
Les chauffeurs de taxis ont aussi débrayé ce 23 janvier, après que le prix de l’essence a augmenté de 0,50 euro en très peu de temps. (Photo Franceso Fotia)
La vague de protestation contre la politique de crise menée par le gouvernement Monti a débuté le 16 janvier en Sicile, pour finalement se propager à toute l’Italie la semaine dernière. A l’origine des protestations, on retrouve les chauffeurs de camion, les pêcheurs et les agriculteurs, très vite rejoints par le personnel aérien et les services publics.
La goutte qui a fait déborder le vase est l’augmentation du prix de l’essence, qui est passé à 0,50 euro. Mais la coupe était déjà pleine depuis l’adoption par le Premier ministre Monti d’un paquet de mesures pour réduire le déficit public.
Le fait que le mouvement de protestation soit né en Sicile n’a rien d’étonnant. L’île n’a cessé de s’appauvrir au cours des dernières décennies, avec un taux de chômage de 28,42 %. Un taux qui atteint même les 40 % chez les jeunes de moins de 30 ans. Depuis le 16 janvier, des manifestations massives ont lieu tous les jours aux quatre coins de l’île. Pourtant, les médias ont gardé le silence sur ce mouvement.
Lundi 23 janvier, les chauffeurs de camion ont étendu l’action au reste du pays. Soixante barrages ont été mis en place aux postes de péage sur les autoroutes, paralysant une grande partie du pays. A Naples et à Rome, les rayons des magasins se sont vidés. Certaines grandes entreprises comme Coca-Cola et Fiat ont dû arrêter le travail car elles n’étaient plus ravitaillées.
« Attaqués par la police même sur terrain privé »
La Commission européenne craint que le mouvement ne se propage aux autres pays d’Europe. Le commissaire européen Antonio Tajani a invité le gouvernement à « intervenir rapidement ». La ministre de l’Intérieur, Anna Maria Cancellieri, a répondu « qu’elle prendrait toutes les mesures possibles pour mettre un terme aux barrages ». Depuis jeudi, les rassemblements de camionneurs et de pêcheurs sont assaillis par la police, qui a déjà arrêté 25 manifestants. Selon Maurizo Longo, dirigeant du syndicat des chauffeurs de camion : « Dans tous le pays, les manifestants sont attaqués par la police. Et pas seulement aux barrages, toute forme de rassemblement ou meeting, même sur terrain privé, fait l’objet d’attaques policières. »