Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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« Pour moi, ce qui compte c’est que les gars qui travaillent sur le chantier portent un casque, leurs papiers ce n’est pas mon problème », explique un délégué syndical qui s’occupe de la sécurité dans le secteur de la construction.
Les travailleurs craignent souvent de perdre leur emploi à cause des sans-papiers qui sont d’accord de travailler pour un salaire moindre. Les sans-papiers sont présents sur le marché de l’emploi et acceptent souvent des emplois au noir mal payés et de très mauvaises conditions de travail. Il existe donc une concurrence entre les travailleurs. Quant au patron, bien souvent il préférera embaucher un sans-papiers plutôt qu’un ouvrier syndiqué. Pour éviter que les employeurs ne tirent profit de cette concurrence, nous proposons la régularisation des sans-papiers.
L’octroi d’un permis de séjour aux sans-papiers qui séjournent dans notre pays de manière durable leur permettrait de sortir de la clandestinité et mettrait fin au traitement arbitraire dont ils font l’objet. Lorsque la situation d’un travailleur sans papiers est régularisée, il bénéficie des conventions collectives, de la législation sociale et des droits syndicaux. S’il gagne le même salaire et travaille dans les mêmes conditions, il apparaîtra beaucoup moins comme un concurrent aux yeux des autres travailleurs.
Cela permettra en outre de mettre un terme aux contrôles inhumains, aux incarcérations et aux expulsions de gens qui n’ont commis d’autre crime que celui de vouloir offrir à leur famille un avenir meilleur, mais qui ont le malheur de ne pas posséder de papiers en règle. La police et la Justice pourraient alors consacrer cet argent et cette énergie à la poursuite de personnes, quelle que soit leur origine, qui ont réellement commis un délit.
Il y a beaucoup trop arbitraire en ce domaine, c’est pourquoi nous réclamons des critères objectifs pour la régularisation des sans-papiers. Nous proposons de décharger le ministre de l’Intérieur de la compétence de juger qui peut être régularisé. En effet, ce ministre est chargé de la sécurité publique et de la lutte contre la criminalité. Or les sans-papiers ne sont pas des criminels. Il n’y a pas d’illégaux. Nous pensons par conséquent qu’il est préférable que ce soit le ministre de l’Emploi qui s’occupe de la régularisation dans le cadre de sa compétence pour l’intégration sociale et l’égalité des chances.
Les gens du Sud et de l’Est qui émigrent dans nos régions fuient la misère. Et cette misère est en partie le résultat des pillages perpétrés par les multinationales. Certains fuient la guerre. L’unique solution structurelle au problème de l’immigration est un soutien au développement général et pacifique des pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe de l’Est (voir également les points 23 et 24 de notre programme).