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1 février 2012 12:18 | Il y a : 113  jour(s)
| Thème: Belgique, Services Publics, Gouvernement, Belgique

« Le gouvernement massacre les services publics »

Les services publics sont dans le collimateur du gouvernement. Après la réforme des pensions, qui a déjà durement touché les travailleurs du secteur, il entend geler les budgets.

Alice Bernard

« Passer à 40 ans de carrière, c’est souvent devoir travailler jusqu’à au moins 63 ans pour avoir une pension complète. Même chose pour les infirmières, qui devraient encore soulever et laver des malades à 62 ans… Ça, les affiliés ne l’acceptent pas », explique Alain Lambert. (Photo LCC)

Pour rappel, la nouvelle loi sur les pensions implique, entre autres, le report du départ à la retraite à 62 ans, 40 ans de carrière pour avoir droit à la pension complète et le calcul de celle-ci sur base du salaire des dix dernières années, contre cinq jusqu’à maintenant.
    Au-delà du caractère anti-social de la réforme, les responsables syndicaux s’indignent face à l’absence de concertation et à la volonté du gouvernement de l’imposer de force. Dans l'interview qu'il nous a accordé (voir ci-dessous), Alain Lambert (vice-président de la CGSP, FGTB), nous a confirmé cet état de fait.
    Son témoignage révèle même que Van Quickenborne, le ministre des Pensions, voulait tellement aller vite qu'il n'était même pas prêt. « On l’a quand même écouté, se souvient Alain Lambert, ce qui nous a permis de comprendre qu’il ne maîtrisait pas du tout ses dossiers, car, à chacune des questions techniques des syndicats, il fouillait désespérément ses papiers sans jamais apporter de réponse. » Et le syndicaliste de conclure : « Bref, une loi de droite musclée qui passe dans une improvisation lamentable. »

Gel des budgets : tout le monde trinque

La prochaine étape du plan d'austérité, le gel des budgets des services publics, implique des conséquences néfastes à bien des niveaux. Ainsi, la régionalisation de certains services est-elle évoquée. Mais celle-ci se ferait avec seulement 90 % du budget actuel. Il faudrait assurer le même service avec moins de moyens. Or ces services sont loin d'être anecdotiques. Il s'agit des hôpitaux, des transports en commun, des écoles...
    Dans son interview, Alain Lambert rapporte : « Les gens ne voient pas que, s’il y a moins de moyens pour faire fonctionner le service, la qualité va baisser pour l’ensemble de la population. » L’exemple de la SNCB est éloquent. Le gouvernement veut y réaliser une économie de 235 millions d’euros. Il s’agit là, d’une part, d’une grave menace pour l’emploi de nombreuses personnes. D’autre part, il faudra s’attendre à des conséquences négatives pour tous les usagers. Moins de gares, des trains, voire des lignes, supprimés, etc.
    Alain Lambert ne s’étonne pas de cette attaque contre les services publics, mais il met toute de même en garde contre l’ampleur des conséquences : « On peut constater que, chaque fois qu’un gouvernement quel qu’il soit veut serrer la vis, il essaye d’abord d’aller chercher dans le privé. Et quand il n’y arrive pas, il se tourne vers les services publics. Alors, on vend les bijoux de famille, on privatise, on les détricote et ce, quel que soit le parti au pouvoir. Mais, aujourd’hui, on va plus loin, on est vraiment en train de les massacrer. »

Lire l'interview d’Alain Lambert et Francis Wégimont, vice-président fédéral et responsable de l’inter-régionale wallonne de la CGSP.


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