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Après neuf tours de négociations et des dizaines d’heures de discussion, il n’y a rien pour les métiers pénibles dans l’accord de la Vivaldi. Contrairement à toutes les promesses faites lors de l’instauration de la pension à 67 ans. « Même la pension à 60 ans après 42 ans de carrière n’est pas dans l’accord, dénonce Raoul Hedebouw, président du PTB. Il y a pourtant urgence. Les gens n’en peuvent plus. De plus en plus de travailleurs et travailleuses sont malades du boulot. »


La ministre socialiste des Pensions, Karine Lalieux, déclarait elle-même il y a quelques temps qu'il est impossible de continuer à bosser jusqu’à 67 ans pour les métiers pénibles. Elle avait alors promis que des exceptions seraient prévues pour ces métiers. Son prédécesseur, le libéral Daniel Bacquelaine (MR), promettait même que seulement 10 % des travailleurs devrait travailler jusqu’à 67 ans.

Raoul Hedebouw : « Il ne reste aujourd’hui plus rien de ces promesses. Il n’y a tout simplement rien pour les métiers pénibles. C’est un abus de confiance, la rupture de contrat est totale. La Vivaldi n’a aucun respect pour celles et ceux qui travaillent dur dans notre pays. »

Une femme sur deux exclue de la pension anticipée

« J’ai encore parlé hier avec Catherine, poursuit le président du PTB. Elle a commencé à travailler comme infirmière à 24 ans, après ses études. Si elle doit travailler 42 ans, cela signifie qu’elle pourra prendre sa pension au plus tôt à 66 ans. Et ça, c’est sans compter d’éventuelles périodes de maladie ou de chômage durant sa carrière. Autant dire que pour elle, la pension anticipée est exclue. »

Catherine n’est pas la seule dans ce cas. Près de la moitié des femmes n’atteignent pas 42 ans de carrière à 63 ans. Cela signifie qu’elles devront travailler jusqu’à 65 ans, et même 66 ou 67 ans à l’avenir. Elles ne pourront par ailleurs pas bénéficier du bonus pension. « Contrairement à ce que prétend le gouvernement, ce seront quand même, une fois de plus, les femmes qui seront les plus grandes victimes de cette réforme des pensions », conclut Raoul Hedebouw.

Pour le PTB, il est grand temps de changer de regard sur notre système de pension pour lui donner une autre direction, qui garantisse enfin à chaque pensionné et pensionnée le respect auquel il ou elle a droit.