Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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La société de courrier express DHL a été délocalisée à Leipzig parce qu’elle y reçoit plus de subsides qu’à Zaventem. L’industrie automobile s’est établie en Slovaquie parce que les salaires y sont bien plus faibles. Le salaire d’un travailleur allemand ou d’un travailleur belge est six fois plus élevé que celui d’un travailleur hongrois. Ce qui entraîne au niveau de l’Union européenne une forte concurrence en matière de salaires, acquis sociaux et sécurité sociale. Pour les entreprises, c’est l’occasion d’éliminer les droits sociaux avec comme conséquence une détérioration de la situation des travailleurs. Le PTB propose de renverser cette logique au moyen de quatre leviers.
L’augmentation des minima sociaux en Europe est primordiale lorsque l’on sait que sur les 462 millions d’Européens 74 millions vivent dans la pauvreté. Les personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont celles dont le salaire est de 60 % inférieur au revenu de ceux qui se situent au centre de la pyramide des salaires. 7 % des gens qui travaillent en font partie !
Le minimum social offre à tous une protection sociale. C’est également un moyen d’éviter de sombrer dans une pauvreté extrême. Le minimum social constitue la limite inférieure du revenu dont chacun doit disposer.
Nous proposons l’instauration d’un salaire minimum égal à 60 % du revenu moyen et un minimum social égal à 40 % du revenu moyen. En Belgique, un salaire minimum égal à 60 % du revenu moyen (moyenne obtenue en divisant tous les revenus du pays par le nombre d’habitants) reviendrait à 16 200 euros par an soit 1 360 euros par mois (à l’heure actuelle, il s’élève à 1 210 euros par mois). Le revenu minimum garanti passerait ainsi à 10 800 euros par an ou 900 euros par mois.
Les minima sociaux ne permettent pas d’éliminer les différences entre les pays. Le danger d’une concurrence entre les travailleurs et, par conséquent, d’un nivellement vers le bas subsiste.
C’est pourquoi nous réclamons l’établissement et le respect du principe « à travail égal, salaire égal ». Et ceci vaut également pour le travailleur qui part à l’étranger, ce dernier doit pouvoir travailler aux mêmes conditions que les travailleurs sur place. C’est une garantie contre la régression sociale souhaitée par le commissaire européen Bolkestein dans la directive du même nom, qui proposait qu’un travailleur puisse travailler à l’étranger aux mêmes conditions que celles du pays d’origine.
L’établissement du principe de « nivellement vers le haut » s’avère indispensable si l’on veut pouvoir éliminer les différences sociales entre les pays. Il s’agit d’un principe qui permettra aux pays moins développés de rattraper leur retard sur le plan social. Prenons la Hongrie par exemple. Le salaire minimum de 60 % du revenu moyen tel que nous le proposons s’élèverait à 8 600 euros par an ou 715 euros par mois. Le minimum social reviendrait à 5 700 euros par an, ou 480 euros par mois, ce qui équivaut à la moitié seulement des minima en Belgique. Pour obtenir un nivellement vers le haut, il faudrait que les minima des nouveaux adhérents à l’Union augmentent de manière systématique de 5 % par an par exemple. La croissance économique de l’Union européenne oscille entre 2 et 3 %. Les nouveaux adhérents pourraient ainsi atteindre progressivement le niveau des pays d’Europe occidentale.
Cette mesure devrait en outre être financée par l’Union européenne de sorte que les nouveaux adhérents n’aient pas à se ruiner pour réaliser cette amélioration sociale.
De nos jours, beaucoup de pays s’efforcent d’attirer les investisseurs en réduisant systématiquement la taxe sur les bénéfices et le capital. En Belgique, le taux d’imposition est officiellement de 33 %, mais dans la réalité, il est souvent inférieur. Certains pays sont déjà descendus jusqu’à 17 % et compensent cette perte de revenus par l’introduction de nouvelles taxes. Ils augmentent les tarifs des services publics, demandent plus pour les services administratifs, augmentent la TVA. Ou encore ils diminuent leurs dépenses en réduisant les allocations sociales ou l’emploi dans les services publics.
Si on veut mettre un frein à cette spirale, une harmonisation des impôts s’avère nécessaire au niveau européen. Ainsi, nous proposons un taux d’imposition commun de 35 % sur les bénéfices réalisés par les entreprises, et en particulier les grosses entreprises. Ce taux d’imposition était largement répandu dans les années 1990.