre les mains du privé.

Pour nous, il est préférable d’investir dans la société. Grâce à une banque publique pour l’avenir et à un plan d’investissement ambitieux, nous injectons 200 milliards d’euros dans des centaines de milliers d’emplois durables sur 10 ans. Dans les soins de santé. Dans de l’énergie verte et abordable. Dans les transports en commun. Dans une industrie durable. Dans des logements à faible consommation d’énergie. Dans l’éducation, la culture et le sport. C’est cela, l’avenir.

 

9. SOUTENIR LES TRAVAILLEURS INDÉPENDANTS ET LES TRAVAILLEURS DU SECTEUR DE LA CULTURE

Tandis que de nombreux indépendants et PME sont en difficulté, les géants d’Internet et les chaînes de supermarchés (Amazon, Colruyt ou Carrefour, pour ne citer que ceux-là) voient leurs bénéfices grimper en flèche. Pour nous, les épaules les plus larges doivent aussi mettre la main au portefeuille. Nous allons récupérer les profits exorbitants que certains sont parvenus à réaliser durant la crise du coronavirus.

Les recettes ainsi obtenues serviront à mettre sur pied un fonds d’urgence pour les indépendants et les PME. Des cafetiers aux librairies en passant par les start-ups, nombreux sont les indépendants à être aujourd’hui en pleine détresse financière. Nous débloquons des moyens supplémentaires pour le secteur de la culture et de l’événementiel, qui, avec ses 200 000 travailleurs, a particulièrement souffert de la crise du coronavirus.

 

10. LE VACCIN APPARTIENT À TOUT LE MONDE

Des milliers de scientifiques de par le monde travaillent d’arrache-pied pour trouver un vaccin contre le Covid-19. Mais les géants de l’industrie pharmaceutique sont bien décidés à tirer parti de la pandémie, notamment en s’appropriant le vaccin pour en obtenir un maximum de profit. C’est inadmissible. Tout le monde a droit au vaccin contre le coronavirus, au prix le plus bas possible.

Nous avons besoin de coopération, pas de concurrence. Nous refusons que le vaccin contre le coronavirus tombe entre les mains du privé. S’il le faut, le gouvernement doit imposer des licences obligatoires, de sorte que les firmes pharmaceutiques soient obligées de mettre le vaccin à la disposition de tous, à prix coûtant. Faire des bénéfices sur le dos du coronavirus, c’est non.

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