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La décision du gouvernement fédéral d’électrifier le parc de voitures de société est une pure opération de « greenwashing » qui coûtera extrêmement cher. Cette décision aggravera le problème de la congestion automobile et, paradoxalement, ne réduira pas les émissions de CO2. Cette mesure est donc inefficace et extrêmement coûteuse. « Avec une telle mesure, le gouvernement ne fait que perpétuer le système pervers des voitures salaires, sans opérer de changement vers une mobilité durable », réagit Marco van Hees, député PTB.

Le PTB réclame l’abandon progressif du système de voitures de société et une compensation pour les salariés sous la forme d’une augmentation de salaire brute. Il demande en outre au gouvernement d’enfin investir dans le développement des transports en commun.

À partir de 2026, seules les voitures de société électriques seront subventionnées. Le gouvernement Vivaldi a pris cette décision hier soir. Le système actuel de voitures de société coûte un montant estimé à 3,75 milliards d’euros par an à la sécurité sociale et aux finances publiques. La décision du gouvernement va considérablement augmenter ce coût. Pour les voitures électriques, un plus grand avantage fiscal existe (100 %) et les voitures électriques restent aujourd'hui plus chères. Cette mesure est donc extrêmement coûteuse et, paradoxalement, elle n’entraînera pas de réduction des émissions de CO2.

« Cette mesure n’a rien d’écologique, explique Marco van Hees, député PTB. Les voitures salaires deviendront encore plus avantageuses et entraîneront donc encore plus de congestion sur nos routes. Elle ne permettra pas non plus de réduire les émissions de CO2 à l’échelle européenne. » En effet, la Commission européenne a déjà imposé un objectif minimal aux constructeurs automobiles. Si on vend davantage de voitures électriques en Belgique, cela signifie que ces entreprises pourront se permettre de vendre moins de voitures électriques dans le reste de l’Europe. L’expert en économie des transports Stef Proost (KU Leuven) a mis le doigt sur la plaie ce matin : « Le CO2 qu’on économisera en Belgique sera émis dans d’autres pays européens. »

L’électrification massive et accélérée du transport routier est une fausse solution pour le climat. L’électrification du parc automobile va faire exploser les besoins en métaux rares, nécessaires pour la production de batteries. L’accélération de la production de voitures électriques pourrait paradoxalement même entraîner une nouvelle hausse des émissions de CO2. Par ailleurs, cela donnera lieu à une nouvelle ruée vers les matières premières et exacerbera les tensions géopolitiques. « L’alternative est de recourir davantage aux transports collectifs et de réduire l’utilisation individuelle de la voiture. Mais, en prévoyant de subventionner encore davantage les voitures salaires, le plan du gouvernement va dans la direction opposée », déplore Marco Van Hees.

« Si le gouvernement opte pour l’électrification du parc automobile, c’est davantage dans le but de maintenir le modèle économique des constructeurs automobiles européens, que pour opérer un changement vers une mobilité durable », affirme le député de gauche. En effet, les constructeurs automobiles européens ne pourront survivre à court terme qu’en produisant en masse des voitures à « zéro émission ». « Cette décision s’inscrit parfaitement dans la stratégie de la Commission européenne visant à créer un grand marché “vert” pour les voitures électriques, au lieu d’œuvrer à développer des transports publics durables et de qualité. »

Le PTB réclame une suppression du système des voitures de société, à condition que les travailleurs reçoivent une compensation sous la forme d’une augmentation de salaire brut. « Pour une partie de la population active, une voiture représente une part importante de leur rémunération. La suppression pure et simple du système des voitures de société entraînerait une perte de salaire considérable, ce qui serait inacceptable », explique Marco van Hees (PTB). Par ailleurs, le PTB plaide pour des investissements supplémentaires et massifs dans les transports publics, afin que ceux-ci deviennent une alternative valable pour les déplacements domicile-travail.