Photo Solidaire, Raf De Geest

La pauvreté est bien un choix… politique

S’il y a en moyenne 12 000 millionnaires en plus en Belgique chaque année (oui oui), la pauvreté des travailleurs, avec et sans emploi, augmente. Pour le PTB, la situation est inacceptable. Le parti de gauche veut faire de la lutte contre la pauvreté une priorité, tant au niveau local que national, propositions à l'appui.

15 % des habitants du pays ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté (1 083 euros pour un(e) isolé(e), 2 274 euros pour une famille de deux adultes et deux enfants).1 Ce taux monte à 30 % à Bruxelles.2 Le dernier baromètre socio-économique de la FGTB montre d’autres chiffres inquiétants. Les travailleurs ont perdu en moyenne 1,7 % de pouvoir d’achat en 2016-2017. Le nombre réel de demandeurs d’emploi est de 515 000 personnes. La pension moyenne d’une travailleuse est de 882 euros, celle d’un travailleur de 1 182 euros. Alors que le prix moyen d’une maison de repos est de… 1 562 euros.

Le nombre de travailleurs pauvres ayant un emploi augmente. De plus en plus de ces travailleurs doivent avoir un complément du CPAS pour s'en sortir. Et les travailleurs, qui sont en majorité des travailleuses, qui doivent faire avec 1 000 euros par mois vu qu'ils travaillent à mi-temps sans toucher de complément de chômage, sont de plus en plus nombreux aussi. Par exemple, comment une mère célibataire peut-elle s'en sortir dans ces conditions ? 

Comme le disait le porte-parole national et député fédéral du PTB Raoul Hedebouw au Parlement il y a quelques jours encore : « Les nouvelles ne sont bonnes que pour les plus riches. Les entreprises ont empoché plus de 12 milliards de cadeaux pour atteindre des profits records comme l’a encore montré récemment un document de notre service d’étude. (…) Le nombre de bénéficiaires du RIS (revenu d'intégration sociale versé par le CPAS, NdlR) n’a jamais été aussi élevé en 10 ans. Si les profits sont au plus haut, c’est parce qu’on a été puiser largement dans les salaires, qui ont perdu 9 milliards d’euros dans les richesses nationales depuis le début de la législature. »3

Chasser la pauvreté, pas les pauvres

Les politiques mises en place depuis plusieurs législatures ne sont pas étrangères à cette situation dramatique. Que ce soit l’expulsion des demandeurs d’emploi par Elio Di Rupo, le gel des salaires, les attaques contre nos pensions, la privatisation des services publics, la diminution des remboursements des soins de santé, la multiplication des « jobs flexibles » (mini-jobs précaires plutôt) etc. la liste des mesures gouvernementales qui appauvrissent les travailleurs est extrêmement longue.

Dans un monde où 8 personnes détiennent une richesse supérieure à 3,5 milliards d’êtres humains, l’inégalité ne tombe pas du ciel. Rappelons qu’en Belgique, les plus riches familles ne paient quasiment pas d’impôts. Comme le notait le député fédéral et spécialiste Fiscalité du PTB Marco Van Hees dans son dernier Top 50 des entreprises qui bénéficient le plus de la fiscalité belge, « ces riches familles ne sont pas soumises à un impôt sur la fortune. (…) Et elles accumulent leur fortune dans ces sociétés holdings qui ne payent pratiquement pas d’impôts. Au lieu de contribuer à la mesure de leurs gigantesques moyens, ces familles font l’impasse sur notre système fiscal ».4 Alors que les petits indépendants paient, eux, le prix plein.

Des mesures concrètes existent

La pauvreté est donc un choix. Car, si nous reprenons l’exemple de la fiscalité, pourquoi ne pas taxer les grandes fortunes ? Le PTB a mis sur la table la Taxe des millionnaires il y a bientôt dix ans. Les différents gouvernements ont tous balayés l’idée. Un cadastre des fortunes serait nécessaire. Il permettrait aussi de lutter efficacement contre la fraude fiscale. Fraude qui est estimée à… 28 milliards d’euros par an en Belgique…

Une telle taxe permettrait facilement de financer une autre proposition du PTB, demandée par de nombreuses associations de terrain : la hausse de toutes les allocations au dessus du seuil de pauvreté. Nous notions en 2014 dans notre programme fédéral : « Il est inadmissible que les pensionnés, les chômeurs, les personnes handicapés ou les allocataires du CPAS d’un pays civilisé comme la Belgique doivent vivre en dessous du seuil de pauvreté. »5

Agir localement aussi

Localement, il y a aussi moyen d’agir. Quelques exemples : créer une Maison de la Solidarité dans chaque quartier, une maison de quartier qui aura comme mission d’assurer des services administratifs, un accompagnement, des activités et des rencontres ; alléger la pression fiscale sur les ménages en baissant les taxes sur les déchets ou en supprimant la taxe sur le raccordement des égouts ; garantir le droit au logement en appliquant une grille d’encadrement contraignante des loyers, en créant des coopératives locales du logement, en réquisitionnant les immeubles laissées à l’abandon ; augmenter le financement des CPAS en liant la dotation à l’augmentation des recettes de la Ville ; engager plus de personnel dans les services communaux ; créer des entreprises locales de production d’énergie renouvelable à des prix abordables, etc.

