Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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Les pensions et autres revenus de substitution sont toujours en retard par rapport à la hausse des salaires et de la cherté de la vie. 80 % des pensionnés du secteur privé doivent se débrouiller avec moins de 1 000 euros de pension par mois. D’après les statistiques officielles, 22 % des pensionnés de notre pays vivent sous le seuil de pauvreté.
Depuis 1996, les gouvernements sociaux-chrétiens, socialistes et libéraux ont réduit les pensions des femmes de plus de 10 %. Avant cela, une femme qui avait travaillé 30 ans recevait 30/40 d’une pension complète. Au nom de « l’égalité des droits entre homme et femme », cette pension a été ramenée à 30/44, puis en 2005, à 30/45 (C’est sur ce nombre d’années qu’est calculée la pension des hommes).
Cela revient à défendre une réforme des pensions qui va dans la mauvaise direction, sur le plan social. Une carrière de 40 ans doit suffire pour pouvoir bénéficier d’une pension complète. Chaque année prestée compterait alors pour 1/40 de la pension complète. Une telle réforme aurait pour effet d’augmenter fortement la pension versée.
De même, ces derniers temps, les « périodes assimilées » (pour incapacité de travail, maladie et invalidité, chômage, interruption de carrière…) sont de plus en plus mises en discussion. Certains veulent en effet qu’elles ne soient plus prises en compte dans le calcul de la pension.
Une mesure sociale urgente : ces périodes assimilées doivent être complétées par des années de bonus pour travail lourd (de nuit) et pour l’éducation des enfants.
Pour les pensions, une opération de rattrapage est nécessaire, surtout pour les plus modestes. Nous estimons que les pensions minimales, après une carrière complète, doivent être portées à 1 000 euros par mois pour une personne isolée et à 1 200 euros pour une famille. Et dans l’immédiat, encore. Toutes les pensions doivent être augmentées tous les deux ans de sorte que leur augmentation soit proportionnelle à celle des salaires.
Le fossé est bien trop grand entre ce que certains travailleurs ont payé en cotisations sociales et la pension qui leur est versée. Le principe de l’assurance (indemnité proportionnelle aux montants versés) doit être rétabli en augmentant le plafond salarial (qui limite le montant global des pensions à un maximum préétabli) et en le fixant à trois fois le salaire minimum.
Toutes les pensions doivent être augmentées tous les deux ans d’un montant en proportion avec la hausse moyenne des salaires.
Nous sommes conscients que ces propositions d’amélioration des pensions légales vont coûter beaucoup d’argent. On peut trouver cet argent :
en mettant un terme à la réduction des cotisations patronales à la Sécurité sociale ;
par une politique de l’emploi qui assurera davantage de rentrées à la Sécurité sociale ;
en utilisant les avantages fiscaux de l’épargne pension extralégale pour l’amélioration d’un système légal de pension reposant sur la solidarité ;
et par un impôt sur les fortunes.