Hind Addi et Dirk De Block, qui ont tiré la liste du PTB à Molenbeek.

Molenbeek : les conditions pour une rupture sociale et démocratique de gauche ne sont malheureusement pas réunies

Après avoir analysé la situation, le bureau de la section du PTB Molenbeek a décidé de se retirer des discussions en vue de la formation d’une majorité PS-PTB-Ecolo à Molenbeek. Cette décision a été annoncée officiellement en face à face lors de la discussion prévue ce jeudi avec Catherine Moureaux.

Sur le fond du dossier gouvernance, le PTB a de sérieuses questions. Dirk De Block, chef de file du PTB Molenbeek : « Beaucoup de nos électeurs et sympathisants nous ont interpellés, insistant sur le fait qu’ils ne voulaient pas d’un retour au clientélisme du passé. C’est pourquoi nous avions plusieurs propositions pour garantir l’éthique politique et la transparence. Parmi celles-ci, un bureau indépendant d’éthique politique et de transparence qui permet de combattre le clientélisme et les conflits d’intérêts. Nous avions aussi mis sur la table la diminution des salaires des bourgmestres et échevins, ou encore la publicité de tous les mandats privés et publics des élus, ainsi que leur patrimoine, comme cela se fait en Suède. »

Aucune réponse sérieuse n’a été apportée aux interrogations du PTB lors des discussions. Au contraire, la réponse de Catherine Moureaux face au retrait d’Ecolo montre qu’il n’y a pas de remise en question fondamentale, ni d’autocritique sérieuse.

Le retrait d’Ecolo des discussions à Molenbeek déséquilibre grandement une éventuelle coalition PS-PTB-Ecolo, qui avait les faveurs du PTB. Ce type de coalition permettait des équilibres qu’un duo ne permet pas. Le rapport de forces serait trop défavorable pour le PTB : le PS aurait eu une majorité absolue au collège et aurait pu passer ses points en force. « Nous l’avions dit dès le début : nous ne voulons pas d’échevins PTB qui appliquent une politique du PS. Or il est impossible de garantir une politique de rupture de gauche dans cette nouvelle configuration. » En outre, la majorité aurait ainsi été courte au Conseil communal.

La pression était mise dès le début pour aller vite, ce qui n’a pas mis un climat de négociations sain. Ensuite, l’agenda était organisé de telle manière que seuls deux points de la note présentée par le PTB aient été discutés à la réunion du lundi 22 octobre. Deux jours plus tard, Catherine Moureaux décidait d’opposer PTB et Ecolo. « Toute cette séquence montre, au final, que l’ouverture semble feinte. Lorsque nous avons proposé de baisser le salaire du bourgmestre et échevins, je me suis fait traiter de "populiste". La confiance n’est pas là », conclut Dirk De Block.

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Commentaires

Compréhensible mais bien dommage, il y'avait une ouverture pour faire un bloc de gauche au delà des inimitiés. Ce sera donc le retour des libéraux dans cette communes qui a tant à offrir à une rupture progressiste. Soit. Je suppose que les stratégies nécessaires pour ne pas perdre aux fédérales a pourri l'ambiance. Comme d'habitude finalement c'est le "jeu" des pouvoirs qui a gagné. J'espère que ce qui restera de l'espoir au lendemain des élections ne sera pas qu'un retour de chacun chez soi (ptb à 5%, PS aux affaires) et que les Ecolos ne seront pas obligés de se droitiser pour faire plaisir à leurs nouveaux électeurs pour garder leur rapport de force. Déçu.