Photo European Union 2020

La Commission européenne vient de publier le contrat conclu avec la firme pharmaceutique Curevac. C’est le résultat de plusieurs mois de pressions exercées sur la Commission européenne. Le PTB se réjouit de cette victoire. Mais le contenu du contrat semble confirmer les pires craintes. Marc Botenga, eurodéputé PTB : « Vu les incertitudes sur les livraisons du vaccin Pfizer, une transparence totale est de mise. »

« La publication partielle de ce contrat est une victoire pour toutes celles et ceux qui se mobilisent depuis des mois, déclare Marc Botenga, très engagé dans le combat pour la transparence. Il y a quelques semaines, même les députés européens n’y avaient pas accès. Aujourd’hui, de nombreux passages sont accessibles au public. Nous avons obligé la Commission européenne à faire marche arrière. »
« Malheureusement la Commission européenne continue de masquer des passages-clés du contrat, comme les prix, poursuit l’eurodéputé de gauche. Le vaccin est payé par de l’argent public. Nous avons le droit de connaître les prix. »

Marc Botenga explique que les délais de livraison sont biffés en noir sur le site de la Commission européenne. « C’est d’autant plus regrettable compte tenu des retards d’approvisionnement et de livraison actuels chez Pfizer, ajoute-t-il. Ce qui obligerait des hôpitaux belges a revoir leur plan de vaccination. »

Par ailleurs, certaines parties lisibles du contrat confirment une série de craintes qu’avaient déjà exprimées différentes associations et ONG. Les passages lisibles, en effet, attestent que la responsabilité financière pour d’éventuels vices cachés serait entièrement portée par les États.

Concrètement, cela signifie que si la firme pharmaceutique devait payer, dans l’avenir, des dédommagements pour vices cachés du vaccin, elle serait indemnisée par les gouvernements. « Cette clause semble avoir une durée indéterminée, mais aussi une portée mondiale », note l’eurodéputé du PTB.

Selon Marc Botenga, il est particulièrement cynique que « pendant que les pays au revenu le plus bas manquent cruellement de vaccins, des clauses du contrat interdisent même aux États européens d’offrir le vaccin à des pays plus pauvres, sans l’accord de l’entreprise. C’est ça, la solidarité européenne ? »

La question de la propriété intellectuelle et les brevets pose aussi question. Bien que ce vaccin soit développé et produit par des fonds publics, le vaccin n’appartiendra qu’à l’entreprise Curevac. « Cela signifie qu’en fin de compte, elle décidera non seulement des quantités et des prix, mais qu’elle pourra aussi empêcher d’autres entreprises de produire le vaccin », dénonce Marc Botenga, qui pointe la pénurie mondiale de vaccins.

Pour le PTB, la transparence de ces contrats ne peut plus dépendre de la bonne volonté des entreprises. Le parti de gauche appelle la Commission à publier intégralement tous les contrats, mais apporte aussi son soutien à l’Initiative citoyenne européenne visant à faire du vaccin un bien commun. « Les vaccins contre le Covid-19 sont dans l’intérêt de tous, et devraient être accessibles à tous. Ils ne devraient pas être un moyen pour Big Pharma de faire des bénéfices énormes », conclut Marc Botenga.

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