Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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Un autre monde est possible, dans tiers monde aussi. Cuba l’a prouvé depuis des dizaines d’années déjà. Le pays de Che Guevara et de Fidel Castro garantit plein emploi, scolarisation de tous les enfants et soins de santé gratuits pour tous. L’espérance de vie y est de six ans plus élevée que dans le reste de l’Amérique latine et le taux de mortalité infantile est quatre fois moins élevé. 25 000 professionnels de la santé cubains travaillent dans 68 pays du tiers monde. Et ils sont 45 000 jeunes venus de 120 pays différents à avoir suivi une formation à Cuba.
L’exemple de Cuba a encouragé d’autres pays d’Amérique latine à emprunter une autre voie pour leur développement. Cette autre voie met les besoins de la population au centre des préoccupations.
Au Venezuela, le président Hugo Chávez a réussi en huit ans à réduire considérablement la pauvreté qui est passée de 60 % à 44 %. Pour y parvenir, il a mis en place divers programmes sociaux qu’il a financés avec les revenus du pétrole.
En Bolivie, le mouvement paysan a gagné la lutte contre les privatisations. Le président Evo Morales poursuit dans cette voie.
Avec Cuba, le Venezuela et la Bolivie ont développé une nouvelle forme de coopération économique solidaire et une nouvelle forme d’échanges commerciaux. L’ALBA, l’Alternative bolivarienne pour les Amériques, est totalement opposée à l’ALCA, la Zone de libre-échange des Amériques, que les États-Unis tentent d’imposer sur le continent. Cette approche alternative peut être une source d’inspiration pour l’ensemble du tiers monde.
Nous souhaitons que la Belgique renforce ses liens avec Cuba, le Venezuela, la Bolivie et d’autres pays qui œuvrent pour la justice sociale. Cuba est la seule ex-colonie européenne qui se retrouve exclue des accords commerciaux entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (les pays ACP). Cette sanction économique doit être levée pour permettre à Cuba d’avoir accès aux accords ACP.
Nous voulons que la Belgique reconnaisse l’État palestinien et qu’elle reprenne toutes les relations diplomatiques et financières avec les autorités palestiniennes. Notre pays doit exiger qu’Israël respecte et applique le droit international. Il faut mettre un terme à l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens (la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est), autoriser les réfugiés palestiniens à rentrer chez eux et démolir le mur de séparation. Nous proposons que la Belgique, pour faire pression sur le gouvernement israélien, réclame la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne. Nous proposons que la Belgique cesse immédiatement toute forme de coopération militaire ou commerce d’armes avec Israël.
Après un long processus de transition et une guerre d’agression meurtrière, le Congo a entrepris d’importantes démarches vers un État de droit démocratique. À présent, il faut donner au Congo une véritable chance de voler de ses propres ailes. La décision de la Belgique de verser au Congo pour la période 2007-2010 une aide d’au moins 109 millions d’euros par an est un point positif. Cette aide doit néanmoins cadrer avec les projets de développement congolais et ne doit pas être un prétexte pour servir les intérêts de la Belgique au Congo.
La présence de la Belgique au Conseil de sécurité des Nations Unies est l’occasion pour notre pays de s’investir pour une réforme démocratique du Conseil : abolition du droit de veto et élargissement du Conseil de sécurité aux principaux pays du tiers monde. Cette réforme démocratique implique également la réhabilitation de l’importance et du poids de l’Assemblée générale des Nations Unies.