Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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Dans notre pays, le trafic routier prélève chaque jour un lourd tribut : trois morts et deux cents blessés. Il y a les bouchons, les fines particules dangereuses, les nuisances sonores et les pics d’ozone. Un gaspillage gigantesque contre lequel nous pourrions faire tant de choses positives.
On peut remplacer trois cents voitures par un train, qui utilisera cinq fois moins d’énergie. Sur le plan du rejet de CO2, c’est aussi le train qui obtient les meilleurs résultats. Une étude récente montre que les voyageurs par avion entre Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam ont provoqué onze fois plus de CO2 que les voyageurs par train.
Nous voulons qu’on s’emploie d’urgence à établir un réseau très dense de transports publics bon marché et confortables. La Suède prouve c’est possible : quand les billets y sont devenus de moitié moins chers, le nombre des usagers du rail a été multiplié par deux. Depuis trois ans, le gouvernement a introduit un système dans lequel l’employeur prend en charge 80 % de l’abonnement de train pour le trafic domicile-travail, les autorités se chargeant des 20 % restants. Le nombre de voyageurs a augmenté, passant de 160 millions en 2001 à 189 millions en 2006 (une hausse de 18 %). Ce système de gratuité du transport entre le domicile et le travail est une bonne chose et il devrait être généralisé.
Mais davantage de voyageurs requièrent également davantage de moyens. Et c’est là que le bât blesse. Le secrétaire d’État Tuybens (SP.a), qui a la SNCB sous sa tutelle, veut en effet que cette dernière revienne à l’équilibre financier pour 2008. Et ce, alors que les chiffres nets de la dotation que cette même SNCB reçoit par voyageur-kilomètre ont baissé de 16 % entre 2001 et 2006 (en euros constants).
Selon nous, ces deux idées sont contradictoires : on ne peut proposer des transports publics performants et bon marché d’une part et, d’autre part, rogner sur les moyens financiers. On ne peut pas pratiquer des coupes sombres dans le personnel du rail et assurer en même temps des services de qualité.
Ces dernières années, la SNCB a connu d’importantes réductions de personnel. En 2001, elle employait encore 41 300 équivalents temps plein, contre à peine 37 000 aujourd’hui.
Au quotidien, ce sont les voyageurs qui font les frais de cette contradiction. D’après une enquête de Test-Achats, un tiers des voyageurs sont confrontés au manque de places assises. Ces derniers mois, on a également constaté un afflux de plaintes concernant la ponctualité des trains. Outre des « causes externes » (tels les accidents physiques, etc.), ce sont surtout les pannes de l’infrastructure ferroviaire et les problèmes du matériel roulant qui en sont la cause. En outre, il apparaît des enquêtes, tant de Test-Achats que de la SNCB elle-même, que l’état des gares et des trains laisse aussi fortement à désirer.