Photo Solidaire, han Soete

COP21 : Un pas en avant, encore beaucoup d'insuffisances mais un mouvement climatique qui a pris de la force

Pour la première fois, un accord international sur le climat engage tous les pays à réduire leurs émissions de CO2 afin de maintenir une planète durable. Sous la pression des pays du Sud, cet accord se fixe aussi explicitement l'horizon de contenir le réchauffement de la température moyenne « bien en dessous de 2 ° » par rapport à son niveau pré-industriel, et accepte de « poursuivre ses efforts » pour la limiter à 1,5 °C.

Une revendication historique du mouvement climatique est ainsi reconnue. Ces avancées indéniables ont été arrachées grâce à une pression populaire sans précédent. Toutes ces mobilisations, celles qui ont fait échouer le projet d'oléoduc Keystone XL aux Etats-Unis début novembre ou celles qui ont littéralement envahis les rues de Paris, de Bruxelles, d'Ostende et des autres pays du monde ces dernières semaines, ont obligé les États à prendre des engagements forts.

Ces avancées sont pourtant encore insuffisantes pour répondre à l'urgence climatique, c'est la logique fossile qui a eu le dernier mot. L'accord ne dit ainsi rien sur la manière dont on va atteindre ces objectifs. Il ne contient aucun objectif précis ni chiffré de réduction d'émissions de CO2. Les dirigeants internationaux renvoient aux engagements nationaux pris par les États, et dont on sait qu'ils amèneront à un réchauffement de 2,7°C. Ils renvoient à plus tard les « évaluations et réadaptation » des engagements. Ils comptent également sur toutes les méthodes qui ont pourtant déjà fait faillite comme les mécanismes de marché pour le carbone et l'achat d'air pur à l'étranger.

Même les mots "pétrole", "charbon" ou "énergies fossiles" n'apparaissent pas dans le texte, tandis que des passages entiers sur les réductions liées au transport aérien ont été supprimés sous pression des multinationales. Et si les pays du Sud ont bien obtenu la promesse d'engagements différenciés et d'une aide financière conséquente, là encore tous les objectifs chiffrés pour les pays riches ont été supprimés du texte final.

« L'accord de Paris est encore insuffisant pour en finir avec le réchauffement climatique. Il renvoie la patate chaude aux générations futures, a déclaré Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Mais ce 21ème Sommet international sur le climat a aussi montré la force grandissante du mouvement climatique et c'est peut-être la leçon fondamentale. Ce sera à lui de faire encore augmenter la pression afin d'obtenir en Belgique, en Europe et ailleurs une prise en main ambitieuse de la question climatique. C'est avec lui que nous obtiendrons l'exclusion des multinationales et des mécanismes de marchés qui ne font pas partie de la solution, mais bien du problème. Ce n'est qu'avec un tel mouvement que nous serons en mesure d'imposer un vrai plan pour une économie neutre en carbone d'ici 2050, pour 100% d'énergie renouvelable et pour le développement des transports en commun. Un plan pour toute la société, qui protège à la fois l'emploi et les conditions de travail. Dans ce sens là, quelque chose est né à Paris qui ne s'arrêtera pas ».

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