Préface
Les gens d’abord, pas le profit
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L’égalité hommes/femmes n’est-elle pas depuis longtemps une réalité aux yeux de la loi ? La soumission de la femme n’est-elle pas l’apanage de certaines contrées reculées ? Alors c’est sans compter le marché du travail ! En Belgique, plus de la moitié des femmes n’ont pas de travail. Et parmi les femmes qui ont un emploi, près de la moitié travaille à mi-temps. Les femmes risquent deux fois plus que les hommes de ne décrocher qu’un emploi à temps partiel. Elles gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes pour un même travail. Une inégalité qui récemment a été… approuvée par la Cour de Justice européenne ! De nombreuses femmes sont employées dans le secteur des services et les soins de santé, où la plupart du temps elles ne décrochent que des contrats flexibles. Les femmes au foyer sont souvent peu scolarisées. Dans ces conditions, l’indépendance économique reste pour bien des femmes une illusion.
Les femmes sont toujours à l’heure actuelle victimes de discrimination à bien des égards, notamment en ce qui concerne la pension puisque, souvent, elles interrompent leur carrière pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants. Elles pourraient tout aussi bien faire appel aux crèches et gardiennes, me direz-vous. Sachez qu’en Wallonie seul un enfant (de moins de trois ans) sur cinq a accès à ce service et en Flandre, 15 000 places manquent. Les services de garderie avant et après l’école tant pour le maternel que le primaire sont de plus en plus coûteux. Combiner travail et famille devient donc de plus en plus difficile. Parfois ce sont les grands-parents qui s’en chargent, mais souvent la femme est contrainte de rester à la maison. À moins que les parents ne dépensent des sommes énormes pour s’offrir les services d’une gardienne privée (possible avec des chèques-service, mais ce statut est encore très précaire).
Les femmes s’entendent souvent reprocher « qu’elles ne s’occupent pas assez de leurs enfants » et les clichés de nouveau à la mode sur la « femme au foyer » sont une preuve supplémentaire que notre société connaît encore beaucoup d’inégalités. Les femmes ont souvent une double journée de travail. Une enquête a démontré que 80 % des tâches ménagères sont toujours assumées par la femme. Le niveau d’éducation d’une société s’évalue entre autres par la position occupée par la femme. La nôtre a donc encore du chemin à parcourir. Et dans le sens opposé à celui choisi par nos autorités qui ne financent pas suffisamment les services publics de garderie d’enfants et encouragent la multiplication de statuts précaires.
Il est grand temps de remettre l’égalité homme/femme à l’ordre du jour. Avec des revendications communes : emplois fixes à temps plein avec horaires réguliers, refinancement des services de garderie d’enfants et de l’enseignement.
Le revenu d’intégration correspond au minimum garanti pour ceux qui n’ont pas d’autre revenu. Parmi les Belges qui perçoivent ce revenu d’intégration, 60 % sont des mères célibataires. De plus en plus de femmes se retrouvent seules avec leurs enfants après un divorce. En Europe occidentale, le soutien de famille est une femme dans 31 % des cas. Les femmes isolées ont du mal à joindre les deux bouts. Parce qu’elles ont interrompu leur carrière et qu’elles perçoivent un salaire inférieur, la plupart des femmes n’ont pas droit à la pension minimum légale.