Oser aller à contre-courant

Bref, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Mais pour cela, il faut aller à contre-courant des politiques menées actuellement au niveau local, régional ou fédéral.

Au Parlement, Raoul Hedebouw a cité Nelson Mandela : « On ne devrait pas juger une nation sur la façon dont elle traite ses citoyens les plus riches mais sur son attitude vis-à-vis de ses citoyens les plus pauvres. »

La première phrase de l'accord du gouvernement de Charles Michel, en 2014, était : « Le travail est le meilleur remède contre la pauvreté. » C'est vrai. Mais la droite au gouvernement fédéral a une drôle de conception du « travail ». Les mini-jobs (jobs, jobs) de Michel - De Wever enfoncent les travailleurs dans la précarité. Seuls des emplois stables, correctement rémunérés, assureront aux travailleurs une vie décente.

Alors que la droite tente de « responsabiliser » les pauvres, de faire passer l’idée que si les travailleurs sont pauvres, cela relève de leur responsabilité individuelle, de leur choix, la gauche doit montrer que c’est totalement faux. Et que des alternatives existent.

 

1. SPF Sécurité sociale • 2. Observatoire de la santé et du social de Bruxelles •  3. https://ptb.be/articles/le-vrai-bilan-du-gouvernement-jamais-autant-de-profits-jamais-autant-de-precarite • 4. Top 50 2017, https://ptb.be/articles/grandes-fortunes-c-est-toujours-celles-qui-en-touchent-le-plus-qui-en-paient-le-moins • 5. https://ptb.be/programme/goleft1-combattre-la-pauvrete-n-est-pas-une-question-de-charite-mais-de-justice-sociale 

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Commentaires

s et evident que s et un choix politique , les politicien de se gouvernement de SS il a que l argent qui les interesse et rien d autre , se gouvernement s en fou des pauvres gens pour eux ben comme il dise il on a crever sous les taxe et charlot 1e dit le roi de la conneries s en fous , mais quand raoul dit la vérité la sa fait mal et charlot s enerve s et la meme chose quand dirupo lui dit s et quatre vérité la de suite il s énèrve aussi donc bien la preuve que s et tous pour leur poche aux MR ( MENTEUR REUNI ) mon il et grand temps que sa change les gens en on marre de se gugus qui nous scalpe a tous casser
TVA 6% sa serait bien. Taxer les riches il es vraiment temps. Et pour l augmentation de salaire 10% serait déjà pas mal. Moi travaillant comme reassortiisseur je ne touche que 1300 euro temps plein et alors la charge de travaille n en parlons pas
Bonjour, trouvé vous normale que quelqu un Qui est sur la mutuelle avec une maladie de chron qui ce bas tout les jours seul contre les douleurs, ne peut même pas refaire ça vie car directement ont me retire 700euro de mes indemnités, ce n est pas normal car même si je voudrais me mettre en ménage, je suis toujours obligé d aller à l hôpital et acheté tout mes médicament. C est vraiment honteux et inhumain, en fait il faut que je vive seul toute ma vie. Faite quelque chose svp Merci a vous.
Vous n'êtes pas le seul à ne pas avoir droit à une vie de couple, condamné à rester seul sous peine d'être sanctionné financièrement et plonger encore plus dans la pauvreté, condamné quand on à besoin de l'aide d'un partenaire à se débrouiller seul et quand malgré tout une vie de couple deviens une nécessité pour assumer les tâches quotidiennes ce gouvernement fait la sourde oreille et ne vous offre que la sanction comme réponse à un besoin vital pour beaucoup de personnes, évidement quand on touche le pactole à chaque fin de mois on n'a rien à faire de ceux qui sont dans le besoin.
Et prendre l'option de l'éducation des futurs parents ? Elles et ils savent-ils qu'ils ne seront plus jamais libres de leurs choix et surtout qu'ils produisent de futurs adultes qui, comme eux, seront prisonniers du destin qui leur donne à jamais la responsabilité de trouver les solutions pour leurs enfants et sortir de la pauvreté ? La Ligue des Familles, l'ONE, sont les associations qui en discutent. Les services sociaux sont des intermédiaires qui appliquent les lois votées, qui essaient de faire en sorte que les situations soient mieux comprises et que les politiques corrigent à la racine les causes de la pauvreté . Les solutions globales sont du niveau économique que les partis peuvent régler mais le bon sens des femmes et des hommes doit fixer la société à construire avec les moyens d'aujourd'hui et en investissant dans le capital humain que les pauvres sont ! Il n'y a pas qu'à... mais les budgets dédiés à aider les parents devraient être assortis de congés d'éducation parentale. Cette éducation doit de plus les aider à devenir citoyen.e actifs, munis d'histoire sociale autant que d'histoire des civilisations pour distinguer le rôle des religions autant que des politiques (qui en ont découlé) pour savoir quelle route ils veulent prendre pour agir en acteur/trice de leur destin privé, professionnel et collectif. Les rendre libres et compétents pour le collectif.