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Des banquiers imprudents qui jouent en bourse avec nos économies, c’est intolérable. Car nous avons dû travailler dur pour mettre quelques sous de côté. Le PTB veut une banque publique sous contrôle strict. Une banque où notre argent sera en sécurité et à laquelle on pourra s’adresser pour obtenir un prêt à bon marché.

Une banque publique n’a rien d’un rêve inaccessible. Si, dans les années 90, les hommes politiques ont pu privatiser la CGER et le Crédit Communal, aujourd’hui, ils peuvent trouver le courage politique de pratiquer l’opération inverse. 

Dans la pratique, la Nouvelle-Zélande prouve que c’est possible. Là-bas, les autorités ont refondé récemment une banque publique : la Kiwibank, la banque Kiwi. Et il s’avère qu’elle fonctionne à merveil

Pour votre bourse, plutôt pas à la Bourse

La Kiwibank s’est tenue à l’écart des marchés internationaux des capitaux et n’a donc pas contracté d’hypothèques douteuses, qui ont contaminé tant de banques privées dans le monde. La Kiwibank a ainsi pu conserver l’épargne et les pensions à l’abri. 

Des prêts bon marché

Dans une banque publique, on peut obtenir plus facilement un prêt pour sa maison. C’était dans le passé la marque de fabrique de la CGER. La grande majorité des maisons étaient achetées via la banque publique.

Des employés moins sous pression

Une banque publique est bonne pour l’emploi et la gestion du personnel. Les banques privées traquent le profit maximal, suppriment des emplois et rognent sur les salaires. Une banque publique peut opter pour une gestion humaine du personnel. Cela met un terme à la pression sur les employés de banque, aux heures supplémentaires non rémunérées, au stress du chiffre d’affaires à atteindre. 

Des services bancaires moins chers

Une banque publique est également meilleur marché. À la Kiwibank, les tarifs sont réduits de moitié, par rapport aux autres banques. Alors que dans les banques privées, le moindre service à la clientèle est payant.

Des clients qui ne sont pas des numéros

La banque Kiwi a construit son image autour de la devise : « nous ne traitons pas les clients comme des numéros ». Cela veut dire un bon service à la mesure des gens et un réseau d’agences très étendu. L’institution allie accessibilité et information claire, tout en développant toutes les technologies bancaires au service de la clientèle.

Des investissements pour l’ensemble de la communauté

Une banque publique offre aussi la garantie de réinvestir ses profits au service de la communauté : dans le logement social, l’économie d’énergie, les secteurs sociaux, l’économie durable. Impossible d’avoir des situations comme chez Dexia, dont la filiale israélienne investit dans la construction des colonies dans les territoires occupés. Investir dans le commerce des armes ou dans des projets nuisibles à l’environnement l’écologie serait également interdit. 

Le remboursement de la dette de l’Etat facilité

Une nouvelle banque publique pourrait à nouveau être le créditeur privilégié de l’État et des communes. Aujourd’hui, les banques privées pratiquent un taux d’intérêt élevé sur la dette du gouvernement. Il serait naturellement plus facile de renégocier cette dette avec une banque publique. Ce serait trop absurde de continuer à payer des intérêts élevés sur la dette. En 2009, le gouvernement va lancer 30 milliards d’euros d’obligations d’État. Une différence d’intérêt de un pour cent résulterait en une différence de 300 millions d’euros par an. Les banques aussi vont prendre un bon paquet de ces obligations d’État et elles gagneront gros sur leurs intérêts, alors que l’argent de cet emprunt d’État sert en fait à sauver ces mêmes banques.