
Dirk est membre du PTB, mais aussi délégué syndical CGSP. Il croit en la jeunesse : « Ils vont faire l’avenir. » (Photo Solidaire, Frans Vanbelle)
Dirk Van Dyck (57 ans), maçon de formation, a commencé à travailler à 15 ans. Il est aujourd’hui chef d’équipe dans l’entretien des écoles de l’enseignement de la Ville d’Anvers. Responsable de six maçons, deux magasiniers, un employé et trois personnes de la cellule jouets des écoles gardiennes, ça ne le dérange aucunement d’enfiler lui aussi une salopette. Un homme de métier dans le sang et dans les tripes.
Il me met tout de suite dans le bain des écoles de la métropole : on doit épargner sur tout. Dans le temps, la Ville d’Anvers avait 80 % de personnel statutaire et 20 % de contractuels. L’échevin sp.a et ancien dirigeant syndical de Dirk, Guy Lauwers, a déclaré voici quelques années que ces proportions devaient être inversées. Il va finir tout doucement par avoir raison. Après l’autonomisation de l’enseignement urbain, Dirk et son équipe ne font plus partie du personnel de la Ville.
« Mon patron dit : “J’ai une enveloppe et tant pour vous, tant pour le port et tant pour les entrepreneurs privés.” En soi rien de grave, mais la demande de travaux d’entretien est plus forte que notre capacité à les effectuer… » L’enseignement urbain a été privatisé et tous les bâtiments sont en mauvais état. Ce que Dirk et ses hommes font, ce sont jeter des gouttes d’eau sur une plaque chauffée au rouge. On peut les comparer aux pompiers.
Le délégué syndicat de la CGSP ne passe pas inaperçu. Il grimpe sur la table quand c’est nécessaire : « Il faut bien qu’ils sachent qu’on existe ! » En général, il cible les jeunes travailleurs. « Ils vont faire l’avenir, mais ils sont également plus disposés à aller à Bruxelles quand il faut manifester. » Dirk me montre la Une de Het Laatste Nieuws sur le 30 janvier : « La grève, ça devient vraiment du sérieux ! » Ils doivent avoir les jetons, estime-t-il. Les gens en ont marre.
Sur son choix pour le PTB, il affirme que ce parti est plus à gauche que tout ce qu’il voit à gauche. « Mais c’est bien, car la droite commence à sortir le bout du nez. Ils lancent : “communistes”. Mais le PTB fait ce qu’il dit. Le PTB fait des propositions, les autres partis nuancent puis s’encourent avec les honneurs. Aujourd’hui, un type du sp.a passe au CD&V et un type du CD&V passe au VLD. Et puis tous ces fils de… Logique, non, que les gens en aient ras-le-bol ? »
Les week-ends de Dirk sont sacrés, même s’il ne les réserve pas à son usage personnel, mais à celui de ses quatre petites-filles, de 4 à 11 ans. « Les grands-parents doivent être derrière, il me semble, car les parents ont beaucoup de difficultés. » Si Dirk veut vraiment souffler, un remède : la voile en mer, avec sa femme Erna.
Devenez membre du PTB pour 20 euros par an en cliquant ici ou en envoyant un sms au 0473/87.60.18 ("membre" + nom + adresse)