Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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Bien des ministres parlent sans arrêt de l’urgente nécessité de suivre plus de formations, d’apprendre tout au long de la vie, d’acquérir plus de connaissances pour trouver un emploi et rendre l’économie encore plus performante. Si cette formation est si importante, où donc se cache la logique du gouvernement ? En 1980, les autorités consacraient encore 7 % du PIB (produit intérieur brut) à l’enseignement. Aujourd’hui, cette part est descendue à quelque 5 %. Pourtant, il y a davantage d’étudiants aujourd’hui dans l’enseignement supérieur et bien plus de personnes suivant des cours dans l’enseignement pour adultes. Pour rattraper le niveau des 7 %, les budgets de l’enseignement en Belgique (francophone et néerlandophone confondus) devraient augmenter de 6,3 milliards d’euros.
Les restrictions ont eu des effets néfastes sur notre enseignement. Pour les parents et les étudiants, la facture scolaire a doublé ces quinze dernières années. La pression du travail sur les enseignants s’est accrue. Il y a bien trop d’élèves dans les classes. Nombreux sont ceux qui redoublent une année ou plus et qui ne termineront pas leurs secondaires. Certains sont dans l’enseignement primaire ou secondaire spécial en raison de petites difficultés alors qu’on pourrait y remédier aisément par un accompagnement individuel. Aujourd’hui, la moitié des enfants d’ouvriers accusent déjà un retard scolaire à l’école primaire.
Pour remédier aux difficultés d’apprentissage de bien des enfants et accroître leurs chances de réussite, il faut des classes plus petites et davantage d’accompagnement individuel en dehors des heures de cours. Durant les premières années primaires, les classes ne devraient jamais compter plus de 15 élèves. Pour que ce soit possible, il faut engager 25 000 enseignants et éducateurs en plus au cours des 10 années à venir.
Les élèves ont droit à une formation générale et technique polyvalente de haut niveau : langues, histoire, sciences naturelles et leurs applications pratiques dans l’industrie et dans la vie quotidienne, prévention santé, éducation physique, formation musicale et créative, travaux manuels, etc.
Les écoles doivent être d’un accès aisé et bon marché en transport en commun. L’école doit supporter les frais suivants : livres et manuels scolaires, cahiers, photocopies, leçons de natation et autres activités obligatoires. Il est conforme à l’esprit de la constitution que l’enseignement soit gratuit tant que les enfants sont en âge de scolarité obligatoire. Les droits d’inscription à l’enseignement supérieur et pour adultes ne peuvent être augmentés. Sinon, le seuil d’admission est trop élevé pour les enfants de familles modestes. C’est pourquoi nous soutenons les organisations étudiantes FEF (francophone) et VVS (néerlandophone), qui veulent faire figurer la gratuité de l’enseignement supérieur dans la Constitution.
Bien des écoles doivent être rénovées. Elles sont inadaptées à un enseignement convenable et moderne. Pour cela, le gouvernement veut faire appel à la collaboration entre le public et le privé. Les banques, les sociétés immobilières et les spéculateurs vont ainsi pouvoir investir lucrativement dans l’enseignement. Et c’est le contribuable qui sera la victime de cette privatisation.