Préface
Les gens d’abord, pas le profit
Notre programme complet en version pdf (335 Kb).
Tout le monde l’a déjà entendu mille fois : depuis l’introduction de l’euro, la vie est devenue plus chère. En fait, ce ne devrait pas être le cas. Car ne sommes-nous pas le seul pays à bénéficier de cet acquis social qui voit les salaires adaptés d’office à l’index ?
Chez nos voisins, cette adaptation automatique n’existe pas. Chaque fois, les syndicats doivent se remettre à négocier et à mener des actions afin d’adapter les salaires au coût de la vie. En Allemagne, par exemple, les syndicats n’y sont pas entièrement parvenus ces trois dernières années, ce qui fait que le pouvoir d’achat a baissé de 1,5 %.
Et chez nous ? Ici, théoriquement, cette situation ne pourrait pas se présenter. En Belgique, les prix de 507 produits (pain, viande, réfrigérateurs, billets de cinéma, etc.) sont vérifiés chaque mois. Dès le moment où la somme de ces prix a augmenté de 2 %, par exemple, les salaires et indemnités doivent augmenter automatiquement de 2 % eux aussi. Pourtant, tout le monde estime que le pouvoir d’achat régresse. Comment est-ce possible ?
Les patrons ne seraient que trop heureux de la suppression de l’index. Sans index, ils pourraient bien plus facilement maintenir les salaires très bas.
En 1994, sous la pression des patrons, le gouvernement a traficoté l’index. Celui-ci a été remplacé par ce qu’on appelle depuis l’ « index santé ». Les hausses de prix du diesel, de l’essence, du tabac et de l’alcool ne sont plus prises en compte. (Le mazout de chauffage y figure toutefois encore.) Mais le prix des carburants et combustibles a quasiment doublé ces dix dernières années ! En 2000, l’essence super coûtait encore 0,75 euro le litre. Aujourd’hui, elle dépasse 1,20 euro. Avec cette opération sur l’index, nos salaires sont maintenant de 4 % en retard sur le coût de la vie. Autrement dit : celui qui, aujourd’hui, gagne 1 500 euros par mois, devrait en fait toucher 60 euros de plus.
Les tentatives de suppression de l’index sont antisociales. Et nous voulons également le retour de l’index véritable. Les prix des carburants doivent être repris de nouveau. L’économie se porte très bien. En douze ans, les bénéfices des entreprises ont triplé : de 9,6 milliards d’euros en 1993 à 27 milliards d’euros en 2004. Comparez-les un peu avec votre salaire ! 2005 et 2006 ont également été des années records sur le plan des bénéfices. Sans parler des chefs d’entreprise qui se voient verser des traitements faramineux ! Un directeur se fait en moyenne 1 million d’euros par an, soit 35 fois plus qu’un travailleur.
Nous sommes également partisans de l’augmentation du salaire minimal légal à 1 360 euros. Une telle mesure aura, elle aussi, une influence positive sur tous les salaires.
De toutes sortes de manières, des pressions sont exercées pour maintenir les salaires au niveau le plus bas possible. Il y a la norme salariale de l’accord interprofessionnel. Il y a la généralisation du travail intérimaire et des contrats temporaires : cela permet au patron d’économiser sur les charges salariales. Si tout le monde doit continuer à travailler plus longtemps, il y aura moins d’emplois pour les jeunes. Et, avec le nombre élevé de chômeurs, les patrons entendent en profiter pour tenter de maintenir les salaires à bas niveau.
Avec l’augmentation du salaire minimal, nous pouvons travailler dans la direction contraire et obliger les patrons à payer des salaires plus élevés ?