Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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Les Belges sont les champions du monde de la brique dans le ventre. En dehors de Bruxelles, ils sont 7 sur 10 à avoir leur propre habitation, mais souvent avec un prêt qui doit encore être remboursé. Il y a trente ans, les Belges consacraient en moyenne 10 % de leur revenu au remboursement. Aujourd’hui, le double. Pour un beaucoup de jeunes familles, acheter sa maison à soi est devenu impossible.
D’après la Constitution, chaque Belge a droit à un logement décent. Mais, vu les loyers hors de prix, ce droit n’existe plus que sur papier. La spéculation, les logements inoccupés, l’accaparement de quartiers populaires entiers, ce sont des conséquences du marché « libre ». Les marchands de sommeil louent des taudis inhabitables à des prix vraiment scandaleux.
Une famille ne devrait pas consacrer plus de 10 % de son revenu au loyer. Il y a 30 ans, c’était encore le cas. Mais, aujourd’hui, trois quarts des locataires wallons et bruxellois y consacrent au moins 32 % de leur revenu. Pour ceux qui travaillent, cette part s’élève souvent à 20 % et, pour les bénéficiaires d’indemnités, environ 50 %. Et ce n’est pas le bel article de la Constitution qui résoudra ce problème.
La solution : une loi sur les loyers. Actuellement, les propriétaires de logements peuvent fixer eux-mêmes le loyer. Ce n’est pas le cas dans certains de nos pays voisins, où les gouvernements fixent les loyers maximaux en fonction de critères objectifs, comme la qualité du logement, les équipements qu’on y trouve, sa situation, etc. Dans l’attente d’une telle loi, nous proposons que le gouvernement bloque les loyers et n’autorise que leur indexation.
Que tout le monde trouve à se loger à un prix abordable, ça devrait paraître normal. Et c’est possible ! Mais, à chaque élection, la même promesse revient comme un leitmotiv : « davantage de logements sociaux », avant d’être oubliée dès le lendemain des élections. Notre pays connaît une pénurie dramatique de logements sociaux. Aux Pays-Bas, par exemple, plus de 30 % des logements sont sociaux, contre 7 % à peine chez nous ! 50 % des Bruxellois auraient droit à ce type de logement, mais ils sont actuellement 20 000 sur une liste d’attente : Bruxelles ne compte que 38 000 logements sociaux disponibles. Dans tout le pays, chaque année, on n’en construit que 3 000, alors qu’il y a 150 000 demandes.
Dans les cinq années à venir, il faudrait pouvoir disposer de 100 000 habitations sociales supplémentaires au moins. C’est une tâche dévolue aux Régions. Pour la construction de 5 000 nouvelles habitations, on peut mettre au travail 10 000 ouvriers de la construction. Cela ferait également baisser les prix sur le marché privé. N’est-ce pas cela, les gens d’abord, pas le profit ?